Le football et le golf touchent donc des parties de la population relativement différentes. De ce fait, il est intéressant de comprendre comment les inégalités sont perçues dans chacun des deux sports. Entamons ensemble la troisième partie de notre enquête, les blocages sociétaux. Pour continuer, faisons lumière sur la place des femmes. Car celle-ci semble encore mal définie…

Des blocages sociétaux nocifs de part et d’autre

Une place des femmes encore mal définie

La misogynie ?

Précédemment évoquée lorsque les stéréotypes étaient analysés, la misogynie présupposée dans le golf est un critère qui empêche énormément de femmes de s’y inscrire, elles ont en effet le sentiment qu’elles ne sont pas les bienvenues. Les rares femmes que l’on peut voir sur les terrains de golf sont celles qui viennent accompagnées par leurs conjoints comme le relate le sujet B. Les raisons pour lesquelles les femmes se déplacent peu sur les terrains de golf sont les mêmes qui concernent les personnes qui appartiennent aux classes sociales inférieures : il y a un sentiment de ne pas avoir assez de légitimité pour venir sur les greens. Ce raisonnement nous est confirmé par l’interview du sujet B. lorsqu’on l’interrogea sur l’évolution de la place des femmes dans le golf.

« Je pense qu’il n’y a pas réellement eu d’évolution de la place de la femme dans ce sport. Et cela parce qu’en fait, c’est un sport qui se pratique beaucoup en couple. Une femme n’ose pas venir seule, elle considère inconsciemment qu’elle ne doit pas déranger les hommes dans leurs temples, que ce temps qu’ils s’accordent entre eux est sacré. Ce que je dis n’est bien entendu pas explicite, c’est un ressenti que je peux avoir, après tu peux avoir certains hommes qui au contraire souhaitent faire rentrer sa femme dans son intimité, lui faire découvrir sa passion, ses amis, ça permet de passer un temps très agréable en couple. C’est ce qui me choque le plus, les rares évolutions que je peux observer de la femme dans le golf, c’est parce que son mari l’invite à pratiquer cette activité elle aussi ». 

Un manque de relais ?

Le sport est également peu relayé pour les femmes dans les médias, peu voire aucunes joueuses professionnelles ne connaissent une réelle médiatisation, cela ne permet pas de donner une envie aux jeunes filles de se spécialiser dans ce sport. Ainsi, le golf, malgré une réelle volonté de s’ouvrir à tous, peine encore à attirer les femmes sur les greens.

Là où le golf a échoué, le football peut-il réussir ? Les femmes sont-elles attirées par cette activité, se sentent-elles légitiment à prendre leurs licences, à entrer sur le terrain ?

Le sexisme

Le football féminin a longtemps été victime de sa faible médiatisation du fait de son faible spectacle, en outre il y a au sein des centres de formations des comportements sexistes c’est en tout cas ce que nous rapport le sujet C, un comportement sexiste parfois valorisé dans les vestiaires :

« Tu as le sexisme, hein, bien sûr, dans le football. C’est complètement naturel, parce que très clairement y a un écart de niveau énorme entre les filles et les garçons. Je lisais il n’y a pas longtemps un truc, ou c’était peut-être à la télévision, mais des U15 qui avaient éclaté 30-0 une équipe nationale féminine… Et du coup bah ça déteint sur les gens, les femmes sont inférieures dans le football quoi, dans le sens « moins bonnes », et donc après faut pas s’étonner des stéréotypes. En plus, il ne faut pas oublier que quand tu es en centre de formation tu passes toute ta vie qu’avec des mecs comme toi, de ton âge, t’as quinze ou seize ans, c’est normal de penser à ce genre de trucs et d’être un peu matrixé. A ton avis, pourquoi est-ce qu’il y a autant de violences envers les femmes de la part de joueurs de foot, hein ? Parce qu’on ne leur a pas appris à se comporter correctement. »

Le ballon rond parvient à séduire un nombre croissant de femmes, la fédération française de football a en effet passé le cap des 100 000 licenciés le 5 février 2016, et compte désormais 130 000 membres (L’Equipe, 2017) Les médias, ici encore, ne sont pas étrangers au phénomène, la victoire de la coupe du Monde des hommes en 2018, les bonnes performances de l’équipe de France féminine aux jeux Olympiques et en championnat d’Europe qui ont été très exposées  inspirent les jeunes filles et les poussent à s’inscrire dans ce sport. Il y a également un engouement mondial autour de la Coupe du Monde féminine de football qui a eu lieu en juin 2019. Cela représente une augmentation importante car les femmes n’étaient que 35 000 licenciés en 2000. Ce sport reste toutefois essentiellement masculin avec 2,1 millions de licenciés masculins dénombrés en France.

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« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)