Tour du Monde est, comme tous les mercredis, présent sur vos écrans. Et aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un joueur de grand talent. Ce joueur, c’est Roda Antar. Zoom, donc, aujourd’hui, sur رضا عنتر, son nom en arabe.

From Freetown…

Roda Antar, comme beaucoup d’invidus, naît en 1980. Le 12 septembre, plus précisément. Heureusement pour lui que sa mère n’a pas accouché un jour plus tôt, cela sera moins drôle pour lui sinon. La particularité de ce milieu de terrain, c’est qu’il naît au Sierra Leone. Pourtant, sa famille n’étant pas originaire du Sierra Leone, il ne va pas rester longtemps dans ce pays. En fait, il y naît un peu par hasard. Non, sa vraie nation, c’est un bout de terre multiculturelle du Moyen-Orient. Oui, Roda Antar est libanais. Ce qui ne l’empêche pas pourtant d’aimer le foot. Avec son frère Faisal Antar, il commence à taquiner le cuir dans son jardin et dans la rue. Et il aime tellement cela qu’il s’inscrit dans un club de foot. Ou plutôt, qu’il est repéré par un club de foot.

En effet, toujours avec son frère, en 1998, le Tadamon Sour lui fait signer un contrat professionnel. En 1999, il fait ses débuts en pro, avec notamment un but dès le mois d’avril. Il termine la saison avec six buts. Pas mal pour le jeune milieu offensif. Ses qualités impressionnent le sélectionneur du Liban, Theo Bücker. Après lui avoir offert ses premières capes, ce dernier l’oriente vers un club de foot allemand, le SV Hambourg. Un cador. Il commence par évoluer avec l’équipe réserve, puis fait peu à peu son trou en équipe première. Le onze août 2001, il est titulaire en Bundesliga contre le TSV München. Le deux mars, il inscrit même son premier but en BuLi.

Love Germany

Ses performances plus qu’intéressantes ne convainquent cependant pas les dirigeants de Hambourg de lui offrir une prolongation de contrat.  Mais l’Allemagne lui plaît bien. Et son statut de joueur libre lui offre de nombreuses possibilités. C’est le SC Fribourg qui va se montrer le plus convainquant. Et il ne vont pas regretter leur choix. Volker Finke lui fait confiance dès ses débuts, mais une grave blessure l’éloigne des terrains jusqu’en décembre 2003. Et pour son retour, il s’offre un triplé contre le VfL Bochum. Un triplé qui lui donne le surnom de « Football God » de la part des supporters. Les bonnes performances de Roda Antar donnent envie aux dirigeants de Fribourg de prospecter au Liban. Son compatriote Youssef Mohamad va le rejoindre. « Dodo » Mohamad réussira lui aussi plutôt bien à Fribourg : 87 matchs, 9 buts en trois ans.

Mais l’heure du départ de Roda Antar a sonné. Et ce après 98 apparitions en BuLi et 26 réalisations. Pas mal, pour un milieu offensif. En 2007, avec Youssef Mohamad, ils décident de rejoindre un autre club allemand : le 1.FC Köln. Son passage à Cologne sera de courte durée. En effet, il ne restera que deux saisons chez les chèvres. Cependant, à son arrivée, il se fait remarquer, avec le but du mois de mars 2008. D’une bicyclette, il permet à son équipe de remporter le match. Et à la fin de la saison, grâce à un doublé contre le 1.FSV Mainz 05, il permet à son club de rejoindre la Bundesliga. Mais au cours de la saison 2008-2009, Roda Antar quitte Köln après des désaccords avec le directeur sportif et son entraîneur. Antar a juste le temps de faire 15 apparitions avant de quitter le club. Et ce définitivement, pour la somme de 700 000€.

Made in China

Et quand Antar part, ce n’est pas la porte à côté. Il avait déjà fait le trajet Libéria-Liban-Allemagne, et là, il va encore changer de continent. Après l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe, c’est la Chine qui l’accueille. En bon précurseur, il repère le filon au Shandong Luneng Taishan. Il dispute ainsi la Ligue des Champions Asiatique 2010. Il portera à 127 reprises en championnat, et marquera 36 fois. Après un cours passage en 2014 à Jiangsu (29 matchs, 5 buts) et en 2015 à Hangzhou (27 matchs, 1 but), il revient dans le Liban de sa jeunesse, au Tadamon Sour. Depuis 2016, le joueur de 36 ans porte le maillot de son club formateur. Il a d’ailleurs annoncé vouloir y finir sa carrière. Mais cette rapide description de sa carrière occulte un pan de sa vie.

Ce pan de sa vie, c’est avec le Liban qu’il le dispute. De 1998 à 2016, il porte à 58 reprises le maillot des Cèdres et inscrit 20 buts. Véritable star dans ce petit pays de football, il participe à de nombreuses compétitions. Notamment la Coupe Arabe des Nations 98 et 2002, les WAFF Championship 2000 et diverses phases qualifcatives. Depuis son but contre le Laos en 2015, son dernier en sélection, il est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection libanaise. Et si ce grand joueur s’est retiré, c’est pour laisser la place à une jeune génération montante libanaise. La même qui a réussi un nul deux partout contre le Brésil en 2014. Et celle que le gouvernement tente de mettre en avant, priant pour que son équipe réaliser un « casse » comme la Grèce à l’Euro 2004. Mais c’est une autre histoire…

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