Le football et le golf touchent donc des parties de la population relativement différentes. De ce fait, il est intéressant de comprendre comment les inégalités sont perçues dans chacun des deux sports. Pour cela, il faut définir plusieurs types d’inégalités. Continuons donc la deuxième partie de notre enquête sur les rapports étroits entre ces deux sports ! Nous attaquerons ensuite la fameuse « culture de l’entre-soi » reprochée au golf.

Y-a-t-il des inégalités ?

Inégalités sociales

Les inégalités sociales sont à peine perceptibles dans le football, aux dires de nos différents interviewés. C’est sans doute le sujet C. qui résume le mieux la situation : le football rapproche socialement, même si une certaine part de la population est peu présente sur les terrains.

« Tu te rapproches parce que tu viens de partout en France, de partout dans le monde, et encore plus aujourd’hui depuis l’arrêt Bosman. Forcément, ça te fait sortir de ton quartier, de ton environnement. Mais en même temps, y a des gens que tu ne vois jamais dans un vestiaire. A part De Préville, je ne connais pas beaucoup de joueurs avec des particules sur leur nom de famille, tu vois ce que je veux dire. »

Au contraire, il semblerait, aux dires de B., que les plus riches soient bel et bien les plus présents sur le green.

« Si je devais dresser le portrait-robot du joueur de golf : il a environ 50/60 ans, d’origine occidentale, il a le temps et assez d’argent pour le pratiquer ».

Les inégalités sociales sont donc bel et bien présentes, et les publics visés sont complètement différents par les deux sports. B., néanmoins, apporte une petite nuance à la réflexion, en insistant sur le fait que les pays étrangers soient beaucoup plus ouverts et tolérants dans la pratique du golf.

La culture de l’entre-soi

La culture de l’entre-soi ne semble pas extrêmement présente au football. Cependant, une anecdote assez amusante dans un vestiaire de Premier League vient tempérer cet optimisme. Alors qu’un joueur arrivait dans les vestiaires tous les matins avec un numéro de The Economist dans les mains, il était moqué par ses coéquipiers (Kuper & Szymanski, 2014).

Mais cette culture semble avant tout présente dans le milieu du golf. A., malgré sa position relativement ouverte par rapport au golf, en est convaincu. Pour lui, le golf est majoritairement joué par des personnes qui se connaissent depuis de nombreuses années et appartiennent au même milieu.

« Les profils que je croise sont assez similaires je l’avoue, il y a une majorité de cadres hommes qui viennent ici pour se détendre après leur journée de travail ou lors des week-ends. »

Et B. est encore plus catégorique à propos de cela : pour lui, le golf est le lieu de naissance de l’entre-soi.

« Clairement oui. Déjà, c’est toujours les mêmes personnes qu’on retrouve sur le parcours et ce sont souvent des gens qui se connaissent depuis longtemps, sont amis. Au niveau des professions, on retrouve beaucoup de professions libérales, des cadres, des patrons… C’est factuel, je pense qu’il y a des sports qui sont plus souvent pratiqués par certains groupes de personnes et d’autres par d’autres, c’est comme ça. Souvent, on joue au golf parce que notre famille y joue d’ailleurs, ça se transmet comme ça. »

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« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)