Vous avez cherché Archives – Demivolée.com https://www.demivolee.com/ Le foot à nos couleurs ! Fri, 18 Feb 2022 19:13:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.3.8 https://www.demivolee.com/wp-content/uploads/2018/05/logodv-150x150.jpg Vous avez cherché Archives – Demivolée.com https://www.demivolee.com/ 32 32 121236309 Billet : De sang, d’art et de football https://www.demivolee.com/2022/02/22/billet-de-sang-dart-et-de-football/ https://www.demivolee.com/2022/02/22/billet-de-sang-dart-et-de-football/#comments Tue, 22 Feb 2022 07:00:18 +0000 https://www.demivolee.com/?p=28027 Le sang qui coule dans les veines peut parfois être liquide, et parfois se glacer. Et pourtant, il coule. L’art est parfois splendide et de [...]

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Le sang qui coule dans les veines peut parfois être liquide, et parfois se glacer. Et pourtant, il coule. L’art est parfois splendide et de temps à autre hideux. Et pourtant, il est art dans tous les cas. Le football s’assimile par instant à une partition parfaitement orchestrée, et par moment à une infecte bouillie. Et pourtant, il s’agit toujours du même sport. De sang, d’art, et de football : les choses possèdent un ordre inné.

Citation

Le credo d’un dirigeant d’un club de football devrait être le même. Nous sommes passionnés d’offrir un sport de qualité à notre communauté. Nous pensons que moins nous en savons, plus nous devons apprendre. Et rien d’autre ne doit nous guider que cette volonté de nous dépasser, pour nous et pour les autres. Car dans nos têtes, nous sommes un groupe d’enfants, ensemble depuis l’enfance. L’entraîneur doit tenir le même discours. Travailler ensemble chaque jour pour s’assurer que nos enfants développent la bonne attitude, le désir et la motivation pour atteindre leurs objectifs. Les parents devraient aussi signer cette charte. Nous sommes aussi une équipe de parents qui aimons regarder nos enfants jouer. Oui, nous sommes une équipe de parents qui souhaitent voir leurs enfants progresser dans le football. Nous avons une passion pour l’apprentissage et le développement de nos enfants.

Et pourtant, bien souvent, c’est un tout autre discours qui est tenu. Un discours entaché de performance, de mots horribles pour des gamins de douze ans ou moins. Notre vision est de construire le meilleur club de football du monde, que nous pensons être l’un des meilleurs et des plus performants. L’académie a des entraîneurs expérimentés avec une expérience internationale dans les systèmes de football des jeunes et des adultes. Et l’académie, la nôtre est basée sur une base technique qui sert à faire des enfants des machines de football. L’académie utilise les dernières techniques de coaching. Quoi d’autre ? Ah, oui, les dernières techniques de football. Mais là n’est pas le discours qui devrait être tenu. Et pourtant, c’est bien ce qui se passe…

Analyse

Il n’y a pas si longtemps, la plupart d’entre nous pensaient que la modernité était sur le point – si ce n’est qu’elle avait précipité – ce changement d’époque qui nous éloignait de ce que nous connaissons comme œuvre/artiste pour nous amener à quelque chose de moins abstrait et de plus universel ou mécanique que toute autre forme n’a jamais existé auparavant. La question qui se pose maintenant pour nous tous est simplement de savoir qui crée aujourd’hui ? Est-ce que ce sont encore vraiment les créateurs qui créent, ou bien la foule ignare ? Est-ce que ce sont les amateurs qui profitent, ou bien les incultes en dehors du monde ? Autant de choses qui paraissent abstraites mais définissent le football.

Les méthodes scientifiques utilisées sont désormais couramment employées contre la nature à l’œuvre dans tous les êtres depuis des temps immémoriaux. Certains ont émis l’hypothèse que nous finirons par quitter la Terre sans raison, non seulement tués mais peut-être bannis à jamais, si seulement suffisamment de personnes s’intéressaient à la « science qui sauve la vie ». Mais même dans ce cas, il y aura encore des millions de personnes en vie sans connaître une partie… ou une autre… nous ne savons pas encore combien d’humains existent déjà à l’intérieur d’eux ; croient-ils vraiment à ce monde formidable, ou pensent-ils que ce qu’ils croient est la vérité ? Personne ne peut le dire, mais tout le monde peut analyser. Mais justement, le football doit s’affranchir de cette analyse rationnelle pour laisser place à l’émotivité contrôlée. Pour vivre, faire vivre le sang. Et espérer. Espérer que demain changera. Ou bien montrer à la face du monde que les apparences sont parfois trompeuses.

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À lire ou à relire : De l’art des tirs au but https://www.demivolee.com/2020/07/31/a-lire-ou-a-relire-de-lart-des-tirs-au-but/ https://www.demivolee.com/2020/07/31/a-lire-ou-a-relire-de-lart-des-tirs-au-but/#comments Fri, 31 Jul 2020 05:00:47 +0000 https://www.demivolee.com/?p=25696 Tout au long du calme de l’été, la rédaction de Demivolée.com vous propose de découvrir ou de redécouvrir quelques uns de ses articles des années [...]

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Tout au long du calme de l’été, la rédaction de Demivolée.com vous propose de découvrir ou de redécouvrir quelques uns de ses articles des années précédentes.

Pour certains amateurs du ballon rond, les soirées de coupe suscitent un intérêt tout particulier. La joie des coupes : ses petits poucets, ses surprises, mais surtout, ses tirs au but.

Pureté

Qu’il s’agisse de la plus prestigieuse d’entre ces coupes, ou bien de celle où les clubs envoient leur équipe bis, peu importe. Ce qui anime ces amateurs, c’est le charme du match à élimination directe et donc la potentialité d’une séance de tirs au but. Il faut dire que l’exercice a du charme. Compréhensible par tous, le football n’est plus présent que dans sa forme la plus pure.

Exit la tactique, exit les coachs qui n’ont pas été en mesure de se départager dans les 120 (ou, de plus en plus souvent, 90) minutes précédentes. Ce ne sont plus que 22 hommes et leurs pieds, ou pour deux d’entre eux, leurs mains, qui détermineront le sort du match. L’écart entre les deux équipes disparaît. L’une d’entre elle a peut-être une valeur marchande cinq fois plus supérieure à celle de l’autre, l’une d’entre elle défend peut-être depuis une mi-temps entière pour attendre cette opportunité , qu’importe.

Une succession de un contre un, défiant toute loi du football et rendant tout pronostic impossible, voilà l’attrait de ces séances. Parce que cet exercice rendrait palpitant un Toulouse-Bastia sous -5°C et avec deux occasions par mi-temps, parce qu’il scelle cruellement le destin d’un peuple en quelques minutes sans pour autant être arbitraire, il s’agit d’un pan complet et passionnant de la culture footballistique.

La dernière séance

Aussi imprévisibles soient-ils, les tirs au but suivent généralement un certain modèle. Loin de moi l’idée de dénigrer leur suspens. Cependant, celui-ci réside plutôt dans le « qui » échouera  que dans le « quand ». En effet, on a tendance à remarquer que les tirs au but se déroulent, involontairement, en phases.

Bien souvent, la séance commence avec les attaquants. Davantage accoutumés de l’exercice complexe du penalty, ceux-ci le réussissent sans trop d’encombres. Puis, les gardiens, de plus en plus à l’aise, se font plus menaçants, plus efficaces. Dans le même temps, les tireurs le sont de moins en moins. Vient le tour des défenseurs. Plus gauches, on aurait tendance à penser que ce sont les moins en réussite dans cet exercice. Or, il faut croire que cette maladresse leur offre une imprévisibilité bienvenue. En effet, les plus mauvais tireurs de penalty seraient, selon les statistiques de Castrol, les milieux de terrain avec 58% de réussite.

Les tirs au but victimes d’un certain déterminisme ? C’est ce que plusieurs études affirment. Des chercheurs de la London School of Economics and Political Science ont démontré que 60% des équipes qui choisissent de tirer en premier remporte la séance. L’affect psychologique de l’impression de retard sur l’équipe adverse a donc une véritable influence sur le cours de la séance. Une statistique qui n’a pas échappé aux principaux intéressés, puisque la quasi-totalité des capitaines vainqueurs du toss choisissent de tirer en premier.

Psychose

Mais les chercheurs peuvent toujours chercher. Quand un joueur est face au gardien et pose son ballon sous les yeux de milliers de personnes réelles et de millions d’autres derrière leur écran, la science ou les statistiques ne l’aideront pas. Les mains sont moites. Les jambes parfois tremblantes. Au bout de son pied, la possibilité de vaincre ou d’au moins garder son équipe en vie. Tout se joue à la fois dans le pied, mais aussi dans la tête. Où tirer ? Du côté habituel ou bien surprendre le gardien ? Avec ou sans fantaisie ? Il s’élance. Les filets tremblent. C’est l’explosion mais, très vite, la concentration refait surface. La joie est à contenir, car il reste d’autres tireurs. À la manière du tennis, rien n’est jamais vraiment joué et tout est encore possible jusqu’au bout.

Cette tension dramatique est l’essence même des tirs au but. Un sentiment que l’on ressent même en tant que spectateur neutre. Alors évidemment, tout est décuplé lorsque l’on est supporter. L’atmosphère, que ce soit au stade, dans un bar, un salon ou une chambre, est irrespirable. Certains préfèrent tourner le dos ou fermer les yeux et s’en remettent à des croyances plus ou moins farfelues. À l’incertitude du sort s’ajoute la rareté de la situation. Le côté inhabituel pour un supporter d’être confronté aux tirs au but sert le côté sensationnel.

Ainsi, chaque séance est mystifiée. Quel supporter français ne souvient pas de celle de 2006 ? La tristement célèbre finale de Séville face à la RFA est d’ailleurs également ponctuée de tirs au but. À titre personnel, la séance la plus marquante de ma modeste expérience de supporter n’est pas très ancienne. Je pense au Beşiktaş – Lyon des quarts-de-finale de l’Europa League 2017. Il ne manquait à cette double confrontation épique que des tirs au but d’anthologie forts en symboles. Ce fut le cas : un remplacement tactique payant avec Maciej Rybus qui n’entre « que » pour transformer son penalty, un Anthony Lopes divin, et un Capitaine Max Gonalons qui envoie l’OL en demi-finale.

Vers un renouvellement ?

L’apparition des tirs au but nous renvoie en 1968. Après que l’Italie et Israël ont été éliminés respectivement du Championnat d’Europe et des Jeux Olympiques par tirage au sort, les instances de la FIFA et de l’UEFA adoptent la mesure et choisissent que l’on tire au but plutôt qu’au sort suite à un match nul. Joyeux anniversaire aux tirs au but, qui fêtent donc leur demi-siècle. Cependant, des voies s’élèvent pour modifier plus ou moins drastiquement cette formule.

Il y a d’abord des purs esthètes, qui, sans changer le règlement, préféreraient un changement dans la réalisation télévisuelle. Finie la vue de profil, ils prônent une camera plus proche du joueur et en face du but pour adopter son propre point de vue. C’est par exemple ainsi qu’était filmé le penalty de Mohammed Salah qui a envoyé l’Egypte à la Coupe du Monde au détriment du Congo.

D’autres aimeraient un changement des règles pour plus d’équité. Les chercheurs de la LSE mentionnés ci-dessus préconisent de suivre le modèle du tie-break au tennis afin de limiter voire supprimer l’avantage psychologique qu’a la première équipe à tirer. Suivant cette pratique, il y aurait un  premier tireur d’une équipe, suivis de deux tireurs de l’équipe adverse, eux-mêmes suivis de deux tireurs de la première équipe. Ainsi, on aurait un modèle en ABBAABBAAB qui permettrait à chaque équipe d’être celle qui rattrape puis celle qui mène, à tour de rôle.

Enfin, des nostalgiques désirent le retour de la méthode américaine du shootout. Pratiqué dans la NASL à partir de 1968 puis dans le prolongement de la MLS dans les années 1990, cet exercice n’est pas sans rappeler le hockey sur glace. Lors d’un shootout, le tireur ne tire plus depuis le point de réparation mais emmène le ballon depuis l’extérieur de la surface et progresse pour affronter le gardien, celui-ci étant libre de sortir.

La FIFA n’est sûrement pas prête à un changement conséquent de la formule populaire des tirs au but dans l’immédiat, mais cela mérite réflexion.

  Par MatthiasT, le 03/01/2019.

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Dossier : Le télétravail pour footballeurs https://www.demivolee.com/2020/06/03/dossier-le-teletravail-pour-footballeurs/ https://www.demivolee.com/2020/06/03/dossier-le-teletravail-pour-footballeurs/#comments Wed, 03 Jun 2020 05:00:01 +0000 https://www.demivolee.com/?p=25468 Dans un monde frappé par une pandémie jamais vue dans ce millénaire, le football, comme tous les autres acteurs de la vie économique, est en [...]

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Dans un monde frappé par une pandémie jamais vue dans ce millénaire, le football, comme tous les autres acteurs de la vie économique, est en grande souffrance. En France plus qu’ailleurs, puisque la situation sanitaire du pays est telle que les footballeurs professionnels font partie des rares professions à ne pouvoir encore exercer – tout le moins en match officiel – sur le territoire. Mais la Covid-19 peut-elle permettre au football de se réinventer ? Oui, sans doute, en envisageant le télétravail pour les footballeurs.

Continuer d’exercer

Nombreuses sont les professions qui n’ont pas cessé d’exercer malgré la pandémie. Il y a bien sûr ceux que l’on voit : les agents de caisse, les livreurs, ou bien encore les chauffeurs de taxi et les personnels soignants. Il y a aussi ceux que l’on ne voit pas : dans les bureaux, les équipes marketing, comptabilité, ressources humaines, communication, ou encore contrôle de gestion de nombreuses entreprises ne sont pas à l’arrêt. Certaines travaillent même plus souvent qu’à leur tour. Pourtant, ils ne travaillent pas de la même manière qu’avant. Dans des conditions dégradées, bien souvent. Alors, pourquoi ne pourrait-on pas envisager la même chose pour les footballeurs professionnels ?

Car après tout, les acteurs du ballon rond ont une chance inouïe. Dans la catégorie des sportifs de haut niveau, ils cumulent plusieurs avantages non négligeables. D’abord, ils sont salariés. C’est un avantage absolument incroyable par rapport à nombre d’athlètes de sports individuels, comme par exemple au tennis, en athlétisme ou bien en natation. Mieux, ils n’ont pas de lourdes charges à payer, contrairement à ces derniers. Pas d’entraîneur à prendre en charge sur leurs maigres émoluments, pas de matériel dans lequel investir, pas de location de structures. En outre, bien qu’acteurs d’un sport collectif, ils peuvent pratiquer un entraînement individuel sans problème, bien que cela n’ait pas la richesse de la compréhension en direct. Enfin, ils bénéficient d’infrastructures qualitatives sur lesquelles s’appuyer, à travers l’encadrement du club.

Autant d’atouts qui font des footballeurs de haut niveau des sportifs privilégiés dans ce microcosme athlétique. Mais alors pourquoi, avec tous ces avantages, ne pourraient-ils pas télétravailler ?

Une première forme

Bien sûr, les footballeurs ne restent pas complètement inactifs depuis près de deux mois. Au contraire, nombreux sont ceux qui s’exercent au quotidien afin de ne pas perdre leur condition physique. Et c’est normal de ne pas vouloir faire partir en fumée des années de labeur à cause d’une période d’inactivité bien trop longue. De là à parler de télétravail ? Pas vraiment, parce que bien que les clubs leurs fournissent des entraînements à effectuer dans leur jardin ou autour du pâté de maison, il s’agit plus de maintien en condition physique que de réel entraînement basé sur ce que le joueur peut et doit produire en match. L’idée majeure à travers les entraînements proposés par les staffs des clubs est de ne pas retrouver des joueurs complètements « cuits » au bout de quelques séances d’entraînement. Il reste donc beaucoup d’espace pour le télétravail chez les footballeurs professionnels.

Il reste malgré tout à définir exactement la notion de télétravail. Pour beaucoup, ce terme est entré très récemment dans le vocabulaire. Pourtant, il s’agit d’un concept relativement ancien. Il n’y a même pas eu besoin d’attendre l’arrivée du Minitel dans les foyers français pour que le télétravail devienne une pratique courante, sous le nom vernaculaire de « travail à distance ». Un téléphone suffit pour rester en liaison avec ses collègues, et le tour est joué. Les commerciaux itinérants connaissent depuis de nombreuses décennies l’art de faire de l’administratif entre deux rendez-vous, sur une aire d’autoroute un peu louche entre Vichy et Mâcon.

Qu’est-ce que le télétravail, donc ? C’est tout simplement le fait d’accomplir à distance les tâches que l’on aurait pu réaliser en présentiel – tiens, encore un terme qui revient plus souvent dans nos bouches.

Mettre en place

La question principale concerne désormais la mise en place du télétravail chez les footballeurs professionnels. Elle n’est finalement pas très complexe à résoudre. Nous l’avons vu à l’instant, faire du télétravail ne signifie pas nécessairement avoir le nez vissé devant un écran d’ordinateur, à remplir des tableurs et à créer des diapositives. Ceux qui font ces tâches sont ceux qui réalisent déjà cela en temps normal. Pour le footballeur professionnel, le télétravail nécessite néanmoins un apport technologique. Car il est clair que par courrier postal, il est dur de juger de la qualité d’une série de pompes ou de la vitesse d’une accélération. Un ordinateur et une connexion internet seront les bienvenus.

Mais attention. Le télétravail chez les footballeurs ne se juge pas qu’à l’aune d’entraînements. Il peut et doit prendre une dimension plus intellectuelle. Car ces périodes sans entraînement collectif sont justement des périodes préférentielles pour la réalisation de séances personnalisées de réflexion. Les footballeurs doivent être en capacité de produire une réflexion adaptée sur leurs qualités individuelles et leurs objectifs.

Bien sûr, pour les entraîneurs, cela complique la tâche. Mais c’est justement le moment de rendre les footballeurs acteurs de leur progression. Le travail avec la vidéo peut être intensifié, et les joueurs ne doivent plus être simples spectateurs de ces séances si importantes pour eux, mais doivent co-construire leur progression avec l’aide de leur staff vidéo. Il s’agit vraiment d’optimiser les potentialités de cette période un petit peu étrange pour leur permettre de continuer leur progression et d’insister sur ce qu’ils n’ont pas le temps de faire à l’accoutumée. Se réinventer. Tout simplement.

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Demivolée souffle sa troisième bougie : bilan de l’année et projets à venir https://www.demivolee.com/2019/12/14/demivolee-trois-ans-bilan-annee-projets-avenir/ https://www.demivolee.com/2019/12/14/demivolee-trois-ans-bilan-annee-projets-avenir/#comments Sat, 14 Dec 2019 06:00:48 +0000 https://www.demivolee.com/?p=24272 Confession et excuses Quiconque a eu l’occasion de me côtoyer, que ce soit sur les réseaux ou dans la vraie vie, a nécessairement découvert la [...]

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Confession et excuses

Quiconque a eu l’occasion de me côtoyer, que ce soit sur les réseaux ou dans la vraie vie, a nécessairement découvert la boule de sentiments, le puits à souvenirs et le nuage à nostalgie que je suis. Et pour une personnalité comme la mienne, il n’y a pas pire sentiment au monde que l’incapacité à se sentir nostalgique, à un esquisser un sourire en visualisant un joli souvenir ou en fouillant dans ses archives. Que ce soit une échéance stressante ou une maladie préoccupante, nombreuses sont les raisons pouvant nous faire perdre la capacité à sentir l’âme dans nos souvenirs. Cette âme qui constitue l’essence des regrets, de la fierté, des traumatismes ou des leçons de vie, qui fait de nos événements passés de bons ou de mauvais souvenirs.

Les plus attentifs parmi les anciens lecteurs auront probablement remarqué que l’année 2018 s’en est allée sans que je puisse la ponctuer par un de mes rares écrits sur ce site. Et ce n’est qu’aujourd’hui que je vous en révèle le secret, en même temps que je le réalise moi-même. Eh oui, tout croyant optimiste que je suis, je découvre au fil des jours à quel point ces derniers mois étaient éprouvants, inédits pendant le quart de siècle que j’ai passé sur cette planète. Petit à petit, je prends conscience de toutes les choses qui m’occupaient l’esprit et que je n’ai jamais pu exprimer pour -au moins- les pointer du doigt, tous ces moments que j’étais censé passer (non pas seulement physiquement) avec ma famille et mes amis, tous ces projets personnels et académiques que j’ai laissés traîner sur un coin de mon bureau sans pouvoir m’en occuper comme je le souhaitais …

Finalement, et après des mois de flottement, cet automne a marqué un nouveau point de départ dans ma vie. J’ai retrouvé la stabilité qui me fuyait pendant près/plus d’un an, tant sur le plan physique que moral. Je me suis relancé dans différents projets, comme j’ai toujours aimé le faire. Alors certes, les cicatrices seront dures à faire disparaître, et peut-être ne suis-je même pas censé les effacer définitivement ? Mais l’important dans tout cela, c’est qu’aujourd’hui, au contraire du 14 décembre 2018, j’ai réussi à trouver au fond de moi-même, l’envie, la motivation et la substance pour vous envoyer ce message. La nostalgie a réussi, cette fois-ci, à m’emporter dans ce monde d’expression, de sourires et de souvenirs. A cette époque de détermination face aux défis, d’hésitation face aux risques et de surprise face au succès. Le tout, en jetant un simple coup d’œil à la date d’aujourd’hui. Et les fondateurs l’ont sûrement deviné : il s’agit du troisième anniversaire de mon petit bébé, Demivolée.com

Et si j’ai réussi à vous ouvrir mon cœur aujourd’hui, c’est parce que je sais que sur Demivolée, je suis chez moi, en sécurité, entre des gens que j’aime et en qui j’ai confiance, et qui eux aussi, pour la plupart, j’imagine), m’aiment et me font confiance. Mais aussi, parce que je vous dois beaucoup d’excuses par rapport à mes absences prolongées ces derniers mois. Au moins, les choses sont désormais claires, et cela me soulage de savoir que maintenant, vous savez. Allez, je ferme cette -grande- parenthèse personnelle, pour entrer dans le vif du sujet.

 

Les chiffres de l’année

Trois ans après son inauguration, Demivolée n’a jamais été aussi grand qu’il ne l’est aujourd’hui. 

En termes d’effectifs, l’équipe rédactionnelle compte aujourd’hui près de douze rédacteurs actifs, avec sept recrues venues compenser les absences et les départs.

Statistiquement parlant, le site compte à ce jour plus de 2 650 articles depuis sa création. Sa troisième année d’existence réalisera un joli total de 432 000 pages vues par plus de 108 000 utilisateurs. Les efforts de l’équipe de rédaction font que le site continue à maintenir sa moyenne d’un article par jour, après plusieurs mois de réflexion sur la pertinence et priorité du quantitatif par rapport au qualitatif.

Sur son compte Twitter officiel, Demivolée a gagné près de 520 followers sur l’année, portant son total à plus de 2 000 abonnés, malgré l’intermittence de son activité au cours des derniers mois. Des interruptions forcées par les aléas de la vie des membres de notre équipe, tous bénévoles, depuis trois ans et jusqu’à ce jour.

L’outil de création de compositions d’équipes, conçu par Pierre avec la contribution de betse, se classe en tête des résultats de recherche Google avec ses différents mots-clés. Il a été employé par plus de 45 000 utilisateurs en France et dans le monde entier au cours des douze derniers mois.

Quant à la communauté DV : le forum “ambulant”, lui, a subit les conséquences des très nombreux bugs qui ont fortement dégradé l’expérience utilisateur de Disqus, ou encore la concurrence de Twitter. Mais malgré cela, il a conservé un niveau d’activité assez impressionnant, avec plus de 310 000 commentaires recensés au cours des 12 derniers mois. Soit un moyenne de plus de 847 commentaires par jour !

Les jeux de communauté prospèrent, avec notamment la BET LEAGUE DV, dont le support logiciel est encore une fois fourni par Pierre. Ou encore, la très prisée multi-ligues MPG, qui ne cesse d’animer nos lendemains de matchs. Sans oublier les différents quizzs, jeux en ligne, séances cinéma ou live commentés de NBA, qui illuminent les nuits des insomniaques du forum.

 

Cap sur le futur

Cette occasion me rappelle une citation que j’apprécie énormément, d’autant plus que je la trouve particulièrement adaptée au monde du web auquel nous appartenons : “Quand on n’avance pas, on recule”. Et ce n’est pas aujourd’hui, avec le plein d’énergie (et en attendant le plein de motivation), que je compte reculer.

Il ne faut jamais oublier que notre projet est né d’un besoin d’exprimer nos valeurs, malheureusement bafouées ailleurs, et quasiment partout dans ce milieu particulier. Et un projet fondé sur des valeurs a le devoir de continuer à se développer et prouver qu’il a sa place dans ce monde sans pitié. Il est donc nécessaire de ne pas se contenter de se féliciter du succès d’aujourd’hui en supposant qu’il implique nécessairement le succès de demain. C’est même tout l’inverse qui semble représenter la réalité de ces temps.

En partant de ce principe, j’ai le plaisir de vous annoncer que les mois prochains devraient être riches en nouveautés sur notre site bien aimé. Que ce soit au niveau du contenu ou au niveau esthétique, pratique, et ludique :  la ruche d’abeilles fonctionne discrètement mais en continu, et ce ne sont pas les surprises qui devraient manquer.

Et c’est sur cette promesse que je boucle le corps de mon message. Cependant, il me reste, et comme à chaque occasion de le faire, à vous remercier. 

  • Aux membres de la communauté, fondateurs du projet : votre confiance en moi dès le début est la principale raison qui fait que nous avons survécu aux difficultés, aux obstacles et aux menaces. Vous êtes aussi le fil sur lequel a tenu ma relation avec ce projet, mon propre bébé, pendant les temps durs que j’ai traversés. Merci, ma grande famille.
  • Aux membres de l’équipe DV : votre patience malgré mes longues absences et votre motivation et détermination à ne rien lâcher, sont ce qui fait que le projet continue à grandir aujourd’hui. Je ferai tout pour que vous me voyez beaucoup plus cette année ! Merci, mille merci.
  • Aux lecteurs silencieux : nous ne vous entendons pas, mais nous sentons votre présence, et les chiffres sont bien là pour nous le confirmer. Et même si nous aimerions évidemment vous voir réagir et vous exprimer sur n’importe quel sujet qui vous vient à l’esprit, mais nous sommes quand même fiers de vous, comme vous êtes. Merci infiniment.
  • A tous ceux que j’ai pu omettre de ma liste, par oubli donc forcément involontaire. Merci à vous aussi.

 

Joyeux anniversaire à tous, en espérant vous retrouver le 14 décembre 2020 avec un bilan toujours plus brillant, et des rêves toujours plus grands.

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Kévin Sarlat : « Je voulais parler de l’histoire du football en Pologne » https://www.demivolee.com/2019/11/14/kevin-sarlat-histoire-football-pologne/ https://www.demivolee.com/2019/11/14/kevin-sarlat-histoire-football-pologne/#comments Thu, 14 Nov 2019 06:00:00 +0000 https://www.demivolee.com/?p=23931 Au mois d’octobre, Kévin Sarlat a sorti L’histoire du football polonais (1886-1946), un ouvrage retraçant la genèse du football en Pologne.  Bonjour Kévin, merci de nous [...]

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Au mois d’octobre, Kévin Sarlat a sorti L’histoire du football polonais (1886-1946), un ouvrage retraçant la genèse du football en Pologne. 

Bonjour Kévin, merci de nous recevoir pour cet entretien. Nous allons aujourd’hui parler de ton livre, ton premier livre, L’histoire du football polonais (1886-1946). Mais avant de nous en dire plus dessus, je vais d’abord te demander de te présenter à nos lecteurs.
Kévin Sarlat : Bonjour, merci beaucoup. Je m’appelle Kévin, j’ai 26 ans, je vis en Pologne depuis six ans après être tombe amoureux du pays et de ses habitants. C’est d’ailleurs en partie pour lui rendre la pareille que j’ai écrit ce livre, moi qui suis fan de football et d’histoires ; qu’elles soient grandes ou petites.

Tu as donc décidé de sortir au mois d’octobre ton livre. Comment l’idée d’écrire un tel ouvrage t’est-elle venue ?
Kévin Sarlat : En écrivant mes articles pour Footballski, je prenais un plaisir immense a plonger dans les archives du football local ainsi que sur les sites étant dédiés au football polonais. Mes articles étaient de plus en plus longs. je commençais a passer des dizaines d’heures pour raconter le début du football dans le pays. Mon record est de 65, pour l’article traitant de Wilimowski. Mais j’en voulais plus, je voulais être complet dans ce que je disais. Je voulais parler de l’histoire du football en Pologne. Et pour finir, par dessus tout : je voulais me faire plaisir en regroupant le tout dans un livre qui est au moins, pour moi. Si ça peut plaire aux autres, c’est tant mieux !

Il t’a fallu du temps entre le moment où l’idée est née, et celui de la parution du livre ?
Kévin Sarlat : Pratiquement trois ans. Aussi car j’ai eu des périodes de pages blanches. J’avais du mal a trouver comment tourner un sujet. La procédure d’écriture a toujours été la même. Je prenais un maximum de sources, je les lisais, les vérifiais toutes, ensuite je devais réfléchir a comment tourner la chose pour qu’elle soit claire et dans un ordre chronologique. Donc j’ai eu quelques mois de disettes dans l’écriture. Mais je pensais tout le temps au livre et a son écriture.

Dans cet ouvrage, tu abordes l’histoire du football polonais entre 1886 et 1946. Cette période de soixante ans est assez particulière, parce qu’elle ne correspond pas à ce dont on a l’habitude de parler en football. Pourquoi avoir choisi ces deux dates comme repères pour ton livre ?
Kévin Sarlat : Le football à ses début est bourré d’histoires folles. Il est pourtant très rare de parler du football d’avant-guerre en France, pourtant en Pologne ou en Angleterre par exemple, c’est monnaie courante. C’est une période du football comme une autre. Les héros de ce temps ne sont pas vus comme inférieurs, ils sont même parfois encore plus adulés que certains des années 80. Les dates sont venues d’elles-mêmes. J’ai plus de mal a parler du football business apparu des le milieu des années 80 et qui s’est propagé a une vitesse folle. Et je pense que le football polonais a connu comme le pays trois période. La première dont je parle dans le livre, puis une période communisme et une période post 89. Toutes très différentes.

Est-ce qu’une deuxième partie pour parler de la période de 1946 jusqu’à aujourd’hui est prévue ?
Kévin Sarlat : Pour le moment, rien n’est prévu. Il est possible qu’un livre parlant de cette seconde partie du football polonais soit prévue. Mais pas pour le moment.

Tu as dû travailler sur soixante années du football polonais. Soixante ans, c’est beaucoup, surtout quand on parle de la période avant-guerre. Comment es-tu parvenu à réunir suffisamment d’informations pour ton récit ?
Kévin Sarlat : Quand on tape « début du football en France » sur Google, on a pas plus de quelques résultats dont très peu sont pertinents. En Pologne, un minimum de cinq ou six sites ont des rédacteurs réguliers. Des sujets extrêmement précis sont faits. Les historiens du football local ne manquent pas. Les polonais sont passionnés d’histoire, tout comme moi. Le seul souci est parfois leur objectivité. Je ne vais pas dire qu’ils mentent, mais en tout cas certains ne parlent pas de la face sombre de leur club. C’est pareil dans tous les pays, mais ça pose problème quand on a cinq sources parlant d’un club et seulement une seule parlant du club adverse.

Y-a-t-il une période que tu préfères par-dessus tout ?
Kévin Sarlat : Pas vraiment, car chacune a sa petite histoire qui sort du lot. Mais j’aime beaucoup les touts débuts , jusqu’en 1910… car rentrer dans un stade actuel et se dire que le club est une machine, c’est incroyable. Des dizaines de milliers de spectateurs portent haut les couleurs du club.. Alors qu’à  la base, 120 ans plus tôt, une douzaine de jeunes hommes de 16 ans voulaient juste taper dans un ballon. C’est cocasse.

Comment es-tu parvenu à rendre une histoire complexe et compliquée facile à lire et à découvrir ?
Kévin Sarlat : J’ai toujours détesté les livres ou les articles qui ne sont pas dans l’ordre chronologique. Surtout quand ce sont des choses compliquées a comprendre. Donc j’ai tout mis a plat. Et ensuite j’ai repris les faits et les historiques des clubs pas à pas. Je pense n’avoir pas trop mal réussi.

Ton livre est émaillé de nombreuses anecdotes et petites histoires dans la grande histoire. Est-ce que tu peux nous raconter celle qui t’a le plus marqué ?
Kévin Sarlat : Même si les sources manquent, une me vient en tète. Celle de jeunes hommes construisant des chemins de fer près de Przemyśl dans l’actuel sud-est du pays. Pour couper un peu au travail, ils organisent une partie de football dans un pré a deux pas de la forêt, face a une équipe de jeunes locaux. Quelques spectateurs viennent participer a la rencontre, mais les agriculteurs-propriétaires du coin se rassemblent et viennent chasser tout ce beau monde en venant avec fusils et fourches a la main. Ça résume assez bien cette situation du football a ses tout débuts.

Après la sortie de ce livre, quel sont tes projets à venir ?
Kévin Sarlat : Pour le moment aucun. Mais me connaissant, ça ne devrait pas durer bien longtemps comme ça !

Parlons désormais un peu plus d’actualité. Comment est-ce que tu juges le niveau actuel de la sélection polonaise ?
Kévin Sarlat : Le niveau actuel est difficile a juger a cause du sélectionneur qui selon moi n’est absolument pas au niveau. Sa vision du jeu semble assez pauvre et il s’est retrouvé catapulté a ce poste on ne sait trop comment. Cependant, je pense qu’on est dans une phase de transition. De nombreux clubs polonais ont de bons jeunes et de bons entraîneurs. Il faut juste croiser les doigts que l’osmose sera la quand tout le monde sera ensemble sur le terrain. Car ils joueront tous dispatchés dans des clubs étrangers d’ici quelques années. Même si Lewandowski n’y sera plus, si l’effectif est ensemble, on peut rêver a l’exploit.

A ton sens, qu’est-ce qu’il manque à la fédération et à la sélection polonaise pour faire partie, réellement, de la cour des grands ?
Kévin Sarlat : Comme toujours depuis ses débuts. La Pologne a toujours ou presque eu entre un et trois joueurs figurant parmi les meilleurs d’Europe à leur poste. Mais pour faire une équipe compétitive, il faut un peu plus que ca. La Pologne et les polonais ont longtemps eu un complexe d’infériorité et cela se ressent même dans le football. Ceci étant dit, les polonais sont très fiers, donc l’engouement est très fort a l’approche des grands événements. Sauf que quand ça se fait sortir en quarts comme en 2016, on retombe dans des travers. « C’est toujours pareil, la Pologne n’est pas au niveau des grands de l’ouest », alors que si. C’est juste que c’est pas parce qu’on est le meilleur sur le papier que l’on va gagner. Il manque ce brin de chance. Mais j’ai foi en l’avenir !

Vous pouvez retrouver l’ouvrage de Kévin Sarlat L’histoire du football polonais (1886-1946) sur Amazon en format Kindle ou physique.

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Une idée reçue, appuyée ou engendrée par la photo de l’écusson orné d’un svastika durant la période de l’Allemagne nazie, tend à dépeindre le Bayern Munich comme un club ayant collaboré avec le régime hitlérien. Cela semble en fait être tout le contraire.

Le Bayern, un club à la tradition juive

Le Bayern Munich naît dans le quartier bohémien de Schwabing, une partie de la ville aux fortes racines juives. De plus, deux des dix-sept signataires de la fondation du club sont de confession juive. Avant la seconde guerre mondiale, le Bayern est donc, avec un président et un entraîneur juifs, ce qu’on pourrait appeler un club juif, sans la connotation méprisante que prendra ce terme après la prise de pouvoir du NSDAP. Le club remporte d’ailleurs son premier championnat en 1932, un an avant l’accession au pouvoir absolu d’Adolf Hitler.

Ces racines et héritages juifs rendent sans surprise le ciblage du club par le NSDAP. Catégorisé péjorativement de Judenklub (club juif) par le pouvoir, il devient alors beaucoup moins populaire que le TSV 1860 Munich et, comme partout en Allemagne, plusieurs dirigeants dont le président Kurt Landauer et joueurs juifs doivent quitter le club.

L’ère de la résistance passive

Le Bayern en tant que club et institution réussit tout de même à survivre. Le club se permet même quelques actes de résistance passive. Par exemple, aux Jeux Olympiques de Berlin, l’ailier du Bayern Willy Simetsreiter prend la pose aux côtés du quadruple médaillé d’or Jesse Owens, qui enragea Hitler. Le défenseur Sigmund Haringer s’échappe de la cellule où il était emprisonné pour avoir qualifié une parade nazie de « spectacle d’enfants ». L’action de résistance la plus importante est probablement effectuée par le couple Heidkamp, dont le mari était le capitaine du Bayern. En effet, alors que les trophées du club devaient être fondus pour participer à l’effort de guerre, ceux-ci refusent et les cachent dans la ferme d’un ami.

Mais l’acte le plus symbolique, le plus collectif aussi, s’opère en 1943. Le président Landauer, d’abord emprisonné à Dachau pendant plus d’un mois, se réfugie en Suisse dès 1938. C’est cette destination, Zurich plus précisément, que choisit le Bayern pour disputer un match amical contre l’équipe nationale suisse. À la fin du match, les joueurs du Bayern s’alignent devant la tribune où était Landauer et le saluent. L’information ne manque pas de faire le tour d’Allemagne.

Illuminer les zones d’ombre

Si Landauer reprend ses fonctions en 1951, cet héritage de discrimination et de résistance passive passe aux oubliettes. En effet, les livres du club mentionnent des départs « aux motifs politiques », rien de plus, et évitent le mot « juif ». Le Bayern met sciemment cette partie du passé sous le tapis. Ce n’est qu’à la fin du siècle, avec l’ouverture des archives, que l’on mène des recherches scientifiques sur l’ère Landauer. Et même à cette époque, les dirigeants Uli Hoeness et Fritz Scherer bottent en touche. « Nous n’étions pas nés à cette époque » dit le premier pour snober une interview. Plus tard, le second admettra ne pas vouloir mettre l’accent sur les origines juives du club par peur de réactions négatives.

Dietrich Schulze-Marmeling, notable chercheur sur cette période de l’histoire et auteur du livre « Le Bayern et ses Juifs », soupçonne aussi des intérêts financiers à ne pas ébruiter cette affaire. Le Bayern viserait à préserver ses accords commerciaux en Asie en passant sous silence ce passé juif. Quoi qu’il en soit, la posture du club a depuis changé. Karl-Heinz Rummenigge et les ultras ont reconnu Landauer comme « le père du Bayern moderne » et le club a financé la construction du stade du club amateur juif TSV Maccabi Munich, qui prendra le nom de Kurt Landauer. En outre, le musée du club à l’Allianz Arena ainsi que son site internet mentionnent désormais, avec une fierté prudente, ces épisodes de résistance.

Si ce n’était qu’un mythe ?

Évidemment, un Bayern faisant de la résistance passive au milieu de nombre d’autres clubs s’appliquant à obtempérer au régime nazi fait bonne figure pour générer l’attachement à l’institution. C’est cet aspect-là que dénonce Markwart Herzog dans son ouvrage. Il prétend, recherches à l’appui, que le Bayern a optempéré à la manière des clubs concurrents. Comme les autres, il se serait plié aux exigences du nouveau régime. Comme les autres, il se serait empressé d’évacuer les Juifs de ses rangs, au-delà même des attentes du NSDAP. En somme, il présente le Bayern comme un club qui a agit comme tout le monde à cette période et qui a procédé à son aryanisation. Il accuse les recherches précédentes, et notamment celles de Schulze-Marmeling et Dirk Kämper, de négligence voire de propagande.

Il ajoute même que ces informations sont sous nos yeux depuis longtemps, qu’il ne suffisait que d’ouvrir les statuts des associations du FC Bayern. C’est justement ce point qui agite la controverse autour des recherches de Herzog. « Il s’agit moins de recherches scientifiques que de scandalisation », rétorque Schluze-Marmeling. Herzog reprendrait « 75% des faits déjà cités dans « Le Bayern et ses Juifs » » et en changerait l’interprétation « en omettant voire en spéculant volontairement certains points pour maintenir ses conjectures comme cohérentes. »

On peut en effet se questionner sur la méthodologie. Se reposer quasiment exclusivement sur l’étude des registres n’apporte qu’une partie de la vérité, loin d’être suffisante, surtout quand Herzog considère tout ce qui ne figure pas dans les dossiers comme n’étant pas. Schulze-Marmeling dénonce à ce propos une méthodologie non seulement mauvaise mais incomplète.

Un ouvrage fustigé

Dans une longue réponse aux frasques de Herzog dans le Spiegel en marge de la sortie de son article, Schulze-Marmeling continue de fustiger ses recherches en se défendant d’abord. Il réfute avoir présenté le Bayern comme une troupe de résistants irréprochables dans son livre. Il prouve comme fausses les allégations de Herzog concernant une prétendue nazification zélée du Bayern, à propos de laquelle Herzog s’était d’ailleurs corrigé. Enfin, il réfute également avoir écrit que le Bayern n’a jamais pratiqué l’aryanisation – ce fut le cas effectivement.

En outre, il pointe d’autres incohérences dans le travail de Herzog. Là où ce dernier affirme la fédération allemande de football n’a pas exclu les joueurs juifs, le professeur Lorenz Peiffer indique que ces derniers se sont organisés en associations et ont joué des matchs entre Juifs à partir de 1933. Or, il semble difficile à croire que des Juifs se soient subitement découverts une passion pour le football après 1933 et ne se soient mis à le pratiquer qu’entre eux. Il s’agit bien d’ex-joueurs de clubs allemands exclus.

L’historien conclut en précisant que « l’antisémitisme existait tant en Allemagne qu’au FC Bayern avant 1933, après 1933 et encore après 1945 » et que « la vérité absolue ne sera jamais connue ni de Herzog ni [d’eux] ». Bien que « les recherches continuent et que les nouvelles découvertes sont et seront intéressantes même si elles remettent en cause les fait attribués, la démarche de scandalisation de Herzog n’est néanmoins ni scientifique ni sérieuse ».  De son côté, le FC Bayern, qui a bien fait de se montrer prudent dans sa version officielle, a mandaté en 2016 un institut indépendant pour faire toute la lumière sur cette ère.

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Dossier : Le match de la mort https://www.demivolee.com/2019/04/15/dossier-le-match-de-la-mort/ https://www.demivolee.com/2019/04/15/dossier-le-match-de-la-mort/#comments Mon, 15 Apr 2019 05:00:43 +0000 https://www.demivolee.com/?p=21368 « Le match de la mort ». C’est ainsi que le match de 1942 entre le Flakelf et le FC Start est rentré dans l’histoire. Entre mythes, [...]

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« Le match de la mort ». C’est ainsi que le match de 1942 entre le Flakelf et le FC Start est rentré dans l’histoire. Entre mythes, histoires et légendes, entre tragédie et joie du sport, retour sur cette partie de football qui clignote comme une étoile dans les cieux.

L’ignominie

Le match de la mort, le death match pour les britanniques, prend place en Ukraine en 1942. Le contexte est triste, les histoires sont souvent sanglantes. Les forces nazies ne font pas de cadeau à la population. Les survivants des terribles affrontements de ce front Est ont à peine de quoi manger, et passent tout près de la mort à chacun de leurs pas. Les exactions sur les juifs dans le ravin de Babi Yar sont à quelques kilomètres à peine de distance. Le climat est plus propice au meurtre qu’au football.

« Au même moment – derrière les barbelés du camp de Syrets, situé en amont du ravin de Babi Yar -, le Sturmbahnführer Paul von Radomski conservait ses jeux préférés. Le foot pouvait bien reprendre en ville. Le commandant du camp se régalait comme jamais. Cet homme avait la passion du meurtre chevillé au corps. […] Quel plaisir il ressentait, quand il envoyait son magnifique berger, Rex, couleur cendre, arracher au hasard les organes sexuels de quelques détenus épuisés. […] Oui, cela se passait à Kiev, été 1942. »

– Pierre-Louis Basse, Gagner à en mourir

Mais pourtant, mais pourtant, le football ne meurt pas. Au contraire, il apparaît comme l’une des rares distractions dans ce monde brutal et violent. Jouer, innocemment, avec un ballon rapiécé. Prouver que toute la haine ne peut pas mettre à terre la dernière once de vie. Rappeler à l’occupant que le bruit de ses bottes ne couvrira jamais celui d’une foule en délire après un but d’anthologie. Même dans les camps de concentration, le football continue. Alors à Kiev, au mois d’août 1942, une partie d’anthologie va avoir lieu.

« Seule compte la tragédie »

Pour bien comprendre la place du fameux match de la mort dans la vie quotidienne, il faut remonter quelques mois en arrière. Tout commence à la fin de l’année 1941, quand le commandement allemand met en place un championnat à partir de clubs entièrement nouveaux. Au début de l’année 1942, Georgi Shvetsov fonde ainsi le Rukh, composé majoritairement d’anciens des clubs de Kiev. Mais beaucoup de joueurs de l’ancien Dynamo Kiev refusent de rejoindre le Rukh. En effet, Shvetsov souffre d’une réputation exécrable de collaborateur. Parmi les réfractaires, l’emblématique gardien Trusevich. Celui-ci dégote un emploi dans la boulangerie de la ville occupée. En plus d’un salaire et d’une situation relativement stable, il a également du pain frais tous les jours. Altruiste et pensant à ses anciens coéquipiers, il parvient à les faire embaucher à l’usine. L’équipe de la boulangerie va bientôt voir le jour.

En initiateur de l’équipe, il y a un homme, Joseph Kordik. Son histoire est un roman à elle seule. Ingénieur de formation, il se fait engager comme directeur de l’usine en se faisant passer pour allemand auprès des autorités. Et il se sert de ses attributions pour financer plus ou moins ouvertement la résistance passive aux occupants. Car en réalité, Joseph Kordik est d’origine tchèque, comme les rapports du NKVD d’après-guerre mentionnent. Il engage également trois anciens du Lokomotiv de Kiev pour faire son onze. Et, connaissant bien les réseaux réticents à l’autorité nazie, il fait aussi main basse sur quatre joueurs de talents à la situation ambiguë. En effet, ils sont tout quatre soumis directement aux forces d’occupation. Trois d’entre eux sont des policiers ukrainiens, et le quatrième est pour sa part conducteur de train pour la Reichsbahn à Kiev.

Les premiers matchs

Au mois de juin, l’équipe dispute ses premiers matchs. Le match inaugural se fait contre le Rukh de Georgi Shvetsov. Et, comme un symbole, se solde par une victoire. Quelques jours plus tard, c’est au tour du Sport de subir les foudres du FC Start nouvellement créé. Après avoir passé ses nerfs sur les deux équipes ukrainiennes, le FC Start s’attaque à des gros calibres. D’abord trois formations issues des garnisons hongroises, qui sont balayées d’un revers de main. Puis l’équipe de l’artillerie allemande au mois de juillet, et enfin le RSG, le onze des cheminots allemands. Les deux connaissent les mêmes résultats que leurs cinq prédécesseurs : une défaite sèche et nette. Au total, sur ses sept premiers matchs, le FC Start marque trente-sept buts et n’en concède que huit. Mais il reste un gros calibre à passer avant de pouvoir s’affirmer meilleure équipe du pays.

Composition présumée du Flakelf le 06 août 1942
Composition présumée du Flakelf le 06 août 1942

Ce gros calibre c’est le Flakelf, l’équipe de la DCA allemande. Le 6 août 1942, une confrontation entre les deux équipes est annoncée. Toute la ville retient son souffle. Les allemands, mieux nourris, mieux équipés aussi et reposés, sont prêts à ne faire qu’une bouchée du FC Start. Seulement, l’histoire du FC Start n’est pas celle de n’importe quelle équipe. Face au onze de la Flak, les joueurs ukrainiens montrent tout leur talent et corrigent leurs adversaires d’un jour. 5-1. Le score est sans appel, et l’honneur de l’Ukraine est, quelque part dans le ciel, lavé. Mais les Allemands ne veulent pas en rester là. Ils ne peuvent pas se laisser corriger pas des ouvriers, des « sous-hommes ». Alors le capitaine de l’équipe vient voir son chef de brigade, et un match retour est imposé aux joueurs du FC Start. Et les Allemands ont prévus de mettre tout de leur côté.

Le match retour

La publicité pour le match retour est immense. Des affiches sont placardées dans les rues par l’occupant. Ils veulent que le public vienne les voir corriger ces petits paltoquets. De leur côté, les quatorze joueurs du FC Start sont très concentrés. Ils veulent gagner leur match, encore une fois. Les noms des joueurs sentent bon l’Ukraine : Trusevych, Klymenko, Svyrydovskyy, Sucharev, Balakyn, Hundarev, Honcharenko, Cherneha, Komarov, Korotkych, Putystyn, Melnyk, Tymofeev et Tiutchev. Le match est prévu pour 17 heures, au Zenith Stadium de Kiev. Au 24 de la rue Kerosynna, l’agitation est grande quelques heures avant le coup d’envoi. Les joueurs du FC Start se changent dans une petite cabane en bois à quelques mètres du stade. Les allemands, eux, ne descendent pas de leur bus et se changent directement dans celui-ci, stationné juste devant le stade.

Et puis un officier SS descend du véhicule. Il s’en va vers les vestiaires du FC Start. Lentement, il ouvre la porte, et toise les quatorze ukrainiens. Selon la légende, il leur conseille de perdre… Ce n’est pas ce que la photo d’avant-match laisse pourtant à penser : les deux équipes semblent très décontractées. Dans les gradins, il y a près de deux-mille personnes qui se massent et hurlent, pour la large majorité, leur amour pour le FC Start.

Quasiment tout le monde a payé les cinq Karbovanets pour assister à la rencontre et voir, quelque part, la défaite de l’occupant. La composition des deux équipes est inconnue. On sait juste que quatorze joueurs, donc, étaient présents pour le FC Start. Et qu’au Flakelf, l’équipe était « renforcée » par d’autres joueurs. Ce qui est sûr, c’est que Trusevich était bien titulaire dans la cage de l’équipe de la première boulangerie de la ville.

Le mystère du match de la mort

Le coup d’envoi du futur « match de la mort » est sifflé, et les Allemands mettent beaucoup d’intensité d’entrée. De son côté, l’arbitre, officier allemand, est très laxiste et ne siffle que peu de fautes contre les Ukrainiens. Et cette petite aide arbitrale va bien aider le Flakelf, qui ouvre la marque après quelques minutes de jeu. Mais, loin d’être découragés, les Ukrainiens sont revigorés. Et, quelques minutes seulement après l’ouverture du score, Ivan Kuzmenko égalise. Peu de temps après, c’est au tour de Makar Honcharenko d’ajouter son nom à la feuille des scores. Il récidive peu avant la pause. Les deux équipes retournent aux vestiaires sur ce score de 3-1… et puis c’est à peu près tout. En effet, aucune archive ne permet de juger du déroulement de la seconde période. Seules révélations : les Allemands marquent à deux reprises, les Ukrainiens aussi.

Le match retour se solde donc sur un score de 5-3 en faveur du FC Start. L’humiliation est grande pour le Flakelf. Pour fêter cela, Lev Gundarev et ses coéquipiers vont boire un verre de vodka maison, se changent et font la fête jusqu’au petit matin. Une semaine plus tard, le FC Start dispute un nouveau match, qu’il remporte 8-0 contre le Rukh. Et c’est là que l’histoire laisse peu à peu sa place à la légende… En effet, le 18 août au petit matin, six joueurs sont arrêtés par la Gestapo. Le 20, deux autres du FC Start sont embarqués par la police politique.

Pendant longtemps, on a cru que c’était une vengeance de la part des Allemands. Mais il apparaît que c’est plutôt Shvetsov qui avait la défaite mauvaise. En effet, selon les archives du NKVD, il aurait dénoncé à la Gestapo les joueurs du FC Start. En effet, les joueurs sont bien enregistrés en tant qu’agents du NKVD prévoyant un sabotage dans Kiev dans les registres officiels…

Des morts suspectes

Néanmoins, deux morts suspectes viennent donner du crédit à la légende. Olexander Tkachenko, un des policiers, est arrêté par la Gestapo et tente de s’enfuir. Dans sa fuite, il se fait tirer une balle dans le dos par un Allemand. Mikola Korotkych, un ancien joueur du Dynamo, est lui aussi tué par la Gestapo quelques jours plus tard. Il semble que ce soit néanmoins des suites de son interrogatoire, où il aurait admis être un membre du NKVD. Rien à voir, donc, avec le match de la mort.

Les autres joueurs, eux, sont envoyés au camp de concentration de Syrets, où ils sont affectés à une session de travail. Ils ne sont donc pas dans le camp à proprement parler et sont gardés par des Ukrainiens. Entre autres, ils peuvent recevoir des visites et des paquets de leurs familles. Mais un an et demi après l’arrestation, Trusevich, Klimenko et Kuzmenko sont abattus, le 23 février 1943, dans le ravin de Babi Yar. Les raisons données, cependant, ne se rapportent jamais au fameux match de la mort.

Après guerre, l’URSS se servira néanmoins du match de la mort pour étayer sa propagande. Bien sûr, des joueurs comme Lev Gundarev ou Georgi Timofeyev n’avaient pas été fait prisonniers par les Allemands, mais leurs témoignages ont été passés sous silence. Le mythe du match de la mort et de la résistance footballistique héroïque des Ukrainiens est donc peu à peu devenu la version officielle. Et les rares joueurs ayant survécu au camp ont soit eu les honneurs en répétant la version officielle comme Honcharenko, soit ont été « effacés » des écrans… Quoi qu’il en soit, le match de la mort reste l’un des mythes footballistiques les plus fascinants de l’histoire. Et, vraie ou fausse, l’histoire revêt un charme certain.

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Dossier : Raymond Braine, l’homme qui ne pouvait pas jouer le mondial https://www.demivolee.com/2019/03/11/raymond-braine-mondial/ https://www.demivolee.com/2019/03/11/raymond-braine-mondial/#comments Mon, 11 Mar 2019 06:00:57 +0000 https://www.demivolee.com/?p=22094 Le football est fait d’histoire. Et parfois, l’histoire et le football ne font qu’un. La vie de Raymond Braine, elle, est une histoire qui se [...]

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Le football est fait d’histoire. Et parfois, l’histoire et le football ne font qu’un. La vie de Raymond Braine, elle, est une histoire qui se suffit à elle-même. Pas besoin d’en rajouter pour faire de sa vie un film au scénario digne des Oscars.

Au début du siècle dernier…

Tout commence le 28 avril 1907 à Anvers quand Raymond Braine voit le jour. Enfin, non. La vraie histoire commence un peu moins de sept ans plus tôt, le 26 octobre 1900, à Bourg-Léopold, une commune néerlandophone du Limbourg. Pierre Braine, le frère aîné de Raymond, vient au monde. C’est lui qui le premier dans la famille découvre le football et tombe amoureux du ballon rond. En 1919, Pierre commencera sa carrière au plus haut niveau, en amateur, sous le maillot du Beerschot VAC. En amateur, c’est important pour la suite de l’histoire. Raymond Braine, bien que de sept ans le cadet de Pierre, ne mettra pourtant les pieds dans le monde du football de haut niveau que trois ans plus tard.

En 1922, Raymond Braine fait ses grands débuts, dans le club où évolue son frère. Sous les ordres de Jules Delausnay, Raymond est titularisé à la pointe d’une attaque où l’on trouve facilement cinq ou six joueurs. Raymond apprend ainsi comment se positionner sur le terrain aux côtés d’Ivan Thys, double meilleur buteur du championnat de Belgique et père de Guy Thys qui fera lui aussi les beaux jours du football belge.

Sous le maillot du matricule 13, Raymond Braine remporte son premier championnat de Belgique au bout de seulement une saison et demi, un championnat qui connaîtra trois petits frères en quatre ans. En plus, Raymond Braine, attaquant viril et racé, termine double meilleur buteur du championnat belge en 1928 et en 1929. Des qualités impressionnantes qui lui permettent de revêtir pour la toute première fois de sa vie le maillot des Diables Rouges à 18 ans, en 1925.

Le meilleur

Sa grande classe offensive et ses buts, quasiment un par match (141 buts en 142 matchs officiels), permettent à Raymond Braine, en 1928, de disputer les Jeux Olympiques. Il joue trois matchs et marque tout autant de buts. La logique aurait voulu que, deux ans plus tard en Uruguay, il fasse partie de l’équipe belge. Mais quelque chose vient bouleverser cette voie toute tracée. Car en 1929, au sommet de son football, il est condamné par la fédération belge et est suspendu pour « fait de professionnalisme ».

En effet, Raymond Braine est alors propriétaire d’un bistrot, ce que la fédération assimile à un amateurisme marron. Excédé par cette politique, Raymond Braine fuit le football belge et rejoint la Tchécoslovaquie. Car en 1930, c’est en Europe centrale que l’on pratique le plus beau football de la terre. Le football qui donnera naissance, beaucoup plus tard, au football total.

Raymond Braine signe donc au Sparta Prague, le grand rival du Slavia. L’homme aux trente sélections avec l’équipe de Belgique fait une croix sur sa carrière en sélection mais se forge une légende dans un des championnats les plus relevés de l’époque. Le déjà quadruple champion de Belgique remporte deux championnats de Tchécoslovaquie et deux titres de meilleur buteur à nouveau. Mais surtout, il remporte ce qui, à l’époque, était peut être aussi prestigieux que la Ligue des Champions aujourd’hui, la Coupe Mitroipa, en 1935.

Il est difficile de dire quel style de jeu Raymond Braine avait. Les sources écrites manquent, et les archives vidéos sont inexistantes. Le peu que l’on puisse dire, c’est que sa qualité technique, alliée à une vitesse honorable, en faisaient un buteur hors du lot. Pas pour rien que, sous le maillot du Sparta Prague, il devient l’un des tous premiers joueurs belges (vraiment) professionnel de l’histoire.

Reconnu

Après 281 matchs officiels et 300 buts – dont 128 buts en 106 rencontres de championnat -, Raymond Braine revient dans son club formateur, le Beerschot AC. Cette décision est motivée par le changement d’attitude la fédération belge à son encontre. En effet, après avoir été snobé pour la Coupe du Monde 1930 – pour l’anecdote, la FIFA le comptabilise réserviste pour le mondial, alors qu’en réalité c’est son frère Pierre qui fait partie des réservistes belges pour le mondial -, puis pour la Coupe du Monde 1934, la fédération belge de football décide, en 1935 de le reconvoquer en équipe de Belgique.

Le retour de Raymond Braine au pays sera d’excellente facture. Il remporte deux nouveaux championnats de Belgique, et surtout, participe à sa première (et seule) Coupe du Monde, le mondial 1938. Mais, déjà âgé de 31 ans, il n’a plus son impact habituel et ne joue qu’un seul match. Sur le terrain, il est moins buteur et ne marque que 69 fois en 113 rencontres. Après sept saisons au Beerschot, et alors que la guerre fait rage, Raymond Braine vient terminer sa carrière pendant une saison avec le RCS La Forestoise. Une vingtaine de matchs et puis s’en va. Il met fin à sa carrière, avec quand même 26 buts en 54 sélections, le tout malgré une pause de six ans sur les quatorze années de sa carrière internationale.

La reconversion de Raymond Braine se fait loin du football, malgré un court rôle d’acteur où il joue un footballeur dans le film Blanc est atout de Jan Vanderheyden, co-scénarisé par l’arbitre de la finale de la Coupe du Monde 1930 John Langenus. A la tête de son café, Raymond Braine profite de sa retraite sportive, loin des polémiques et des requêtes auprès de la fédération belge. Le 25 décembre 1978, Raymond Braine s’éteint, chez lui, à Anvers. Il restera à tout jamais le premier très grand attaquant belge.

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Pour certains amateurs du ballon rond, les soirées de coupe suscitent un intérêt tout particulier. La joie des coupes : ses petits poucets, ses surprises, mais surtout, ses tirs au but.

Pureté

Qu’il s’agisse de la plus prestigieuse d’entre ces coupes, ou bien de celle où les clubs envoient leur équipe bis, peu importe. Ce qui anime ces amateurs, c’est le charme du match à élimination directe et donc la potentialité d’une séance de tirs au but. Il faut dire que l’exercice a du charme. Compréhensible par tous, le football n’est plus présent que dans sa forme la plus pure.

Exit la tactique, exit les coachs qui n’ont pas été en mesure de se départager dans les 120 (ou, de plus en plus souvent, 90) minutes précédentes. Ce ne sont plus que 22 hommes et leurs pieds, ou pour deux d’entre eux, leurs mains, qui détermineront le sort du match. L’écart entre les deux équipes disparaît. L’une d’entre elle a peut-être une valeur marchande cinq fois plus supérieure à celle de l’autre, l’une d’entre elle défend peut-être depuis une mi-temps entière pour attendre cette opportunité , qu’importe. 

Une succession de un contre un, défiant toute loi du football et rendant tout pronostic impossible, voilà l’attrait de ces séances. Parce que cet exercice rendrait palpitant un Toulouse-Bastia sous -5°C et avec deux occasions par mi-temps, parce qu’il scelle cruellement le destin d’un peuple en quelques minutes sans pour autant être arbitraire, il s’agit d’un pan complet et passionnant de la culture footballistique.

La dernière séance

Aussi imprévisibles soient-ils, les tirs au but suivent généralement un certain modèle. Loin de moi l’idée de dénigrer leur suspens. Cependant, celui-ci réside plutôt dans le « qui » échouera  que dans le « quand ». En effet, on a tendance à remarquer que les tirs au but se déroulent, involontairement, en phases.

Bien souvent, la séance commence avec les attaquants. Davantage accoutumés de l’exercice complexe du penalty, ceux-ci le réussissent sans trop d’encombres. Puis, les gardiens, de plus en plus à l’aise, se font plus menaçants, plus efficaces. Dans le même temps, les tireurs le sont de moins en moins. Vient le tour des défenseurs. Plus gauches, on aurait tendance à penser que ce sont les moins en réussite dans cet exercice. Or, il faut croire que cette maladresse leur offre une imprévisibilité bienvenue. En effet, les plus mauvais tireurs de penalty seraient, selon les statistiques de Castrol, les milieux de terrain avec 58% de réussite.

Les tirs au but victimes d’un certain déterminisme ? C’est ce que plusieurs études affirment. Des chercheurs de la London School of Economics and Political Science ont démontré que 60% des équipes qui choisissent de tirer en premier remporte la séance. L’affect psychologique de l’impression de retard sur l’équipe adverse a donc une véritable influence sur le cours de la séance. Une statistique qui n’a pas échappé aux principaux intéressés, puisque la quasi-totalité des capitaines vainqueurs du toss choisissent de tirer en premier.

Psychose

Mais les chercheurs peuvent toujours chercher. Quand un joueur est face au gardien et pose son ballon sous les yeux de milliers de personnes réelles et de millions d’autres derrière leur écran, la science ou les statistiques ne l’aideront pas. Les mains sont moites. Les jambes parfois tremblantes. Au bout de son pied, la possibilité de vaincre ou d’au moins garder son équipe en vie. Tout se joue à la fois dans le pied, mais aussi dans la tête. Où tirer ? Du côté habituel ou bien surprendre le gardien ? Avec ou sans fantaisie ? Il s’élance. Les filets tremblent. C’est l’explosion mais, très vite, la concentration refait surface. La joie est à contenir, car il reste d’autres tireurs. À la manière du tennis, rien n’est jamais vraiment joué et tout est encore possible jusqu’au bout.

Cette tension dramatique est l’essence même des tirs au but. Un sentiment que l’on ressent même en tant que spectateur neutre. Alors évidemment, tout est décuplé lorsque l’on est supporter. L’atmosphère, que ce soit au stade, dans un bar, un salon ou une chambre, est irrespirable. Certains préfèrent tourner le dos ou fermer les yeux et s’en remettent à des croyances plus ou moins farfelues. À l’incertitude du sort s’ajoute la rareté de la situation. Le côté inhabituel pour un supporter d’être confronté aux tirs au but sert le côté sensationnel.

Ainsi, chaque séance est mystifiée. Quel supporter français ne souvient pas de celle de 2006 ? La tristement célèbre finale de Séville face à la RFA est d’ailleurs également ponctuée de tirs au but. À titre personnel, la séance la plus marquante de ma modeste expérience de supporter n’est pas très ancienne. Je pense au Beşiktaş – Lyon des quarts-de-finale de l’Europa League 2017. Il ne manquait à cette double confrontation épique que des tirs au but d’anthologie forts en symboles. Ce fut le cas : un remplacement tactique payant avec Maciej Rybus qui n’entre « que » pour transformer son penalty, un Anthony Lopes divin, et un Capitaine Max Gonalons qui envoie l’OL en demi-finale. 

Vers un renouvellement ? 

L’apparition des tirs au but nous renvoie en 1968. Après que l’Italie et Israël ont été éliminés respectivement du Championnat d’Europe et des Jeux Olympiques par tirage au sort, les instances de la FIFA et de l’UEFA adoptent la mesure et choisissent que l’on tire au but plutôt qu’au sort suite à un match nul. Joyeux anniversaire aux tirs au but, qui fêtent donc leur demi-siècle. Cependant, des voies s’élèvent pour modifier plus ou moins drastiquement cette formule.

Il y a d’abord des purs esthètes, qui, sans changer le règlement, préféreraient un changement dans la réalisation télévisuelle. Finie la vue de profil, ils prônent une camera plus proche du joueur et en face du but pour adopter son propre point de vue. C’est par exemple ainsi qu’était filmé le penalty de Mohammed Salah qui a envoyé l’Egypte à la Coupe du Monde au détriment du Congo.

D’autres aimeraient un changement des règles pour plus d’équité. Les chercheurs de la LSE mentionnés ci-dessus préconisent de suivre le modèle du tie-break au tennis afin de limiter voire supprimer l’avantage psychologique qu’a la première équipe à tirer. Suivant cette pratique, il y aurait un  premier tireur d’une équipe, suivis de deux tireurs de l’équipe adverse, eux-mêmes suivis de deux tireurs de la première équipe. Ainsi, on aurait un modèle en ABBAABBAAB qui permettrait à chaque équipe d’être celle qui rattrape puis celle qui mène, à tour de rôle.

Enfin, des nostalgiques désirent le retour de la méthode américaine du shootout. Pratiqué dans la NASL à partir de 1968 puis dans le prolongement de la MLS dans les années 1990, cet exercice n’est pas sans rappeler le hockey sur glace. Lors d’un shootout, le tireur ne tire plus depuis le point de réparation mais emmène le ballon depuis l’extérieur de la surface et progresse pour affronter le gardien, celui-ci étant libre de sortir.

La FIFA n’est sûrement pas prête à un changement conséquent de la formule populaire des tirs au but dans l’immédiat, mais cela mérite réflexion.

 

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Très chers lecteurs, c’est avec une grande émotion que toute l’équipe de demivolee.com vous souhaite une excellente année footballistique – et pas uniquement.

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