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	<title>Enzo Leanni, Auteur à Demivolée.com</title>
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	<title>Enzo Leanni, Auteur à Demivolée.com</title>
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		<title>Dossier : Rivaldo, itinéraire compliqué d&#8217;un génie marginalisé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2020 06:00:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De Rivaldo Vitor Borba Ferreira, jeune brésilien vivant dans une extrême précarité, à Rivaldo, esthète au profil atypique, des années se sont écoulées mais une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/11/13/dossier-rivaldo-itineraire-compliquee-dun-genie-marginalise/" title="Dossier : Rivaldo, itinéraire compliqué d&#8217;un génie marginalisé">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>De Rivaldo Vitor Borba Ferreira, jeune brésilien vivant dans une extrême précarité, à Rivaldo, esthète au profil atypique, des années se sont écoulées mais une chose est restée : son amour pour le football. Encore aujourd&rsquo;hui, après plusieurs retraites, il ne cesse de s&rsquo;exprimer sur le monde actuel du ballon rond. Une chose est sûre, il n&rsquo;aurait pas pu jouer au sein de ce football moderne. Très doué, soliste, presque égoïste, mal-aimé et marginalisé, Rivaldo est l&rsquo;une des figures du football à cheval entre le XXème et le XXIème siècle. Certains ont oublié le talent qu&rsquo;avait ce génie. Un génie qui aimait d&rsquo;ailleurs se faire oublier sur le terrain pour mieux punir ses adversaires et ses détracteurs. </strong></p>
<p style="text-align: justify">Avant de devenir champion du monde, Ballon d&rsquo;Or ou encore vainqueur de la Ligue des Champions, Rivaldo a eu une enfance très difficile. Il naît dans la misère sociale de la <em>favela</em> de Beberibe, où « il est difficile de rêver », selon ses propres dires. Pourtant, il grandit avec le rêve de devenir footballeur. Mais les obligations vitales lui rappellent vite que jongler dans les ruelles sales de Recife n&rsquo;est pas la priorité de sa jeune vie. La malnutrition lui fait perdre quelques dents en même temps que ses espoirs professionnels. En effet, il n&rsquo;arrive pas à intégrer de centre de formation et perd son père dans un accident de la route à 17 ans. Un paternel qui était d&rsquo;ailleurs son principal soutien dans cette quête de football professionnel.</p>
<h2 style="text-align: justify"><strong>Une grande force de caractère</strong></h2>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est notamment à cause de son physique atypique que Rivaldo n&rsquo;accède pas aux centres de formations. Il est jugé trop maigre et avec une démarche incompatible avec le football de haut niveau. Ses jambes arquées donnent, en effet, une impression de déséquilibre constant qui pourrait s’accroître sur le terrain. Il continue tout de même à s’entraîner, en plus de sécher les cours pour ramener de l&rsquo;argent au domicile familial. Sa force de caractère lui permet, l&rsquo;année de la mort de son père, d&rsquo;intégrer le groupe des jeunes du Santa Cruz FC. Rivaldo obtient alors son premier contrat, synonyme d&rsquo;argent pour sa famille. Se dégage alors de son esprit un problème principal et le football peut, enfin, devenir son unique rêve.</p>
<p style="text-align: justify">Mogi Mirim, SC Corinthians et Palmeiras ont ensuite la chance de voir la jeune pépite porter leur maillot. Dans les deux derniers clubs cités, il sera élu meilleur joueur du championnat à son poste. Malgré cela et son titre de champion du Brésil en 1994, il ne sera pas du voyage aux États-Unis avec une <em>Seleçao</em> future championne du monde. C&rsquo;est en 1996, lors des Jeux Olympiques, que sa carrière avec l&rsquo;équipe nationale brésilienne décolle. Lors de la demi-finale, face au Nigéria, il entre en jeu alors que le Brésil mène trois buts à un. Moins de trente minutes plus tard, les <em>Auriverdes</em> ont encaissé trois buts et Rivaldo est accusé d&rsquo;avoir loupé une contre-attaque. En regardant mieux, il est loin d&rsquo;être le fautif du loupé. Mais il est déjà trop tard.</p>
<p style="text-align: justify">Le public brésilien aime trouver un bouc-émissaire pour chaque échec – la société brésilienne également – et Rivaldo est celui celui des JO 1996. Il est même traité de vendeur de pop-corn, métier qu&rsquo;il a occupé lors de son enfance miséreuse. Suite à la pression locale, il s&rsquo;envole vers l&rsquo;Europe et s&rsquo;engage avec le Deportivo La Corogne pour remplacer son compatriote Bebeto. C&rsquo;est toujours grâce à sa force de caractère qu&rsquo;il s&rsquo;impose en Espagne avec une vingtaine de buts et une troisième place en Liga à la clé. Malgré une très bonne première saison, il quitte La Corogne une heure avant la fin du mercato estival. C&rsquo;est un FC Barcelone inquiet des départs de Ronaldo et Figo qui enrôle celui qui va devenir une idole du Camp Nou.</p>
<h2 style="text-align: justify">Histoire d&rsquo;amour entre Rivaldo et le Barça</h2>
<p style="text-align: justify">De 1997 à 2002, Rivaldo va enchanter le stade catalan grâce à des gestes de grande classe. Ballons piqués, coup-francs, frappes imparables à ras de terre et même bon de la tête, il sait tout faire. Il ne le fait pas avec la plus grande des élégances mais chacune de ses célébrations, maillot rayé sur la tête, rappelle à quel point lui laisser le ballon est dangereux. Cela permet également aux <em>Blaugranas</em> de remporter quatre trophées dont deux championnats. C&rsquo;est lors de la saison 1998/99 que Rivaldo s&rsquo;expose aux yeux du grand public européen avec notamment le match où il marque un doublé face à Manchester United (3-3). Des performances qu&rsquo;il accumule chaque week-end en Liga jusqu&rsquo;à disputer la<em> Copa America</em> 1999 dans la peau d&rsquo;un titulaire indiscutable.</p>
<p style="text-align: justify">Simple remplaçant aux Jeux Olympiques de 1996, il prouve, deux ans plus tard, qu&rsquo;il faudra compter sur lui pour défendre les couleurs brésiliennes. Après avoir rayonné lors du mondial français perdu en finale et deux titres espagnols consécutifs, Rivaldo s&rsquo;envole vers le Paraguay pour montrer une nouvelle fois son talent. Trois buts lors de la Coupe du Monde 1998, cinq l&rsquo;année suivante. Cette fois-ci, Ronaldo ne lui vole pas la vedette puisque c&rsquo;est le soliste qui est élu meilleur joueur de la compétition avant de voir <em>France Football</em> lui décerner le Ballon d&rsquo;Or. Trois ans après Brésil-Nigéria, le peuple <em>Auriverde</em> l&rsquo;adule. Dix ans après son premier contrat, il atteint son rêve.</p>
<p style="text-align: justify">Rivaldo reste au Barça et continue de porter le club catalan malgré ses désaccords avec Van Gaal. Le technicien batave voulait le voir évoluer sur l&rsquo;aile à l&rsquo;instar de <a href="https://www.demivolee.com/2019/10/17/dossier-riquelme-carriere-paradoxale-dun-genie-incompris/">Riquelme en 2002</a>. Le Brésilien est la seule éclaircie du marasme barcelonais. Il continue à empiler les buts en témoigne son triplé face à Valence en 2001 ponctué d&rsquo;une retournée acrobatique qualifiant son club pour la phase de groupe de Ligue des Champions. Année où Rivaldo et Kluivert emmènent Barcelone en demi-finale européenne. Dernier coup d&rsquo;éclat pour le Brésilien sous la tunique <em>azulgrana,</em> car il signe à l&rsquo;AC Milan après la Coupe du Monde 2002.</p>
<h2 style="text-align: justify">Trop atypique</h2>
<p style="text-align: justify">Le Brésil de Rivaldo et Ronaldo remporte ce mondial. Et malgré les performances majuscules du premier, c&rsquo;est le second qui reçoit l&rsquo;intégralité des louanges. À Milan, il n&rsquo;est pas la priorité de Carlo Ancelotti qui n&rsquo;axe pas son « <a href="https://www.demivolee.com/2019/08/02/dossier-le-sapin-de-noel-de-carlo-ancelotti/">sapin de noël</a> » autour de lui. Il ajoute toutefois à son imposant palmarès une Ligue des Champions qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas éclaboussée de son talent. Du talent, Rivaldo en avait à revendre – même s&rsquo;il n&rsquo;aime pas vraiment partager sur un terrain. C&rsquo;est pourtant en Grèce, en Ouzbékistan, en Angola et au Brésil qu&rsquo;il passe une dizaine d&rsquo;années pour clôturer sa carrière. Même s&rsquo;il semblait en retrait dans une Serie A rustre, rien ne prédestinait à une telle fin dans l&rsquo;anonymat le plus complet jusqu&rsquo;à ses 42 ans.</p>
<p style="text-align: justify">Quand Beckham était le symbole du <em>foot-business</em>, Rivaldo refusait le marketing. Ronaldo ou Roberto Carlos sont prophètes en leur pays, le soliste est renfermé et n&rsquo;étend pas son influence en dehors des terrains. Pas de contrat mirobolant le liant à des marques, il prenait même soin de rayer celle de ses crampons à chaque match. Son visage ne fait pas vendre non plus, loin des standards de beauté et ne souriant pas. Il est loin des nouvelles attentes de ce sport. Il n&rsquo;aimait que jouer. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour cela qu&rsquo;il a voyagé à travers le monde en quête d&rsquo;un rêve disparu en Europe.</p>
<p style="text-align: justify">Il n&rsquo;y a pas que son image en dehors des terrains qui interpelle. Celle sur le pré également : sa haute silhouette, ses jambes arquées par sa difficile jeunesse, le visage marquée par celle-ci et une désinvolture faisant cauchemarder Louis Van Gaal&#8230; Il semblait se faire oublier des défenseurs mais avait juste décidé de commencer son match avec trente minutes de retard. Pas un soucis en soi, puisque l&rsquo;heure restante laissait place au festival. Un festival qu&rsquo;il menait le plus souvent seul. Ses frappes finissaient en général dans le petit filet opposé, mais malgré cette information connue d&rsquo;avance, aucun gardien ne pouvait les stopper. Il avait une raideur naturelle. Il a su la transformer en acrobatie. Il a su rendre la raideur belle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><b>Rivaldo était un joueur d&rsquo;un autre temps. Comme </b><a style="font-weight: bold" href="https://www.demivolee.com/2017/06/01/dossier-garrincha-roi-bresil/">Garrincha</a><b> avec Pelé, il fut souvent dans l&rsquo;ombre de ses compatriotes. Ronaldo, comme Pelé, savait gérer son image en dehors du terrain. Rivaldo et Garrincha, eux, ne se souciaient que de cette partie. L’aîné était cependant aimé du peuple brésilien. Celui aux jambes raides ne l&rsquo;était pas à ses débuts et malgré ses performances ne l&rsquo;a jamais vraiment été. Pris en tenaille entre le Barça de Cruyff et celui de Guardiola, il n&rsquo;a pas non plus été dans la plus grande période du club catalan. Il l&rsquo;a tout de même marqué de son empreinte. Une empreinte raide mais tellement efficace.</b></p>
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		<title>Dossier : Enzo Francescoli, prince et idole</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2020 05:00:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enzo Francescoli, c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un Uruguayen ayant marqué l&#8217;histoire argentine, française et italienne. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un des footballeurs les plus élégants de sa génération. L&#8217;histoire <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/09/08/dossier-enzo-francescoli-prince-et-idole/" title="Dossier : Enzo Francescoli, prince et idole">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Enzo Francescoli, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un Uruguayen ayant marqué l&rsquo;histoire argentine, française et italienne. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un des footballeurs les plus élégants de sa génération. L&rsquo;histoire de celui qui représente la madeleine de Proust de nombreux amoureux de ballon rond dont Zinédine Zidane. En effet, le légendaire maestro né à Marseille ne jure que par celui qui a enchanté la ville durant un an. Une courte année qui fait mêler émoi et frustration chez les supporters olympiens. Comment marquer l&rsquo;histoire d&rsquo;un club et l&rsquo;esprit d&rsquo;un adolescent en seulement un an ? C&rsquo;est en cela que réside la magie du prince Enzo Francescoli. </strong></p>
<p style="text-align: justify">Né à Montevideo, c&rsquo;est chez les Wanderers que Francescoli débute dans le monde professionnel après s&rsquo;être fait repérer chez les Cadys Juniors. Durant trois ans, la capitale uruguayenne n&rsquo;a d&rsquo;yeux que pour ce jeune attaquant qui se joue de ses adversaires avec une grâce rare. Le petit club de Montevideo accède, grâce à son joyaux, à une seconde place en 1980, une quatrième et une cinquième les deux saisons suivantes. Ces trois années ainsi qu&rsquo;une très belle compétition continentale remportée avec les U20 uruguayens en 1981 lui permettent de signer à River Plate où il va pouvoir prouver au continent entier son talent.</p>
<h2 style="text-align: justify">Prince adoubé à River</h2>
<p style="text-align: justify">Sa première saison du côté du Monumental n&rsquo;est pas très bonne. Malgré cela, il est appelé avec l&rsquo;équipe d&rsquo;Argentine pour la Copa America 1983. Il ne marque qu&rsquo;un seul but durant cette compétition. Mais quel but. D&rsquo;un superbe coup-franc, il ouvre le score dans une finale serrée face au Brésil de Socrates et Junior. Alors positionné en tant qu&rsquo;attaquant de soutien, Francescoli réalise tout de même une année en dent de scie. C&rsquo;est suite à cela que l’entraîneur, Héctor Veira, arrivé à l&rsquo;intersaison, décide de le repositionner en tant que seul avant centre.</p>
<p style="text-align: justify">Choix payant puisque la saison suivante est celle de son couronnement. Terminant meilleur buteur de son club avec vingt-neuf réalisations, il remporte le titre de meilleur joueur sud-américain et hérite également du surnom « <em>El Principe</em>« . Lors de la troisième année, il impressionne encore plus car il marque vingt-cinq buts. Quatre de moins que la saison précédente mais en seulement trente-deux rencontres contre quarante-neuf. Ses nombreux exploits permettent aux <em>Millionarios</em> de remporter le championnat.</p>
<p style="text-align: justify">Après la Coupe du Monde 1986 où son Uruguay se fait éliminer en huitième par l&rsquo;Argentine de Maradona, il décide de passer de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique. Il pose ses valises à Paris afin de signer pour le Matra Racing. Le club qui fait ses premiers pas en D1 mise tout sur Francescoli et Luis Fernandez sans grand succès. Les trois années franciliennes du prince de Buenos Aires ne sont pas du tout à l&rsquo;image de ses aventures sud-américaines.</p>
<h2 style="text-align: justify">Marseille, l&rsquo;idylle éphémère</h2>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est dans la cité phocéenne qu&rsquo;il va retrouver de sa superbe. Une seule saison va suffire à lui faire reprendre confiance ainsi qu&rsquo;à marquer les esprits de tout le peuple olympien. Suite à des blessures, aux choix de Gérard Gili et au talent de Chris Waddle, Enzo Francescoli n&rsquo;est pourtant pas dans les meilleures conditions à l&rsquo;OM. Tant est qu&rsquo;il est relégué sur l&rsquo;aile droite de l&rsquo;attaque aux côtés du génial Anglais et du goleador français Jean-Pierre Papin. Il dispute toutefois près de quarante rencontres durant cette saison.</p>
<p style="text-align: justify">Une saison marquée par les gestes de classe de Francescoli qui ont régalé le Vélodrome. Si, aujourd&rsquo;hui, les supporters de l&rsquo;Olympique de Marseille estiment autant un joueur qui n&rsquo;a passé qu&rsquo;une année dans leur club, c&rsquo;est justement pour ces illuminations. Ses roulettes, coup-francs ou extérieurs du pied ont fait lever un stade déjà incandescent. Entre virtuosité et élégance, Enzo Francescoli n&rsquo;a eu besoin que d&rsquo;une saison pour conquérir Marseille.</p>
<p style="text-align: justify">Pour cela, un match a énormément compté dans l&rsquo;esprit du club et de ses supporters : OM-Benfica 1990, soit la demi-finale aller de Coupe des clubs champions. Lors de cette rencontre, l&rsquo;Europe est tombée amoureuse comme l&rsquo;Amérique du Sud quelques années plus tôt. Le spectacle qu&rsquo;il offre ce soir là n&rsquo;a aucune fausse note si ce n&rsquo;est son manque de réalisme. Une inefficacité propre à tout l&rsquo;effectif marseillais qui ne l&#8217;emporte que deux buts à un alors qu&rsquo;il aurait été possible de marquer davantage. Au retour, l&rsquo;histoire est marquée tragiquement. La virtuosité de Francescoli fait frissonner le Stade de la Luz jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;événement connu sous le nom de « la main de Vata » se déroule. Un coup du sort qui met fin à l&rsquo;aventure d&rsquo;Enzo Francescoli à l&rsquo;OM. Une période où le club n&rsquo;avait pas encore le froid réalisme de 1993 mais était plus enthousiasmant. L&rsquo;Uruguayen n&rsquo;y était pas étranger.</p>
<h2 style="text-align: justify">L&rsquo;Italie avant le retour en Argentine</h2>
<p style="text-align: justify">Après avoir conquis l&rsquo;Argentine et Marseille, le virtuose se devait de faire de même en Italie. C&rsquo;est notamment lors de ses trois saisons à Cagliari qu&rsquo;il impressionne. Il part ensuite au <a href="https://www.demivolee.com/2018/11/15/dans-lombre-dun-geant-4-le-torino-fc/">Torino</a> pour une seule année qui suffira à enchanter les <em>tifosi</em>. Quatre saisons transalpines où il ne glana pas le moindre trophée, mais peu importe puisqu&rsquo;il remporta la reconnaissance des supporters des deux clubs ainsi que celle du grand public. Ce dernier n&rsquo;est pas resté insensible aux gestes de Francescoli.</p>
<p style="text-align: justify">Après cette pige en Italie, le prince rentre dans son club d&rsquo;adoption, River Plate. Le <em>Monumental</em> retrouve son idole qui était parti en exil depuis huit ans. Les trois derniers de sa carrières sont magiques. Ils rappellent à l&rsquo;Argentine le joueur qu&rsquo;il est et n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;être. Entre buts mémorables et dribbles élégants, Francescoli ravit Buenos Aires et fait rêver l&rsquo;Amérique du Sud entière en remportant la Copa Libertadores 1996. Le prestigieux trophée est l&rsquo;un des derniers de sa fantastique carrière.</p>
<p style="text-align: justify">Si Enzo Francescoli a marqué chaque club pour lesquels il a joué, il a construit, au fil du temps, une relation plus que spéciale avec River Plate. Ses six années cumulées passées chez les <em>Millionarios</em> l&rsquo;ont fait devenir la légende que l&rsquo;on connait aujourd&rsquo;hui. La madeleine de Proust de tout supporter de River Plate, de nombreux fans de l&rsquo;Olympique de Marseille ainsi que des <em>tifosi</em> de Cagliari et du Torino.</p>
<h2 style="text-align: justify">Francescoli idole de Zidane</h2>
<p style="text-align: justify">Parmi les supporters olympiens, un a été particulièrement marqué par le touché de balle de l&rsquo;Uruguayen. Il était alors à Cannes dans le cadre de sa formation mais son cœur était encore à la Castellane. Zinédine Zidane était, en effet, un grand admirateur de Francescoli. « Tout ce qu’il faisait sur le terrain, je voulais le reproduire. J’aimais particulièrement son élégance, et en plus il jouait à l’OM, qui était mon club, je n’avais pas d’autre modèle, » glisse le champion du monde 1998. Le principal intéressé sur la question : « Entendre un joueur de cette trempe, qui était déjà une icône, dire qu’il allait te voir jouer tous les après-midis et que tu faisais ci et que tu disais ça, c’était très émouvant pour moi ».</p>
<p style="text-align: justify">Zidane n&rsquo;était pas dans une démarche de fascination mais plutôt dans celle d&rsquo;appropriation. Il s&rsquo;est inspiré de tous les faits et gestes de Francescoli. Des élégants dribbles aux frustrants coups de sang. Francescoli face au Chili en 1987, Zidane contre l&rsquo;Italie en 2006. Des différences physiques notables mais un romantisme balle au pied les rassemblant. Roulette, aile de pigeon ou passement de jambes, le prince faisait tout cela avant Zizou. C&rsquo;est cependant ce dernier qui récolta le plus de lauriers. Pourtant, il l&rsquo;a fait sans le crier sur les toits. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1996, lorsque la Juventus de Zidane rencontre le River de Francescoli que l&rsquo;on apprend l&rsquo;admiration que voue le premier au second. Qu&rsquo;il dort avec le maillot blanc à bande rouge lors des mises au vert. Plus tard, le fils ainé de Zinédine et Véronique se nommera Enzo en l&rsquo;honneur de l&rsquo;Urugayen.</p>
<p style="text-align: justify">Enzo Francescoli, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un joueur ayant marqué plusieurs générations. La sienne tout d&rsquo;abord grâce à son élégance qui semblait le faire voler sur le terrain. Celle, également, de tous les enfants qui ont vu ses dribbles chaloupés et ses frappes majestueuses. Zinédine Zidane était l&rsquo;un d&rsquo;eux. Un des adolescent qui l&rsquo;admiraient, un des footballeurs qui s&rsquo;en inspiraient, le seul à le dépasser. Lorsque ses deux coups de casque ont fait chavirer la France entière, Francescoli a dû le percevoir comme sa victoire. Lui, l&rsquo;Uruguayen, qui n&rsquo;a jamais pu remporter le si prestigieux trophée. Un palmarès moins fourni que celui de son élève mais une reconnaissance tout aussi gratifiante.</p>
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		<title>Dossier : Socrates et la « démocratie corinthiane »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2020 05:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand, en 1964, le maréchal Castelo Branco renverse le président João Goulart, le Brésil tombe dans la dictature militaire. Durant la Guerre froide, rares sont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/05/11/dossier-socrates-et-la-democratie-corinthiane/" title="Dossier : Socrates et la « démocratie corinthiane »">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Quand, en 1964, le maréchal Castelo Branco renverse le président João Goulart, le Brésil tombe dans la dictature militaire. Durant la Guerre froide, rares sont les pays d&rsquo;Amérique du Sud à ne pas voir leur gouvernement de gauche remplacé par ces <em>juntes</em>. Durant vingt-et-un ans, cette répression va s&rsquo;abattre sur le peuple brésilien avant de s&rsquo;essouffler au début des années 80 grâce aux Corinthians, célèbre club de football du pays. Comme <a href="https://www.demivolee.com/2019/12/18/dossier-el-clasico-histoire-dune-rivalite-historique/">sous Franco</a>, en Espagne, ou <a href="http://www.lecorner.org/argentine-1978-la-dictature-championne-du-monde/">sous Videla</a>, en Argentine, ce sport sert de propagande. C&rsquo;est donc dans un pays gangrené politiquement que le club fondé par un groupe d&rsquo;ouvriers d&rsquo;origine européenne va montrer la voie de la démocratie à tout un peuple par l&rsquo;intermédiaire de son fer de lance, Socrates.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Cette démocratie corinthiane commence, en premier lieu, suite à des conflits interne. <em>Õ Timão</em> réalise, en 1981, une saison catastrophique ponctuée par une huitième place au championnat <em>paulista</em> et une vingt-sixième à celui du Brésil. Le président, Vicente Matheus, et son vice-président, Waldemar Pires, échangent leurs postes espérant redonner un allant sportif au club blanc et noir. Néanmoins, c&rsquo;est bien plus que cela qui va se dérouler. Pires, ayant pris les commandes, pousse à la démission son ancien supérieur et donne le poste de directeur du département du football à Adilson Monteiro Alves, jeune sociologue de gauche aux idées révolutionnaires.</p>
<h2 style="text-align: justify">Socrates : docteur, démocrate et esthète</h2>
<p style="text-align: justify">Pires et Monteiro Alves vont avoir trois relais de poids sur le terrain. Wladimir, légende du club et syndicaliste, Walter Casagrande, symbole de la jeunesse emprisonnée, et Socrates, l&rsquo;intellectuel et meneur. Le numéro 10 est le premier à mettre des mots sur les maux en expliquant que « 90% des joueurs ont une condition de vie inhumaine. 70% gagnent moins que le salaire minimal. Si les joueurs l&rsquo;acceptent, [les dirigeants] sont paternalistes. Sinon, ils sont autoritaires ». Celui que l&rsquo;on surnomme « Docteur Socrates » par rapport à son diplôme de médecin, est un joueur d&rsquo;un autre temps, d&rsquo;un autre football. Le faux lent au mètre quatre-vingt-douze est un pur esthète.</p>
<p style="text-align: justify">Ses talonnades de génies et son élégance pure ont fait de lui une légende du Brésil. Son goût pour l&rsquo;égalité et son combat pour la démocratie ont fait de lui une icône du pays. C&rsquo;est donc en véritable fer de lance que Socrates mène la révolution au sein du club comme il mène le jeu sur le rectangle vert. Monteiro Alves veut mettre fin à l&rsquo;autoritarisme en demandant aux joueurs comment ils entendraient gérer le club eux-mêmes. Il veut réduire le management en le confiant aux salariés.</p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est donc à partir de 1982 que Wladimir, Casagrande, Socrates et leur bande prennent en main les Corinthians. Une véritable autogestion qui rompt avec la structure verticale habituelle. L&rsquo;icône Socrates va permettre à la démocratie corinthiane d&rsquo;avoir une portée nationale puis internationale. Seulement, il est essentiel que ces théories soient suivies d&rsquo;actes à la hauteur.</p>
<h2 style="text-align: justify">L&rsquo;abolition des mises au vert comme symbole</h2>
<p style="text-align: justify">Pour rompre totalement avec la structure hiérarchique typique &#8211; d&rsquo;autant plus sous un régime dictatorial -, le club va adopter une politique basée sur le droit de vote individuel. C&rsquo;est donc par consensus que tout va se décider, de l&rsquo;heure du déjeuner jusqu&rsquo;au choix de l&rsquo;entraineur. Zé Maria, ancienne gloire du mondial 1970, est par exemple nommé coach de l&rsquo;équipe suite au choix des salariés. D&rsquo;autres décisions fortes sont prises au sein du club <em>paulista</em>. On pense notamment à l&rsquo;équitable répartition des droits TV et des recettes des guichets ou bien sûr à la question des mises au vert.</p>
<p style="text-align: justify">Ce qu&rsquo;on appelle<em> concentração</em> en version originale est l&rsquo;un des actes fondateurs de la démocratie corinthiane. Le terme signifiant « rassemblement des troupes » dans le langage militaire est aussi fort que pesant pour les joueurs. Ceux-ci sont perçus comme immatures et on pense que le seul moyen pour les gérer est de leur imposer ces mises au vert. « Dans l&rsquo;esprit du pouvoir, le foot devait juste être l&rsquo;opium du peuple et il lui fallait le contrôler au maximum les joueurs. Comme il ne pouvait pas le faire pendant les matches, il était important de le faire avant et après, explique le journaliste Juan Abarello. Le <em>concentração</em>, c&rsquo;était une façon de nier leur valeur humaine ».</p>
<p style="text-align: justify">Les joueurs du club populaire de São Paulo retrouvent leur valeur humaine à la fin de l&rsquo;année 1982 en ayant aboli ces mises au vert. Ils ne sont alors plus obligé d&rsquo;y assister, que cela soit pour un match amical insignifiant ou pour la finale du championnat. Un tournant qui marque le point de rupture entre une crise interne et le renouveau des Corinthians. Un jeu flamboyant couplé a de bons résultats feront dire à Socrates : « Nous nous sentons libres et quand on se sent libres, on s&rsquo;exprime enfin ».</p>
<h2 style="text-align: justify">Les revendications sur le terrain</h2>
<p style="text-align: justify">Ces expressions vont se faire ressentir aussi bien sportivement que politiquement mais toujours sur le rectangle vert. Comme dit précédemment, sous l&rsquo;impulsion de Socrates, le jeu des Corinthians devient flamboyant. Un succès sportif et une médiatisation inédite de sa star va permettre de populariser les idées du club et du joueur. Les deux championnats paulistes remportés en 1982 et 1983 servent de caisses de résonance, si bien que les autres clubs de la ville que sont Palmeiras et le São Paulo FC tentent l&rsquo;expérience démocratique avant que Flamengo, situé à Rio, ne s&rsquo;y mette également.</p>
<p style="text-align: justify">Les Corinthians rentrent sur le terrain avec un maillot blanc et noir parsemé de gouttes de sangs, symbolisant l&rsquo;atrocité de la dictature, où l&rsquo;on pouvait lire le flocage « <em>Democracia corinthiana</em>« . Une autre revendication sera affichée sur la tunique appelant le peuple brésilien à aller voter lors des élections. De la même façon, les joueurs affichèrent publiquement leur idéal politique lors de la finale du championnat <em>paulista</em> en 1983. Ils arborent, en effet, une banderole sur laquelle est écrit : « Gagner ou perdre mais toujours avec démocratie » avant de remporter ce match face au SPFC (1-0) sur un but de Socrates.</p>
<p style="text-align: justify">Après cette réalisation, il ne se célébra pas comme un Brésilien mais leva le poing comme un Black Panther. Sur le terrain comme dans tous les endroits où il passe, le longiligne capitaine cite le mouvement pour qu&rsquo;il s&rsquo;étende à d&rsquo;autres sphères de la société. Il dit lui-même : « Au départ, nous voulions changer nos conditions de travail ; puis la politique sportive du pays ; et enfin la politique tout court ». Comment un groupe de jeunes écoutant du rock et buvant des bières après un match de football peuvent faire tomber une dictature ? L&rsquo;histoire est belle mais relativement romancée.</p>
<h2 style="text-align: justify">La fin de la démocratie et de la dictature</h2>
<p style="text-align: justify">En 1984, le Parti des Travailleurs « <em>Diretas Já!</em> » réclame des élections présidentielles au suffrage universel. Socrates va soutenir le mouvement en prenant la parole lors d&rsquo;un discours politique devant plus d&rsquo;un million de Paulistes. Alors courtisé par la Fiorentina au projet sportif et au contrat plus alléchant qu&rsquo;à São Paulo, le joueur se déclare prêt à rester au Brésil, si et seulement si le Parlement vote en faveur de la proposition. Néanmoins, son souhait n&rsquo;est pas exaucé et cela le pousse à partir à Florence.</p>
<p style="text-align: justify">Privés de leur meilleure arme, les Corinthians s&rsquo;essoufflent, perdent en finale du championnat local et voient le tandem Pires-Monteiro Alves ne pas être réélu. Le nouveau président, Roberto Pasqua, intronise Mario Travaglini en tant qu’entraîneur à la place de Zé Maria. Un renversement à l&rsquo;allure réactionnaire puisqu&rsquo;il était son prédécesseur avant l&rsquo;expérience de la démocratie corinthiane. Celle-ci prend alors fin, paradoxalement en même temps que la <em>junte</em> militaire.</p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est, en effet, en 1985, un an après le départ de Socrates suivi du duo de dirigeants, que la dictature brésilienne tombe. Tancredo Neves est élu président et si la démocratie corinthiane n&rsquo;est plus d&rsquo;actualité, elle perdure dans les esprits comme celle qui a permis la véritable démocratie du pays menée à Brasilia. L&rsquo;expérience du club pauliste était-elle le résultat d&rsquo;une ouverture politique ou au contraire est-elle le facteur accélérant celle-ci ? On ne pourra sûrement jamais le savoir. Néanmoins, Socrates et ses camarades ont su allier créativité du terrain et créativité organisationnelle afin de retrouver le football qu&rsquo;ils aimaient appeler « jeu de liberté ».</p>
<h2 style="text-align: justify">Postérité de Socrates et de sa démocratie</h2>
<p style="text-align: justify">Socrates, Wladimir, Casagrande, Pires et Monteiro Alves sont des symboles mais plus des exemples. Jair Bolsonaro, nouveau président brésilien et nostalgique de la<em> junte</em>, a été soutenu par grand nombre d&rsquo;acteurs du football <i>auriverde</i> lors de sa campagne en 2018. Quand Socrates se servait de sa popularité pour défier la dictature, les joueurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui s&rsquo;en servent pour promouvoir Bolsonaro. Dans les années 80, c&rsquo;était bien plus qu&rsquo;un championnat <em>paulista</em> que les Corinthians voulaient remporter. La responsabilisation des joueurs prônée par le club semble désormais lointaine.</p>
<p style="text-align: justify">Après l&rsquo;expérience de la démocratie corinthiane, le longiligne Brésilien au bandeau « peace and love » arpenta les terrains italiens sous le maillot de la Fiorentina. Ayant le mal du pays, il revint au bout de deux ans pour deux piges d&rsquo;à peine vingt matchs à Flamengo et Santos. Nulle part il ne trouva la plénitude comme aux Corinthians. Grand buveur et fumeur, cela le perdra en 2011 à seulement 57 ans. Son père, féru de philosophie, lui donna un nom lourd d&rsquo;importance. Il a tout de même su en faire de grandes choses. Grand bavard comme Socrate, médecin comme Hippocrate et un nom qui rime avec démocrate. Socrates est mort, vive Socrates !</p>
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		<title>Dossier : Ricardo La Volpe, entre théorie et pratique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 05:00:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[hl]]></category>
		<category><![CDATA[ricardo la volpe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ricardo La Volpe est l&#8217;un de ces tacticiens qui fascinent mais qui divisent également. Au même titre qu&#8217;un Marcelo Bielsa, un débat sévit : est-il <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/04/20/dossier-ricardo-la-volpe-entre-theorie-et-pratique/" title="Dossier : Ricardo La Volpe, entre théorie et pratique">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><b>Ricardo La Volpe est l&rsquo;un de ces tacticiens qui fascinent mais qui divisent également. Au même titre qu&rsquo;un Marcelo Bielsa, un débat sévit : est-il un génie ou un usurpateur ? Il est passé sur seize bancs différents en trente-six ans de carrière d’entraîneur et n&rsquo;a dans son palmarès que deux titres, un championnat mexicain en 1993 avec Atlante et une Gold Cup en 2003 en tant que sélectionneur du Mexique. Une carrière de joueur insignifiante magnifiée par le sacre argentin au mondial 1978 où il était le gardien remplaçant. Une carrière d’entraîneur révolutionnaire mais excentrique et peu reconnue. Sa reconnaissance vient surtout de ses « disciples » comme Pep Guardiola, qui s&rsquo;inspirent grandement des tactiques insufflées par La Volpe. Des idées fortes mais peu de résultats, Ricardo La Volpe serait-il avant tout un théoricien ?</b></p>
<h2 style="text-align: justify">La Volpe et son exigeante demande</h2>
<p style="text-align: justify">L’entraîneur argentin à la moustache la plus emblématique d&rsquo;Amérique du Sud a une tactique très stricte qui demande de la réflexion et un certain niveau technique aux joueurs. Ses entraînements ne sont que répétitions. Que la passe n&rsquo;arrive pas ou qu&rsquo;ils ne soient pas assez étirés sur le terrain, les joueurs doivent recommencer l&rsquo;exécution jusqu&rsquo;à ce que celle-ci soit parfaite. Pablo Lavallen, qui a évolué sous ses ordres à l&rsquo;Atlas peut en attester :</p>
<blockquote><p>« La méthode, c’était la répétition. Par exemple, on exécutait une chaîne de passes, et La Volpe corrigeait nos positions, nous replaçait, et on refaisait le même exercice jusqu’à atteindre la perfection. Mais attention, il ne s’agissait pas d’une répétition bête et méchante, on devait s’adapter aux mouvements de l&rsquo;adversaire. En règle générale, on s’entraînait entre 2h30 et 3h30, d’une traite. On continuait jusqu’à temps que La Volpe soit satisfait. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify">En plus d&rsquo;une condition physique exemplaire, les joueurs de La Volpe devaient également posséder un QI foot et une technique au dessus de la moyenne. Pour lui, les joueurs doivent comprendre le jeu tout en étant réactifs et audacieux. Son style de jeu repose sur ses défenseurs, notamment centraux, qui se doivent de maîtriser parfaitement les fondamentaux de la demande de Ricardo La Volpe.</p>
<p style="text-align: justify">Une méthode très exigeante mais toujours suivie par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;effectif, conscient qu&rsquo;elle était bénéfique pour tous. Selon Pablo Lavallen, toujours, les joueurs paraissaient plus techniques qu&rsquo;ils ne l&rsquo;étaient réellement lorsqu&rsquo;ils adhéraient à sa méthode. La demande intransigeante de l’entraîneur à l&rsquo;ego bien gonflé ne doit pas obscurcir la révolution tactique dont il est l&rsquo;auteur.</p>
<h2 style="text-align: justify">Les relances lavolpiennes</h2>
<p style="text-align: justify">L&rsquo;un des fondamentaux de la demande du technicien est la remontée de balle. En effet, son idéal est de sortir proprement et en supériorité numérique. Une pensée relativement simple mais une application plutôt complexe. Ricardo La Volpe ne joue que dans un seul système de jeu, le 3-5-2. En phase offensive, celui-ci s&rsquo;articule de façon à ce qu&rsquo;une ligne de trois se crée devant le gardien. Les deux centraux excentrés doivent alors s&rsquo;espacer pour que les latéraux se retrouvent pistons. La supériorité à la relance est trouvée car aucune équipe ne presse avec trois attaquants, et grâce à une bonne occupation de la largeur pourtant difficile dans ce système.</p>
<p style="text-align: justify">Passer la zone de pressing adverse en avançant avec le ballon requiert une parfaite <i>conducción</i> (conduite). Cette idée est le fait de porter le ballon et fixer un adversaire pour qu&rsquo;une zone se libère, une fois vide, elle sera prise par un coéquipier auquel la passe pourra être transmise.  S&rsquo;ajoute à cette <em>conducción</em> une recherche perpétuelle du troisième homme afin de pouvoir créer des circuits de passes.</p>
<p style="text-align: justify">Cette sortie permet de créer un espace derrière la première ligne de pression mais se révèle très exigeante. Une interception est vite arrivée et il faut donc de la concentration, de la compréhension et de la technique pour avoir l&rsquo;audace de ce système. De l&rsquo;audace, Ricardo La Volpe en a à revendre, et sa Coupe du Monde 2006 le prouve.</p>
<h2 style="text-align: justify">L&rsquo;exemple du Mexique</h2>
<p style="text-align: justify">Lors des huitièmes de finale, El Tri est opposé à la belle Argentine, maître de l&rsquo;art du toque. N&rsquo;ayant pas peur de son adversaire et avec la volonté d&rsquo;être protagoniste du jeu, Ricardo La Volpe gagne la bataille idéologique en confisquant le ballon. Le match tactique durera jusqu&rsquo;en prolongation où Maxi Rodriguez met fin aux espoirs de son compatriote assis sur le banc adverse. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs avec le maillot argentin que La Volpe apprit les bases sous les ordres de César Luis Menotti. Dans son pays natal, il ne connaîtra que très peu d&rsquo;expériences : trois, dont une ratée à Boca.</p>
<p style="text-align: justify">Lors de ce mondial, le plus abouti au niveau du jeu pour la formation mexicaine, il peut s&rsquo;appuyer sur la meilleure base défensive de sa carrière : Carlos Salcido, Ricardo Osorio et Rafael Marquez. Ces trois-là permettaient de ne jamais perdre le ballon au départ de l&rsquo;action avec Salcido et Marquez qui s&rsquo;espaçaient alors qu&rsquo;Osorio faisait vivre le ballon entre les lignes. Personne n&rsquo;avait osé prendre le ballon à l&rsquo;Argentine de Pekerman et de <a href="https://www.demivolee.com/2019/10/17/dossier-riquelme-carriere-paradoxale-dun-genie-incompris/">Riquelme</a>. Le Mexique l&rsquo;a fait et de fort belle manière.</p>
<p style="text-align: justify">À la suite de l&rsquo;élimination, une tribune est publiée sur <a href="https://elpais.com/diario/2006/06/13/deportes/1150149620_850215.html">El País</a> louant les mérites du Mexique mais regrettant la faiblesse des attaquants comparativement aux défenseurs. Son auteur : Pep Guardiola. Il écrit que « la différence de niveau entre ses joueurs défensifs et offensifs est trop importante. Aucune équipe n’est arrivée autant de fois que le Mexique aux trois quarts du terrain. Et à cet endroit, tout s’est effondré systématiquement ». Selon le futur tacticien de Barcelone, l&rsquo;équipe de La Volpe méritait de passer au tour suivant et cela aurait été le cas si tout l&rsquo;effectif avait été au niveau des trois centraux.</p>
<h2 style="text-align: justify">La Volpe et ses disciples</h2>
<p style="text-align: justify">Alors que <a href="https://www.demivolee.com/2019/11/21/dossier-guardiola-au-bayern-un-triomphe-inacheve/">Guardiola</a> termina sa carrière aux Dorados Culiacan, au Mexique, il apprit à connaitre Ricardo La Volpe et son style de jeu incontournable. Il reconnaîtra plus tard s&rsquo;être « inspiré de sa relance à trois ». En effet, s&rsquo;il opte assez rarement pour un système de jeu à trois derrière, il est fréquent de voir sa sentinelle venir se placer entre les deux centraux. La recherche de l&rsquo;homme libre est également un fondamental de la tactique « <a href="https://www.demivolee.com/2020/03/16/dossier-mikel-arteta-et-le-mentorat-guardiola/">guardiolesque</a> » et semble être, en partie, emprunté à La Volpe.</p>
<p style="text-align: justify">Comme Guardiola, d&rsquo;autres élèves de « l&rsquo;école lavolpista » sont devenus professeurs. C&rsquo;est le cas, au Mexique, de Ruben Omar Romano, Daniel Guzmán, José Guadalupe ou encore Miguel Herrera, actuel sélectionneur d&rsquo;une sélection du Mexique qui n&rsquo;avait jamais été aussi belle depuis le départ de La Volpe. En Europe, hormis le surdoué catalan, Marcelo Bielsa est l&rsquo;autre adepte reconnu. En bon extrémiste, il va même encore plus loin que son compatriote et aîné avec une défense à trois étirée, à laquelle s&rsquo;ajoutent des latéraux qui viennent dans le cœur du jeu comme des relayeurs.</p>
<p style="text-align: justify">Pablo Lavallen, toujours dans ce champ lexical scolaire, dit que « La Volpe est l&rsquo;université du football ». C&rsquo;est dans ce rôle qu&rsquo;il se plait. Il n&rsquo;a peut-être pas l&rsquo;armoire à trophée la plus fournie mais sa victoire réside dans celle de ses disciples. Quand Guardiola, Bielsa ou Herrera gagne, c&rsquo;est un peu La Volpe qui gagne. Peu de résultats et un palmarès quasi-vierge, mais des idées fortes et du romantisme. Non, Ricardo La Volpe n&rsquo;a rien d&rsquo;un usurpateur. Ce n&rsquo;est peut-être pas non plus un génie mais il est indéniablement un remarquable théoricien.</p>
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		<title>Dossier : Baggio l’ange maudit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2020 06:00:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Calcio A]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[baggio]]></category>
		<category><![CDATA[hl]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Italie, le pays du catholicisme. Troisième pays mondial avec le plus de Catholiques dans ses rangs, le premier européen. Roberto Baggio y est né en <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/03/19/dossier-baggio-lange-maudit/" title="Dossier : Baggio l’ange maudit">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>L’Italie, le pays du catholicisme. Troisième pays mondial avec le plus de Catholiques dans ses rangs, le premier européen. Roberto Baggio y est né en février 1967 dans une famille très croyante. S’il est venu au monde, c’était avant tout pour devenir un nouveau dieu de la mythologie romaine. Il s’est finalement retrouvé maudit. Un ange déchu, devenu roi de province alors qu’il était destiné à régner dans les plus grandes chapelles transalpines.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Baggio, Dieu du football&#8230;</h2>
<p style="text-align: justify">Baggio avait tout pour rentrer au Panthéon du football  – s’il n’y figure pas déjà – au même titre que Pelé, Maradona ou Cruyff. Très technique et rapide, il faisait gagner ses équipes à lui tout seul, le <em>fuoriclasse</em> par excellence. Ronaldo a dit de lui qu’ « il est fantastique. J’ai déjà joué avec beaucoup de grands joueurs mais aucun n’était comme lui. Si intelligent, si bon, si fort ». Comme R9, tous ou presque sont tombés sous le charme de Robigol après l’avoir côtoyé, affronté ou admiré.</p>
<p style="text-align: justify">L’écrivain Ray Bradburry disait que «l’intellect est un grand danger pour la créativité [&#8230;] Il ne faut jamais réfléchir à la machine à écrire, il faut ressentir». <em>El Divin Codino</em> (le divin à queue de cheval, surnom et nouvelle comparaison divine) mettait parfaitement cela à exécution sur le terrain vert. Il ne réfléchissait pas, il sentait. Du simple mauvais placement adverse jusqu’à l’appel d’un coéquipier pourtant dans son dos, Baggio voyait tout. Une sensation de facilité illustrée lors de son but face à la Tchécoslovaquie en 1990 où il passa en revue tout la défense adverse en partant du milieu de terrain.</p>
<p style="text-align: justify">Durant vingt-deux ans de carrière, il fut adulé partout où il allait. En 1990, il emmène la Fiorentina en finale de la Coupe UEFA face à la Juve. Les Turinois s’imposent et officialisent le lendemain l’arrivée de Baggio qui n’en revient pas d’être vendu pour des raisons économiques. Les tifosi manifestèrent durant plusieurs jours en demandant la tête du président de La Viola et le retour du prodige. Ses buts, ses passes et ses dribbles élégants les avaient rendus fous. Ils firent de même à Turin, à Milan (AC puis Inter), à Bologne et à Brescia. Durant cette carrière il remporta le Ballon d’Or 1993, deux championnats, une Coupe UEFA et une d’Italie.</p>
<h2 style="text-align: justify">&#8230; pourtant maudit</h2>
<p style="text-align: justify">À cela, il aurait pu ajouter le mondial 1994. En effet, il porte l’Italie, d’abord en huitième en marquant un but synonyme de prolongation face au Nigeria, puis en quart en mettant le but victorieux contre l’Espagne et enfin en finale en inscrivant un doublé contre la Bulgarie. Seulement, une image ressort de cette compétition et a mal vieilli avec le temps. Celle de Baggio, seul, mains sur les hanches, baissant la tête. Il vient alors de manquer le tir au but décisif lors de la finale face au Brésil. Le premier et le dernier de sa carrière.</p>
<p style="text-align: justify">Ce tir au dessus de la transversale du stade californien Rose Bowl restera tragiquement comme le moment marquant de son histoire footballistique. Néanmoins, il est nécessaire de noter que comme beaucoup de matchs dans sa vie, il a joué cette finale blessé. En effet, Baggio était très fragile. Il a connu six opérations au genou qui l’empêchaient carrément parfois de marcher après l’entraînement. Dès ses 18 ans, une blessure au ménisque et aux ligaments croisés de sa jambe droite lui a valu 220 points de sutures !</p>
<p style="text-align: justify">Si le journaliste italien Paolo Levi voit ça d’un point de vue optimiste : « les injections de ce genou brinquebalant dessineront sa légendaire élégance sur le terrain », ce n’est pas le cas du principal intéressé. Baggio s’est souvent plaint d’avoir commencé sa carrière trop tôt. « Ma carrière a toujours été conditionnée par les blessures. On m’a forcé à mener une carrière trop précoce, ce qui m’occasionne des problèmes difficiles à combattre à mon âge », dit le virtuose qui commença à seulement 15 ans au niveau professionnel !</p>
<h2 style="text-align: justify">Une relation complexe à l’Olympe</h2>
<p style="text-align: justify">La villégiature des dieux cache bien des choses en son sommet. L’Italie est semblable au jardin des divinités grecques. Seul changement : pas de Zeus ou de Poséidon mais les numéros 10 du football. En plus de Baggio, on peut nommer pêle-mêle Mazzola (père et fils), Rivera, Zola ou Totti, auxquels on peut ajouter Platini, Maradona ou Zico venus poser leurs valises sur la Botte. Baggio était comme eux, une idole, un apôtre, un prophète. Mais était aussi un ermite qui pensait n’avoir besoin de personne pour réussir. Un numéro 10 donc.</p>
<p style="text-align: justify">L’Italie semble être le Jardin d’Eden de cette frange de joueurs aussi fantasques que justes. Néanmoins, ce n’est pas vraiment le cas de l’Italie des années 90 où l’on voue le culte tactique et physique. Marcelo Lippi le trouvait trop frêle et trop libre. Sacchi, comme plus tard <a href="https://www.demivolee.com/2019/08/02/dossier-le-sapin-de-noel-de-carlo-ancelotti/">Ancelotti</a>, ne le voyait pas rayonner sous <a href="https://www.demivolee.com/2019/12/30/dossier-sacchi-et-la-revolution-defensive/">son schéma</a>. Rien de plus logique, Robi n’était pas un joueur de système ou de pressing, il était un numéro 10. Sa relation avec les autres membres de l’Olympe, les tacticiens, fut mouvementée tout au long de sa carrière.</p>
<p style="text-align: justify">Il a toujours déclaré que « le football moderne est de plus en plus dominé par les entraîneurs et leur narcissisme de se mettre au dessus de l’équipe et de leurs joueurs ». Une pique à Sacchi qui se transforma en affrontement lorsque ce dernier le remplaça la vingtième minute du premier match du mondial car le gardien italien s’était fait expulsé. Il trouve que les entraîneurs se sont distancés du talent des meneurs de jeu, lui qui ne voulait jouer qu’à ce poste. L’Odysée de Baggio fut tragique mais charmante. Heureux qui comme un 10 a fait un beau voyage.</p>
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		<title>Dossier : Hongrie, le rêve envolé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2020 06:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[Equipes nationales]]></category>
		<category><![CDATA[hl]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un rêve qui est presque devenu réalité. Nous sommes le 23 octobre 1956, les chars soviétiques rentrent dans Budapest et répriment la Hongrie en même <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/02/12/dossier-hongrie-le-reve-envole/" title="Dossier : Hongrie, le rêve envolé">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Un rêve qui est presque devenu réalité. Nous sommes le 23 octobre 1956, les chars soviétiques rentrent dans Budapest et répriment la Hongrie en même temps qu&rsquo;ils mettent fin à la meilleure équipe de l&rsquo;Histoire (<a href="https://hungarytoday.hu/hungarian-golden-team-best-ever-bbc-88006/">selon une étude de la BBC</a>). L&rsquo;âge d&rsquo;or de cette équipe parait bien loin tant le chaos règne au pays. Pourtant, quatre ans auparavant, elle remporte les Jeux Olympiques à Helsinki face à la Yougoslavie dans une affiche qui s&rsquo;apparentait plus à la politique qu&rsquo;au sportif. Une victoire qui prouve la puissance de l&rsquo;<em>Aranycsapat</em> (« onze d&rsquo;or » en hongrois) qui n&rsquo;a plus perdu depuis 1950. Ils garderont cette invincibilité jusqu&rsquo;au mondial 1954, soit trente et une rencontres sans défaite ! C&rsquo;est donc logiquement en grands favoris que les hommes de Gustáv Sebes arrivent au mondial Suisse.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Le match du siècle</h2>
<p style="text-align: justify">Avant d&rsquo;aller en Suisse, les Hongrois passent par Londres en novembre 1953 pour affronter l&rsquo;Angleterre. Les Three Lions jouent, comme toutes les équipes de l&rsquo;époque, <a href="https://www.demivolee.com/2019/06/27/dossier-la-finale-de-la-premiere-coupe-du-monde-ou-le-triomphe-de-la-tactique/">en WM</a>. Les cinq joueurs défensifs forment un W et les cinq de devant, eux, un M. Gustáv Sebes veut rompre avec la rigidité de ce schéma tactique et aborde ainsi les matchs avec un onze audacieux qui s&rsquo;apparente à un 3-2-5 et se transforme en 4-2-4. Le système du WM permettait aux équipes de se calquer les unes sur les autres pour savoir quel joueur marquer. La tactique hongroise sert à se démarquer du marquage individuel.</p>
<p style="text-align: justify">Face aux Anglais, Hidegkuti, en premier faux numéro 9, décroche tout le match et crée des trous béants dans la défense adverse. Johnston, le défenseur chargé de le marquer, ne sait pas où donner de la tête. La Hongrie gagne 6 à 3 et cette leçon tactique change ce sport à tout jamais. Stanley Matthews, acteur impuissant de la débâcle dira que « l&rsquo;histoire du football s&rsquo;est écrite devant [eux] ». La dimension idéologique est importante entre un régime communiste et un pays impérialiste. Le cinéaste Jean Luc Godard déclara même : « Est-ce que le communisme a existé ? Oui, pendant deux fois quarante cinq minutes, à Wembley, lorsque la Hongrie a battu l&rsquo;Angleterre ».</p>
<p style="text-align: justify">Avant le coup d&rsquo;envoi, Puskás, numéro 10 floqué sur sa tunique rouge, jongle nonchalamment dans le rond central comme pour montrer que rien ne faisait peur à ces Hongrois. C&rsquo;est avec cette confiance en eux qu&rsquo;ils abordent la Coupe du Monde 1954 et qu&rsquo;ils impressionnent au premier tour. Deux victoires en autant de rencontres (9-0 face à la Corée du Sud et 8-3 contre la RFA), dix-sept buts inscrits, onze de Kocsis et Puskás. Seul point noir, ce dernier sort blessé face à l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Ouest et sera forfait pour le quart et la demi. Cela permettra à Hidegkuti de prendre la lumière, pour une fois, car il brillera lors des deux matchs respectivement face au Brésil et à l&rsquo;Uruguay.</p>
<p style="text-align: justify">Le quart de finale se dispute donc face aux Auriverdes qui jouent en WM et se reposent sur un jeu individuel. En attente d&rsquo;exploits, les brésiliens ne se comportent pas en équipe comme leurs adversaires. Le match est âpre, la Hongrie est chahutée tant le Brésil joue dur. Ce qu&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui la « bataille de Berne » se finit avec dix Hongrois, neuf Brésiliens et des bagarres jusque dans les vestiaires. Joueurs, staffs, supporters, journalistes et photographes y participent avant que la police n&rsquo;intervienne. Bilan : quarante-deux fautes, deux penaltys sifflés et cinq blessés dont Gustav Sebés lui-même qui écope de quatre points de suture au visage.</p>
<h2 style="text-align: justify">Hongrie-RFA, la fin du rêve</h2>
<p style="text-align: justify">Un match physique mais remporté par les romantiques hongrois (4-2). Fatigués de ce quart de finale, ils doivent tout de même encore se défaire de l&rsquo;Uruguay. La Céleste, championne du monde en titre, est encore meilleure que le Brésil et, encore une fois, la Hongrie peine à trouver son rythme. Contrairement au Brésil, l&rsquo;Uruguay joue le même football que la Hongrie. Ce qui rend le match bien plus agréable à regarder que celui du tour précédent. À la fin du temps réglementaire, le score est de deux buts partout. Les deux pays doivent retenir leur souffle trente minutes de plus et ce sont les Magyars qui pourront relâcher la pression après les deux coups de boule de « Casque d&rsquo;or ». En effet, Sándor Kocsis s&rsquo;envole par deux fois dans le ciel suisse et envoie son pays en finale afin de retrouver l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Ouest.</p>
<p style="text-align: justify">Ferenc Puskás, blessé lors des deux matchs précédents, joue la finale sur une jambe. En plus de cela, l&rsquo;<em>Aranycsapat </em>arrive fatigué face à la RFA. La faute, sûrement, à Gustav Sebés qui n&rsquo;a quasiment pas changé son onze titulaire durant la compétition. En parallèle, Sepp Herberger, le tacticien allemand, a mieux géré son effectif, quitte à connaitre une débâcle au premier tour&#8230; face à la Hongrie. Le match commence toutefois idéalement pour ces derniers qui mènent très vite 2-0.</p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;était avant que le « miracle de Berne » ne débute. Une pluie violente s&rsquo;abat sur la capitale helvète, les Hongrois touchent plusieurs fois les montants et se font bousculer par les allemands qui recherchent les duels. Morlock et Rahn, par deux fois, marquent et font plier les invincibles Magyars. Puskás se verra refuser un but en fin de match pour un hors-jeu – dont même la VAR ne saurait prendre la bonne décision –, signe que rien n&rsquo;allait dans leur sens dans cette finale. Une défaite jugée injuste, encore aujourd&rsquo;hui, suite aux soupçons d&rsquo;injections d&rsquo;amphétamine des joueurs de la RFA. Gustáv Sebes voulait une victoire du jeu sur le physique. En plein contexte de Guerre froide, c&rsquo;est en tout cas la victoire symbolique du Bloc de l&rsquo;Ouest sur celui de l&rsquo;Est.</p>
<h2 style="text-align: justify">Répression en Hongrie, le rêve éclate</h2>
<p style="text-align: justify">Après le mondial, le régime soviétique prend ses distances avec les hommes de Sebes. Tandis que Grosics est interdit de sélection durant deux ans pour ses convictions catholiques et anticommunistes. De plus, d&rsquo;autres joueurs comme Hidegkuti ou Czibor étaient également sceptiques à l&rsquo;idéologie communiste. L&rsquo;équipe enchaînera tout de même dix-huit matchs sans défaite, sans la même envie, jusqu&rsquo;au 23 octobre 1956, lorsque les chars soviétiques mettent définitivement fin à l&rsquo;<em>Aranycsapat.</em> La Hongrie était un pays communiste qui n&rsquo;avait pas vocation à l&rsquo;être. Le « onze d&rsquo;or » était une équipe d&rsquo;artistes sous la tutelle d&rsquo;un régime autoritaire.</p>
<p style="text-align: justify">Le sociologue, Miklós Hadas, dit d&rsquo;ailleurs que « le succès de cette équipe résulta d&rsquo;un subtil mélange de discipline et de créativité, très typique d&rsquo;une société stalinienne totalitaire mais où les individus, entraîneur en tête, conspirent de manière surréaliste afin d&rsquo;affirmer leur liberté ». Au pays, deux ans après le mondial, la population s&rsquo;est également battue pour cette liberté. Des manifestations d&rsquo;abord menées par les étudiants et intellectuels avant qu&rsquo;une grande partie du peuple n&rsquo;y prenne part comme en témoigne l&rsquo;affluence de 200 000 personnes devant l&rsquo;esplanade du Parlement. Cette foule, le 23 octobre, ira démolir une gigantesque statue de Staline avant d&rsquo;aller à la Radio Hongroise afin de faire lire les seize mesures politiques et économiques souhaitées.</p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est lors de cette intrusion que les chars déployés sur place ont fait feu. Le lendemain, Khrouchtchev donne l&rsquo;ordre d&rsquo;entrer dans Budapest et de commencer le conflit armé. Une lutte entre la milice soviétique et les manifestants hongrois qui se poursuivra, officiellement, jusqu&rsquo;au 10 novembre. Elle fera 2 652 morts du côté de la résistance, 720 du côté soviétique. La répression mettra fin à cette résistance mais cet événement est marquant puisque c&rsquo;est la première fois qu&rsquo;un pays du bloc de l&rsquo;Est manifeste contre l&rsquo;URSS jusqu&rsquo;à ce que celle-ci intervienne militairement. Gustáv Sebes dit à propos de cela que « si la Hongrie avait gagné la Coupe du Monde, il n&rsquo;y aurait pas eu de contre-révolution, mais une foi durable dans le développement du socialisme dans ce pays ».</p>
<p style="text-align: justify">L&rsquo;équipe se voit divisée puisque la plupart des joueurs passent à l&rsquo;Ouest, Puskás à Madrid et Kocsis à Barcelone notamment. Une dernière lutte face au régime car les joueurs de cette génération dorée hongroise était plus que d&rsquo;excellents footballeurs, ils étaient le symbole de l&rsquo;unique espoir hongrois. Ce pays d&rsquo;artistes sous la domination de son impitoyable grand frère qui était bien moins romantique, sur comme en dehors du rectangle vert. Malheureusement pour eux, ce rêve s&rsquo;envola, d&rsquo;abord à Berne, puis à Budapest.</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Dossier : Trezeguet est-il vraiment français ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2020 06:00:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[Les Bleus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Monaco, Juventus, Alicante, Baniyas, River Plate, Newell&#8217;s et enfin Pune. Telle est la carrière tumultueuse de David Trezeguet. Si on omet les clubs exotiques, Trezegol <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/01/22/dossier-trezeguet-est-il-vraiment-francais/" title="Dossier : Trezeguet est-il vraiment français ?">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Monaco, Juventus, Alicante, Baniyas, River Plate, Newell&rsquo;s et enfin Pune. Telle est la carrière tumultueuse de David Trezeguet. Si on omet les clubs exotiques, Trezegol n&rsquo;a connu que trois pays, la France, son pays natal et celui de ses parents, l&rsquo;Argentine, et l&rsquo;Italie, sa nation adoptive footballistiquement. Si, pour lui, « le maillot bleu est un choix de carrière », il y a un goût d&rsquo;inachevé dans notre pays. En effet, il n&rsquo;a rien de français. Il aimait le foot comme un Argentin tandis qu&rsquo;il y jouait comme un Italien.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Le jeu italien</h2>
<p style="text-align: justify">David Trezeguet, le joueur de surface qui ne pense qu&rsquo;au but par excellence. « La surface de réparation va devenir [son] monde, [sa] maison » se disait-il, petit. Un pur numéro 9 a une époque où il y en avait peu et où l&rsquo;on en recherchait peu. Un joueur anachronique qui sert d&rsquo;allégorie au football lent remplacé, aujourd&rsquo;hui, par la vitesse et le physique. En plus de ne pas être très rapide, il ne courait pas beaucoup, si ce n&rsquo;est pour célébrer ses buts…</p>
<p style="text-align: justify">Sur son style de jeu, Zinedine Zidane, coéquipier de Trezeguet en équipe de France et à la Juve, peut nous en dire plus. « En général, le défenseur anticipe mieux que l&rsquo;attaquant. Mais lui avait toujours une demi-seconde  d&rsquo;avance sur son défenseur ». Un joueur simple très intelligent dans ses appels et placements qui aurait pu naître en Italie tant son jeu correspond à l&rsquo;identité transalpine. Sur les terres de Toto Schillaci, Paolo Rossi et bien d&rsquo;autres, David est devenu roi.</p>
<p style="text-align: justify">S&rsquo;il ne parle que très peu, Trezeguet s&rsquo;exprimait avec le ballon. L&rsquo;Italie l&rsquo;a très vite et bien compris. La Vieille Dame également puisqu&rsquo;il porta le maillot de la Juventus Turin durant dix ans.  Il est, aujourd&rsquo;hui encore, le meilleur buteur étranger de l&rsquo;histoire des <em>bianconeri</em>. Plus qu&rsquo;un excellent buteur, c&rsquo;est en véritable légende qu&rsquo;il est érigé en Italie. Claudio Ranieri dit de lui : « je la fais gagner car c&rsquo;est un gars qui marque tout le temps » tandis que Marcelo Lippi le considère comme un « animal du but ».</p>
<p style="text-align: justify">Son aventure turinoise est couronnée de succès et de buts, mais ce qui restera sûrement comme le symbole de son passage italien, de sa carrière voire de sa vie, c&rsquo;est le fait qu&rsquo;il soit resté au club lorsque celui-ci fut relégué en Serie B. Bien aidé par ses légendes comme Trezeguet, Del Piero ou encore Buffon, la Juve remonte, grandie, un an plus tard.</p>
<h2 style="text-align: justify">Le cœur argentin</h2>
<p style="text-align: justify">Si David Trezeguet est le plus italien des français, c&rsquo;est également le plus argentin de l&rsquo;Hexagone. Né à Rouen, où son père Jorge jouait, il part cependant à l&rsquo;âge de deux ans en Argentine. Là-bas, il y apprend le foot, et de quelle manière ! Dès son plus jeune âge, David comprit ses points faibles, en particulier son manque de vitesse. Il compense alors cela par sa science du placement et son sens du but au dessus de la moyenne. Un joueur simple, qui n&rsquo;a besoin que d&rsquo;une unique occasion pour marquer, comme seule l&rsquo;Argentine sait en produire. Une humilité également argentine puisque, malgré son talent, il préfère l&rsquo;ombre à la lumière. Celui qui est surnommé le Roi David dit d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il « ne veut être le Roi de rien du tout ».</p>
<p style="text-align: justify">Son enfance, Trezegol la passe dans <a href="https://www.demivolee.com/2019/08/23/dossier-largentine-ballon-sur-goudron/">les <em>potreros</em> de son <em>barrio</em></a> (les terrains vagues de son quartier) avec ses amis et un grand amour pour River Plate. Il dit qu&rsquo; « enfant, [il] voulait faire exploser le Monumental » et il y arrivera à 34 ans. En effet, après un passage pour raisons personnelles à Alicante et une pige exotique à Baniyas, il retrouve son club de cœur… en D2 argentine ! Comme à Alicante ou avec la Juve, il va de nouveau jouer en seconde division. Une preuve de plus de sa simplicité.</p>
<p style="text-align: justify">Avec River, Trezeguet brilla, marqua et fit remonter le club en A. Lorsque nous disions précédemment qu&rsquo;il ne courait que pour célébrer ses buts, il en faisait encore plus à Buenos Aires en se frappant le cœur pour montrer son amour aux <em>Millonarios</em>. Florent Torchut, auteur de la biographie sur le buteur, raconte une anecdote : « Avant chaque match, David se regardait dans le miroir avec ce maillot à la bande rouge sur le torse en n&rsquo;en revenait pas ». Un amour de River qui symbolise son amour pour le football.</p>
<h2 style="text-align: justify">Le désamour français</h2>
<p style="text-align: justify">On pourrait dire que la carrière de David Trezeguet en équipe de France a commencé le 3 juillet 1998 et s&rsquo;est terminée le 2 juillet 2000. Le quart de finale du mondial français face à l&rsquo;Italie puis la finale de l&rsquo;Euro belgo-hollandais contre l&rsquo;Italie, encore ! Lors du premier match, il prend ses responsabilités en tirant et en transformant son tir au but dans une séance insoutenable. La seconde rencontre est l&rsquo;une des plus emblématique de l&rsquo;histoire de l&rsquo;équipe de France et <em>Trezegol</em> marqua le but le plus important de sa carrière.</p>
<p style="text-align: justify">Un débordement de Robert Pirès, un appel contre appel de Trezeguet, un centre, une volée et une course torse nu, le but en or est marqué, la France et David sont champions d&rsquo;Europe après avoir été rois du monde ensemble. Malgré ses prouesses face au but, il est cantonné à un rôle de remplaçant de luxe sous le maillot bleu floqué du numéro vingt. Peu de temps de jeu mais un temps bien utilisé car il est, à ce jour, le quatrième buteur le plus prolifique de l&rsquo;histoire de l&rsquo;équipe de France.</p>
<p style="text-align: justify">Bien sûr, sa carrière bleue ne s&rsquo;est pas arrêtée un soir d&rsquo;été à Rotterdam mais elle a été ensuite plus complexe. L&rsquo;art français de compliquer ce qui parait simple. Le tournant est l&rsquo;arrivée de Raymond Domenech en tant que sélectionneur en 2004 et le point de rupture est la Coupe du Monde 2006. Un tournoi qu&rsquo;il traversa comme un fantôme avant de louper un tir au but crucial en finale face à&#8230; l&rsquo;Italie. Malgré les réclamations de Zidane, Henry et consorts, Trezeguet n&rsquo;a le droit qu&rsquo;à 91 minutes de jeu, ce qui lui fera dire : »Ce fût un mondial négatif du début à la fin pour moi. Je n&rsquo;ai jamais senti de confiance à mon égard et cela s&rsquo;est vu sur le terrain. Mais je n&rsquo;ai rien à me reprocher, j&rsquo;ai toujours donné le maximum pour l&rsquo;Equipe de France ».</p>
<p style="text-align: justify">Il faut dire que déjà que Domenech ne le portait pas dans son cœur, Trezeguet a eu la bonne idée de vouloir lui donner une leçon tactique en direct à la télé juste avant le tournoi. En effet, le buteur français, face à un tableau et feutre en main s&rsquo;exprime : « Seules trois ou quatre équipes ont la possibilité d&rsquo;aligner autant d&rsquo;attaquants que nous. Pourtant, on préfère d&rsquo;abord mettre l&rsquo;équipe bien en place en défense et voir comment ça va évoluer. Moi, je pense qu&rsquo;on a les qualités pour faire mieux ».</p>
<p style="text-align: justify">Plus tard, Domenech ne l&rsquo;appellera ni pour l&rsquo;Euro, ni pour la Coupe du Monde. Même s&rsquo;il dit : « J&rsquo;aurais voulu aider. J&rsquo;aurais voulu finir mon histoire avec les bleus d&rsquo;une autre manière »; le cœur n&rsquo;y était plus et on sait que pour lui plus que pour quiconque le cœur a un rôle primordial. Le Roi David était un autodidacte, il ne se souciait pas du jeu de ses équipes, il ne pensait qu&rsquo;au but. Alors que l&rsquo;Italie le considère comme une légende, la France lui a tourné le dos donc l&rsquo;Argentine lui a ouvert les bras.</p>
<blockquote><p>« Après mon penalty raté, Maradona est venu me réconforter […] alors que Domenech n&rsquo;est pas venu m&rsquo;adresser un mot ».</p></blockquote>
<p style="text-align: justify">Mais comme à la Juve où il quitte le club dans une période compliquée, et en équipe de France où il n&rsquo;a pas eu la sortie qu&rsquo;il méritait, sa fin avec River fut contrastée. Fernando Cavenaghi, vexé de l&rsquo;influence de Trezeguet supérieure à la sienne dans la remontée du club, agit en interne pour l&rsquo;écarter. Mission réussie, David part en prêt à Newell&rsquo;s, mais David part heureux après avoir fait exploser le Monumental.</p>
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		<title>Dossier : Sacchi et la révolution défensive</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2019 06:00:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Calcio A]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[hl]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsqu&#8217;en 1987 Silvio Berlusconi nomme Arrigo Sacchi à la tête de l&#8217;AC Milan, c&#8217;est l&#8217;incompréhension chez les supporters Rossoneri. En effet, lors de l&#8217;arrivée de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2019/12/30/dossier-sacchi-et-la-revolution-defensive/" title="Dossier : Sacchi et la révolution défensive">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Lorsqu&rsquo;en 1987 Silvio Berlusconi nomme Arrigo Sacchi à la tête de l&rsquo;AC Milan, c&rsquo;est l&rsquo;incompréhension chez les supporters </b><em style="font-weight: bold">Rossoneri</em><b>. En effet, lors de l&rsquo;arrivée de l&rsquo;homme politique un an plus tôt, il leur promet de remettre le club sur le devant de la scène. Or, Sacchi n&rsquo;est alors qu&rsquo;un jeune entraîneur avec pour seule expérience deux petites années sur le banc de Parme et est loin d&rsquo;être celui que l&rsquo;on surnommera plus tard le « mage de Fusignano ». Durant quatre ans, Sacchi donna raison à son président, remettant le Milan en haut de l&rsquo;affiche mais surtout en révolutionnant le football. Retour sur son expérience milanaise et sur la révolution qu&rsquo;il a mené au cœur du pays du </b><em style="font-weight: bold">Catenaccio</em><b>.</b></p>
<h2>Sacchi ou l&rsquo;art de se démarquer</h2>
<p>On ne vous apprendra rien en écrivant que Silvio Berlusconi avait la volonté de toujours se démarquer des autres. Arrigo Sacchi est également de cette trempe et le prouve lorsqu&rsquo;il dit, en 1990, que « l&rsquo;Italie a une culture défensive […] Je sais déjà que personne n&rsquo;oubliera Milan. Dans dix, vingt ou trente ans, on se souviendra de cette équipe qui jouait dans l&rsquo;esprit. C&rsquo;est un style conquérant, offensif que l&rsquo;on gardera en mémoire ». Berlusconi et lui arrivent dans un club qui n&rsquo;a ni gagné de compétition européenne depuis 1973 ni de Serie A depuis 1979. Et, ensemble, ils vont glaner huit titres en quatre ans.</p>
<p>En plus de ces huit trophées (un <em>Scudetto</em> et deux Coupes des clubs champions notamment), c&rsquo;est le jeu qui fait du Milan de Sacchi l&rsquo;une des meilleures équipes de l&rsquo;Histoire. Lorsqu&rsquo;il arrive sur le banc lombard, l&rsquo;équipe est imprégnée de la tradition italienne. C&rsquo;est-à-dire avec le marquage individuel mais aussi avec la défense à trois et l&rsquo;importance du libéro. Sacchi décide de passer à quatre derrière, instaure la défense en zone et met donc fin au poste de libéro, qui ne peut exister que par le biais d&rsquo;un marquage individuel.</p>
<h2>1989, l&rsquo;année parfaite</h2>
<p>Sacchi connait des débuts compliqués. Ancelotti, qui était à ce moment joueur milanais, explique à ce propos que « les six premiers mois ont été difficiles car il voulait transmettre des idées auxquelles nous n&rsquo;étions pas habituées ». Mais peu après, le Milan remporte le <em>Scudetto</em> en 1988. Néanmoins, c&rsquo;est l&rsquo;année suivante que la méthode Sacchi porte ses fruits sur la scène européenne. En effet, en 1989, l&rsquo;équipe remporte sa première C1 depuis vingt ans et illumine l&rsquo;Europe entière par son jeu. Un mélange italien et néerlandais qui sait tout faire autant au sol que dans les airs.</p>
<p>La double confrontation face au Real Madrid en demi-finale (1-1 au Bernabéu, 5-0 à San Siro) impressionne l&rsquo;Europe et prouve à l&rsquo;Italie qu&rsquo;il est possible de gagner avec une défense en zone. Le pressing milanais est suffoquant et le Real n&rsquo;arrive pas à s&rsquo;en défaire. Quel que soit le score, lorsque le ballon est dans les pieds adverses, l&rsquo;équipe de Sacchi doit le récupérer. L&rsquo;exemple le plus flagrant est la pression mise par Ancelotti et Rijkaard lors de la remise en jeu du cinquième but milanais au match retour.</p>
<p>En 1990, Milan remporte pour la deuxième fois consécutive la Coupe d&rsquo;Europe des clubs champions. Seulement, le succès est moins joli. Il y a des matchs fermés, d&rsquo;autres moins maîtrisés que l&rsquo;année précédente. C&rsquo;est notamment le cas de la demi et de la finale, respectivement face au Bayern (2-2 qualification grâce au but à l&rsquo;extérieur) et face à Benfica (1-0). De plus, quelques animosités se font ressentir dans un vestiaire usé par les strictes méthodes de Sacchi. Van Basten dit d&rsquo;ailleurs que « c&rsquo;était dur d&rsquo;évoluer sous ses ordres car c&rsquo;était un perfectionniste qui demandait qu&rsquo;on donne tout à chaque entraînements ». Des séances qui sont passées de quatre par semaine à deux par jour lors de l&rsquo;arrivée de Sacchi.</p>
<h2>Sacchi se repose sur ses lieutenants</h2>
<p>Arrigo Sacchi est l&rsquo;homme d&rsquo;un système, le 4-4-2. Malgré cette base fixe, Milan est capable de s&rsquo;adapter à n&rsquo;importe quelle situation. « Notre système, c&rsquo;est le mouvement, pas le 4-4-2. Quand on attaquait, c&rsquo;était en 4-1-5, un 3-1-6. Quand on défendait, on était en 5-4-1 ou en 5-3-2 », explique le coach italien. Pour réaliser ces changements en cours de match, il fallait s&rsquo;appuyer sur des joueurs qui les assimilent. Or, on sait que dans le choix des joueurs, il a toujours privilégié l&rsquo;intellect au talent. Le « Grand Milan » est un savant mélange d&rsquo;intelligence tactique et de talent pur avec Franco Baresi, Carlo Ancelotti, Frank Rijkaard, Roberto Donadoni, Ruud Gullit et Marco Van Basten.</p>
<p>Baresi est le véritable leader de la défense. Son adaptation dans son nouveau rôle de central est notable puisqu&rsquo;il était auparavant libéro. Ancelotti est, lui, la tête pensante du milieu en parfait complément de Rijkaard. Ce dernier, justement, est un travailleur de l&rsquo;ombre qui équilibre l&rsquo;équipe par son talent de récupération. Devant lui, Donadoni est doué d&rsquo;une grande technique qu&rsquo;il allie à une science du jeu impressionnante. Enfin, les deux de devant sont indissociables tant leur complémentarité est aussi grande que leur talent.</p>
<p>Dans son 4-4-2, il y a une réelle importance des joueurs et de leur imagination mais toujours en rapport avec le schéma initial. Maldini et Tassoti peuvent faire ce qui les inspirent sur leur aile respective à condition qu&rsquo;ils restent sur cette partie du champ de jeu. Sacchi ne limite pas l&rsquo;imagination mais évite seulement l&rsquo;anarchie.</p>
<h2>La révolution du marquage</h2>
<p>En 1988, Milan remporte le<em> Scudetto</em> grâce notamment à une victoire (2-3) face au Naples de Maradona et Bianchi. Cette victoire est emblématique puisque Sacchi fait de l&rsquo;équipe napolitaine le symbole de ce qu&rsquo;il combat. Ottavio Bianchi utilise le marquage individuel et compte beaucoup sur l&rsquo;unique talent de Maradona en phase offensive. Le loquace coach milanais déclare que « c&rsquo;était l&rsquo;opposition de deux styles. D&rsquo;un côté, l&rsquo;improvisation, le brouillon autour d&rsquo;une individualité, et de l&rsquo;autre une équipe ». Ce soir là, Sacchi se détache complètement du marquage individuel. En effet, il décide de ne pas mettre de joueur précis au marquage de Diego Maradona. Car ne pas le faire pour un tel phénomène prouve qu&rsquo;il ne le ferait pour aucun autre joueur.</p>
<p>Durant les quatre années passées à la tête du « Grand Milan », Sacchi mena la plus grande révolution défensive de l&rsquo;histoire du football. Dans une Italie marquée par le <em>Catenacio</em>, il décida d&rsquo;y instaurer un marquage en zone. Cette méthode défensive, admettant que chaque joueur a une zone à couvrir et non pas un joueur spécifique à marquer, divisa grandement les amateurs de football -italiens ou non- à la fin du vingtième siècle.</p>
<h2>Protagoniste du jeu en défendant</h2>
<p>Le Milan d&rsquo;Arrigo Sacchi est l&rsquo;une des seules équipes que l&rsquo;on qualifie d&rsquo;offensive d&rsquo;abord pour sa manière de défendre. Grâce à son animation globale, il prouve qu&rsquo;il est possible d&rsquo;attaquer même sans le ballon. En effet, le bloc positionné très haut permet soit de jouer le piège du hors jeu, soit de récupérer le ballon grâce au pressing. L&rsquo;alignement défensif est fondamental car le hors-jeu passif, encore sifflé à cette époque, permet une récupération rapide et haute. À l&rsquo;aide des principes défensifs de Sacchi, le pressing du Milan est plus organisé et plus équilibré que celui de l&rsquo;Ajax des années 70, qui était un modèle du genre.</p>
<p>Le piège du hors-jeu théorisé par Sacchi demande une parfaite coordination des joueurs. Une chose complexe qui parait pourtant simple lorsque l&rsquo;on regarde leurs actions. Le bloc remonte tel un seul homme dès que Baresi en a donné l&rsquo;ordre. Le porteur adverse se retrouve soudain avec six milanais autour de lui et avec comme seules solutions, la passe en retrait &#8211; presque impossible tant la densité est grande dans sa zone &#8211; ou la passe à un joueur devenu hors-jeu. En plus de cette malice défensive, le bloc rouge et noir a pour objectif d&rsquo;être toujours lié et de se déplacer constamment ensemble. Cela rend la tâche offensive adverse encore plus compliquée.</p>
<p>Grâce à cela, les lignes sont extrêmement resserrées, ce qui permet un pressing encore plus efficace. Un pressing qui réduit au maximum le temps et l&rsquo;espace à l&rsquo;adversaire. Un pressing asphyxiant qui permet d&rsquo;être toujours en supériorité numérique dans la moitié de terrain adverse. Le Milan de Sacchi n&rsquo;a donc pas le ballon mais il est tout de même protagoniste du jeu. C&rsquo;est avec cette philosophie qu&rsquo;il remporta deux Coupes des Clubs champions consécutives et qu&rsquo;il mènera la plus grande révolution défensive de l&rsquo;histoire du football.</p>
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		<title>Dossier : « El Clásico », histoire d&#8217;une rivalité historique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2019 06:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
		<category><![CDATA[Liga]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que vous soyez blaugrana, madridista ou simplement amoureux de ballon rond, vous ne louperez sous aucun prétexte le Clasico entre le Barça et le Real <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2019/12/18/dossier-el-clasico-histoire-dune-rivalite-historique/" title="Dossier : « El Clásico », histoire d&#8217;une rivalité historique">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Que vous soyez blaugrana, madridista ou simplement amoureux de ballon rond, vous ne louperez sous aucun prétexte le Clasico entre le Barça et le Real ce mercredi 18 décembre. Cette rencontre avait initialement lieu plus d&rsquo;un mois plus tôt mais fût reportée suite aux manifestations qui se déroulaient en Catalogne. Avec la situation catalane actuelle, nous pouvons faire le parallèle avec l&rsquo;affiche sportive dont la rivalité dépasse ce cadre. Entre histoire, politique et sport, voici en quoi la rivalité entre le Real Madrid et le FC Barcelone est unique.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Guerre Civile espagnole, début d&rsquo;une rivalité</h2>
<p style="text-align: justify">Remontons au 13 mai 1902 où se déroule le premier Clasico de l&rsquo;histoire dans le cadre de la <em>Copa de la Coronación</em> (aujourd&rsquo;hui appelée la <em>Copa del Rey</em>). D&rsquo;un côté, le FC Barcelone, fondé en novembre 1899, par Joan Gamper,en pleine période de résurgence de l&rsquo;identité catalane. De l&rsquo;autre, le Madrid Football Club, fondé deux mois avant le match par Joan Padrós, catalan d&rsquo;origine. Après ce match remporté par l&rsquo;équipe barcelonaise (3-1), rien ne présageait que plus d&rsquo;un siècle plus tard les rencontres entre le Real et le Barça seraient les plus suivies dans le monde et qu&rsquo;elles seraient les représentations d&rsquo;une Espagne divisée.</p>
<p style="text-align: justify">Cette scission débutera dès 1936 avec le commencement d&rsquo;une effroyable guerre civile. Elle oppose les Républicains, dont fait partie l&rsquo;ERC, la généralité de la Catalogne, aux nationalistes emmenés par Francisco Franco. Durant la Guerre, en 1936, José Suñol, le président du FC Barcelone est fusillé par les troupes franquistes, deux ans avant que les infrastructures du clubs catalans soient entièrement détruite par des bombardements. Les conflits font rage jusqu&rsquo;en 1939 et la prise de pouvoir de Franco à la tête du pays.</p>
<p style="text-align: justify">À partir du 1er avril 1939, le dictateur fera de la Catalogne son bouc émissaire à cause de son envie d&rsquo;indépendance. Alex Susanna, le directeur de l&rsquo;Institut culturel catalan Ramon Llull, dit d&rsquo;ailleurs : « Le régime de Franco, parmi ses divers buts, en avait un très clair. Pratiquer un génocide linguistique et culturel vis à vis de la Catalogne ». Le dictateur veut un pays unifié et fort tandis que les catalans ne veulent pas en faire partie. Il empêche le multiculturalisme en interdisant la langue catalane et les drapeaux de cette région. Le Camp Nou devient alors un berceau de la résistance puisque l&rsquo;enceinte est le seul endroit où les supporters barcelonais peuvent chanter en catalan et arborer le drapeau rouge et jaune.</p>
<p style="text-align: justify">Il ne faut cependant pas croire que le FC Barcelone est le symbole de l&rsquo;identité catalane seulement depuis la Guerre Civile. En effet, nous avons vu que le club a été fondé durant une période clé dans l&rsquo;histoire catalane et est donc devenu par la suite le symbole de la résurgence. De même, en 1925, dix ans avant le début de la guerre, l&rsquo;hymne espagnol n&rsquo;est pas chanté au stade barcelonais, celui-ci sera fermé durant six mois et Gamper radié du club par le gouvernement espagnol. Mais il ne faut <span style="float: none;background-color: #ffffff;color: #333333;cursor: text;font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif;font-size: 16px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">également </span>pas penser que le Real Madrid est en adéquation avec l&rsquo;idéologie de Franco. Deux présidents du club, qui étaient des généraux républicains, ont été assassinés par les troupes franquistes par exemple. De même, le club a été dirigé par des communistes et des socialistes ce qui a failli mener Franco à le dissoudre par vengeance. C&rsquo;est en réalité le succès sportif qui pousse le dictateur à utiliser le football et le Real à des fins politiques. Le Clasico deviendra, pour lui, le moyen de montrer sa supériorité sur la Catalogne.</p>
<h2 style="text-align: justify">Di Stéfano, le transfert qui fait débat</h2>
<p style="text-align: justify">Ce succès sportif sera symbolisé par un seul homme, Alfredo Di Stéfano. Seulement, avant d&rsquo;être l&rsquo;un des plus grands joueurs de l&rsquo;histoire du Real, il fût l&rsquo;objet d&rsquo;une énorme polémique. En effet, en 1947, le Clasico et la rivalité entre les deux clubs se prolonge sur le marché des transferts où ils se disputent l&rsquo;achat de Di Stéfano. Le Barça négocie alors avec River Plate, le club argentin où évoluait le jeune joueur en devenir tandis que le Real est en pourparlers avec le club colombien du Millionarios à qui Di Stéfano appartient. Une opération de la fédération espagnole et de la délégation nationale des sports de <em>la Phalange</em> mis à mal l&rsquo;arrivée de l&rsquo;argentin à Barcelone. La dictature décida que le joueur évoluerait un an par équipe en commençant par le Real. Le Barça, trouvant cette situation injuste, tentera de vendre ses droits sur Di Stéfano sans qu&rsquo;il ne soit au courant. Ce dernier, mécontent, signe alors au Real pour l&rsquo;histoire enchantée que l&rsquo;on connait ponctuée par les cinq victoires en Coupe d&rsquo;Europe des clubs champions.</p>
<p style="text-align: justify">Le joueur symbolisant le succès sportif blaugrana arrive plus de vingt ans après en la personne de Johan Cruyff. Le hollandais volant, fort de trois Coupes d&rsquo;Europe des clubs champions consécutives avec l&rsquo;Ajax signe au Barça en 1974 et y restera jusqu&rsquo;en 1978. Si son palmarès est peu évoquant (une Liga et une <em>Copa del Rey</em>), Cruyff est, d&rsquo;abord en tant que joueur, puis, en tant qu&rsquo;entraineur, l&rsquo;une des personnes dont le nom vient à l&rsquo;esprit lorsqu&rsquo;on évoque le club catalan. D&rsquo;ailleurs, lors des huit années où il entrainera le Barça, de 1988 à 1996, son musée de trophée sera d&rsquo;avantage rempli avec onze de plus dont trois coupes d&rsquo;Europe (C1, C2 et Supercoupe d&rsquo;Europe). Malgré des succès sportifs, c&rsquo;est son aura sur la culture catalane qui fait de lui une icône de Barcelone et de la région.</p>
<p style="text-align: justify">Cruyff s&rsquo;intègre très vite à cette culture. Dès février 1974, il appelle son fils Jordi qui est un nom catalan donc interdit sous la dictature pour le prouver. Durant cette saison, le Barça étrille le Real 5-0 et remporte la Liga en plus de ce Clasico. L&rsquo;année suivante, en novembre 1975, le règne de Franco prend fin. Plus tard, grâce à son passage sur le banc barcelonais, on assimile désormais le beau jeu au club. Une grande liberté artistique qui renvoie à la résurgence de l&rsquo;identité catalane puisque l&rsquo;art, l&rsquo;imagination ou encore la poésie sont des éléments très forts de cette culture. Réaliser cela à travers le football n&rsquo;était pas chose aisée mais il n&rsquo;en suffisait pas plus pour combler les fans blaugranas qui le surnomme <em>El Salvador</em> (le sauveur). Durant son mandat, en 1992 et 1993, le Real perd deux fois le titre à la dernière journée en perdant face au Tenerife de Jorge Valdano, ancien joueur madrilène, le cédant au Barça cruyffiste.</p>
<h2 style="text-align: justify">Des tensions sportives</h2>
<p style="text-align: justify">« El Clásico » est un événement sportif majeur où s&rsquo;affrontent les deux meilleurs clubs de l&rsquo;histoire espagnole et deux très grands d&rsquo;Europe. Mais, plus qu&rsquo;un événement sportif, il est culturel. Lorsqu&rsquo;il se joue, le pays s&rsquo;arrête de vivre comme lors de<em> La Semana Santa</em> ou<em> El Gordo</em> (respectivement les festivités de Pâques et la loterie de Noël). Sid Lowe, l&rsquo;auteur du livre <em>Fear and loathing in la Liga</em>, en parle comme d&rsquo;un « événement rassembleur » avant d&rsquo;ajouter que « personne ne veut voir le Clasico disparaitre, même dans le cas d&rsquo;une indépendance de la Catalogne […] Personne à Barcelone ne veut renoncer à ce match même si cela contredit potentiellement ses opinions politiques ou sociales ». Florentino Perez, le président du Real, dit qu&rsquo;il « n&rsquo;envisage pas une Espagne sans Catalogne ni une Liga sans Barça ». Les deux clubs sont beaucoup plus forts grâce à cette rivalité qui les poussent toujours plus loin dans leurs quêtes respectives de succès.</p>
<p style="text-align: justify">Si nous avons parlé de Di Stéfano et Cruyff, nous pouvons rajouter à la liste, non-exhaustive, des joueurs ayant marqué le Clasico, Messi, Cristiano Ronaldo et bien d&rsquo;autres tel Ronaldinho. Ce dernier a été l&rsquo;un des rares barcelonais à avoir était ovationné au Santiago-Bernabéu, c&rsquo;était en novembre 2005 quand le fantasque brésilien a illuminé le stade par ses sucreries techniques et son toucher soyeux pour permettre aux siens de battre le rival (3-0). Une telle ovation pour un barcelonais n&rsquo;avait plus était vu depuis celle pour Diego Maradona vingt ans auparavant. Le Clasico est tout de même loin d&rsquo;être un match amical. Même les joueurs n&rsquo;ayant pas grandi dans cette rivalité en prennent vite conscience comme Samuel Eto&rsquo;o qui, après le titre remporté en 2005, s&rsquo;écria plusieurs fois devant le Camp Nou « Madrid connard, Salue le champion ! » alors qu&rsquo;il ne jouait au Barça que depuis un an.</p>
<p style="text-align: justify">Luis Figo aussi en a pris conscience lorsqu&rsquo;il a quitté le club blaugrana pour rejoindre les merengues en 2000. En effet, au moment de revenir au Camp Nou avec la tunique blanche, le portugais reçu un accueil plus qu&rsquo;hostile où fût jeter sur la pelouse de multiples objets notamment une tête de porc ! Laudrup, Enrique ou encore Ronaldo ont également joué pour les deux clubs mais aucun n&rsquo;a connu un pareil traitement. L&rsquo;apogée de la violence du Clasico se déroula entre 2010 et 2012. En 2010, Mourinho, ancien adjoint de Robson et de Van Gaal au Barça et candidat au poste d&rsquo;entraineur deux ans plus tôt décide de rejoindre le Real. Il est très frustré de ne pas avoir été nommé au profit de Pep Guardiola. Dans son livre The Barcelona legacy, Jonathan Wilson le décrit tel un ange déchu. Son arrivée ravive les tensions entre les deux clubs et le Clasico devient le théâtre de rencontres violentes.</p>
<p style="text-align: justify">En 2011, dans une confrontation en Supercoupe d&rsquo;Espagne la violence atteint son apogée. Le Barça de Guardiola bat le Real de Mourinho 3-2 mais cette victoire est presque anecdotique tant le match tourne au drame. La violence sur le rectangle vert et si grande que l&rsquo;arbitre de la rencontre doit sortir dix cartons dont trois rouges. En toute fin de match, une bagarre explose entre les deux staffs et Mourinho met un doigt dans l&rsquo;œil de Tito Vilanova. Plus tard, en conférence de presse, il feindra ne pas le connaitre en l&rsquo;appelant « Pito ». Le coach portugais est un adepte de ce genre de punshlines. Guardiola, d&rsquo;ordinaire calme devant les médias, excédé par la situation, dit de lui qu&rsquo; « en dehors du terrain, il a déjà gagné. Il gagne toute la saison […] Dans cette pièce, c&rsquo;est le putain de chef, le putain de patron, celui qui sait tout mieux que tout le monde ».</p>
<h2 style="text-align: justify">Moins de politique dans le Clasico ?</h2>
<p style="text-align: justify">La situation extra sportive exaspère tellement Guardiola qu&rsquo;il décide de quitter Barcelone et de s&rsquo;accorder une année sabbatique. L&rsquo;entraineur catalan n&rsquo;était tout de même pas exempt de tout reproche tant il aimait vanter son amour pour sa région natale. Chose qui n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;être dans un contexte sportif déjà sous tension. Malgré cela, nous pouvons toutefois noter que la politique prend beaucoup moins de place dans cette rivalité actuelle qu&rsquo;il y a quelques années notamment sous le régime franquiste. Depuis la mort du Général Franco, le Clasico est moins politisé mais est quand même spécial. Le contexte actuel avec la crise catalane fait renaitre ce passé assez douloureux.</p>
<p style="text-align: justify">Nous l&rsquo;avons vu, l&rsquo;histoire de la Catalogne et parallèlement du Barça est réellement un passé douloureux. De la résurgence catalane du XIXème siècle au référendum pour l&rsquo;indépendance en 2017 en passant par la mainmise franquiste sur la région qui dura plus de trente ans. Aujourd&rsquo;hui, plus de dictature mais toujours un désamour mutuel entre la Catalogne et l&rsquo;Espagne. Le football est depuis toujours le moyen de faire passer certaines idées de façon plus « souple ». Le Clasico en est le parfait exemple et chaque drapeau espagnol brandit au Bernabéu comme chaque « Visca Barça i visca Catalunya » scandé au Camp Nou est une vraie prise de position politique.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, si le football est un moyen d&rsquo;endoctrinement, il est aussi un formidable puit de culture. A chaque Clasico joué ressurgit l&rsquo;histoire d&rsquo;une rivalité qui prend racine dans la société mais qui est également prolongée par le sport. Alors, que vous soyez blaugrana, madridista ou simplement amoureux de ballon rond et d&rsquo;histoire, vous ne louperez sous aucun prétexte le Clasico entre le Barça et le Real ce mercredi 18 décembre.</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Dossier : Guardiola au Bayern, un triomphe inachevé</title>
		<link>https://www.demivolee.com/2019/11/21/dossier-guardiola-au-bayern-un-triomphe-inacheve/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Enzo Leanni]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 06:00:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bundesliga]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pep Guardiola est sans aucun doute l&#8217;un des meilleurs entraineurs de l&#8217;histoire du football. Entre génie tactique et réussite sportive, quasiment rien ne lui résiste. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2019/11/21/dossier-guardiola-au-bayern-un-triomphe-inacheve/" title="Dossier : Guardiola au Bayern, un triomphe inachevé">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Pep Guardiola est sans aucun doute l&rsquo;un des meilleurs entraineurs de l&rsquo;histoire du football. Entre génie tactique et réussite sportive, quasiment rien ne lui résiste. Actuellement sur le banc de Manchester City, Guardiola a également entrainé les équipes A et B du Barça et le Bayern. Cette expérience munichoise est très compliquée à analyser. En effet, sur la scène allemande, le Bayern de Guardiola a tout remporté et cela en produisant un jeu différent de celui qu&rsquo;il pratiqué à la tête de l&rsquo;équipe barcelonaise. Seulement, en trois saisons, il n&rsquo;a pas su remporter la Ligue des Champions, qui est l&rsquo;un des objectifs les plus importants du club bavarois quintuple vainqueur de la compétition.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Dans quel club arrive t-il ?</h2>
<p style="text-align: justify">Nous sommes en juin 2013. Pep Guardiola a déjà annoncé son arrivée sur la banc du Bayern Munich depuis janvier, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il est présenté officiellement devant les médias venus en nombre pour l&rsquo;événement. Il sort de cinq ans au Barça (B puis A, Guardiola déteste que l&rsquo;on oublie son année avec l&rsquo;équipe réserve barcelonaise) couronnés de succès et d&rsquo;émotions puis d&rsquo;une année sabbatique. Le club bavarois, lui, est fort d&rsquo;un triplé Bundesliga-Coupe d&rsquo;Allemagne-Ligue des Champions grâce à son désormais ex-coach, Jupp Heynckes. Ce n&rsquo;est que la deuxième C1 du Bayern depuis 1976 mais Guardiola a déjà la pression de devoir la remporter une nouvelle fois.</p>
<p style="text-align: justify">Il est toutefois nécessaire de noter que l&rsquo;équipe de Heynckes a réalisé un triplé historique mais n&rsquo;était pas très régulière. En effet, elle n&rsquo;avait remporté que la Supercoupe d&rsquo;Allemagne en 2012 avant les trois trophées de 2013. Nous savons, aujourd&rsquo;hui, que Guardiola n&rsquo;a pas glané la Ligue des Champions avec le Bayern mais il a apporté une certaine régularité au club. Avec huit titres en dix ans, dont trois à Munich, on connait cette caractéristique de la carrière du technicien mais elle s&rsquo;est révélée lors de ses années allemandes. Il a aussi fait en sorte que l&rsquo;équipe ne lève pas le pied après le sacre de la Nationalmannschaft en 2014 où beaucoup de joueurs bavarois triomphèrent.</p>
<h2 style="text-align: justify">Une entière réussite ?</h2>
<p style="text-align: justify">Lors de son arrivée, Rummenigge avait déclaré  vouloir « passer premier au classement UEFA » et pour cela remporter au moins une fois la Ligue des Champions. Nous l&rsquo;avons vu, il n&rsquo;a pas réussi à retrouver le sommet européen atteint par Heynckes. Cependant, il construit une équipe compétitive avec une identité forte et, sur le long terme, c&rsquo;est sûrement plus stable pour le Bayern. Le long terme est important dans la méthode Guardiola. En effet, lors de la première saison, Franz Beckenbauer est très critique avant d&rsquo;être plus mesuré au moment où l&rsquo;espagnol quitte Munich : « Dire que Guardiola aurait échoué, ce serait totalement exagéré. En trois ans, il gagne trois fois le championnat. Ce titre est, pour moi, encore le plus important. Vous êtes le plus fort sur trente-quatre journées. [En C1] une journée peut tout gâcher ».</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, durant trois saisons, Guardiola ne se fit pas que des amis outre-Rhin. Dès la première saison, il connait une énorme désillusion en demi-finale retrour de C1 où son Bayern perd 0-4 face au Real. Ce jour là, il aligne un 4-2-4 trop direct qu&rsquo;il qualifiera lui même de « pire foirage de [sa] carrière ». Une de ses déclarations a également provoqué beaucoup de critiques. Il avait effectivement dit être obligé de s&rsquo;adapter à 100% à son nouveau club. Culotté quand on sait que le Bayern s&rsquo;est aussi beaucoup adapté à lui, notamment sur les achats de <a href="https://www.demivolee.com/2019/09/26/dossier-xabi-alonso-futur-grand-coach/">Xabi Alonso</a>, qui devint un cadre de Guardiola après la vente de Kroos, et de Thiago Alcantara pour qui le coach déclarait « je veux Thiago ou rien ».</p>
<p style="text-align: justify">Pour certains, Pep Guardiola impose trop sa vision des choses sur le plan médical. Il part au bras de fer avec le docteur Müller-Wohlfahrt ce qui mènera à une hécatombe de blessures (vingt-sept en trois saisons contre seulement sept sur les trois précédentes). Les premières tensions sont apparues sur le cas Thiago &#8211; encore &#8211; où le technicien catalan voulait un traitement radical tandis que le docteur allemand un traitement plus lent. Le joueur revint rapidement, se blessa et ce choix l&rsquo;éloigna loin des terrains durant un an.</p>
<h2 style="text-align: justify">Le Bayern de Guardiola en deux rencontres</h2>
<p style="text-align: justify">Deux matchs symbolisent parfaitement le Bayern Munich à la sauce « guardiolesque », Roma-Bayern du 21 octobre 2014 et Atletico-Bayern du 3 mai 2016. Le premier est un chef d&rsquo;oeuvre, l&rsquo;un des plus beaux de la carrière de Guardiola, le plus différent dirons-nous. Le 3-2-3-2 asymétrique, avec Bernat, Götze, Muller et Lewandowski qui occupe la moitié gauche, pose problème. La Roma doit soit défendre soixante mètres sur la largeur soit laisser Robben seul. Ce dernier se joue de Cole tout le match et son positionnement ouvre les lignes de passes pour Götze et Muller. Götze est aussi le joueur clé du match avec son poste de relayeur gauche qui remonte une multitude de ballon grâce à sa parfaite gestion du pressing de Pjanic. Le score large (7-1) ne reflète presque pas la magie tactique affichée ce jour-là.</p>
<p style="text-align: justify">Contrairement au match à Rome, face à l&rsquo;Atletico, le milieu est surchargé en 3-4-3. Le positionnement de Lahm en ailier droit permet à Douglas Costa une plus grande liberté pour rentrer dans l&rsquo;axe. Sûrement le meilleur match de l&rsquo;ère Guardiola. Pas le plus beau esthétiquement, mais le plus dramatique mais le plus symbolique. Avec un mélange de jeu de position et de profondeur incarnée par Xabi Alonso. Un mélange d&rsquo;attaque sur les ailes comme il en avait l&rsquo;habitude au Barça et de jeu à l&rsquo;intérieur pour pénétrer dans les zones centrales. Martí Perarnau dit que « ses attaques sont réfléchies mais rapides ; il n&rsquo;y a aucune précipitation mais de la vitesse ».</p>
<p style="text-align: justify">La symphonie était majestueuse mais inachevée. Guardiola travaillait depuis le match aller pour réduire l&rsquo;incertitude le plus possible mais vit son travail balayé par de petits événements non prévus. L&rsquo;Atletico lui avait posé des problèmes la semaine précédente et lors de la manche retour, il a réussi à contrecarrer tous les plans de Simeone. La statistique Expected Goals donne un chiffre mirobolant de 4,24 pour le Bayern. Seulement, les bavarois n&rsquo;en marquent que deux, en encaissent un, ce qui suffit à ne pas se qualifier en finale de C1 pour la troisième année consécutive. Le regard dans le vide à la fin du match, Guardiola est frustré. Le football, lui, en ressort grandit.</p>
<h2 style="text-align: justify">Son évolution personnelle</h2>
<p style="text-align: justify">Sa plus grande réussite lors de son passage au Bayern est d&rsquo;avoir imposé jusqu&rsquo;au bout son style de jeu. Un style qu&rsquo;il a fait évoluer depuis sa période barcelonaise. Selon Roman Grill, agent de Lahm et analyste du football allemand, « il ne vient pas au Bayern pour créer une copie du Barça ». Une évolution plus cruyffiste avec le ballon, dans les passes ou dans le positionnement mais moins dogmatique avec vingt-trois systèmes utilisés. Il dit d&rsquo;ailleurs, que « les systèmes n&rsquo;ont pas d&rsquo;importance contrairement aux idées qui les animent ». Parmi ces systèmes, certains laissent de côté le rôle des milieux de terrains, chose impensable au Barça. Dans son livre <em>Pep Guardiola, The Evolution</em>, Martí Perarnau livre un de ses échanges avec lui : « tu étais un fondamentaliste des milieux de terrains, tu aimerais jouer avec onze milieu si tu le pouvais ». Ce à quoi répond Guardiola : « je l&rsquo;ai été, mais j&rsquo;ai évolué. Aujourd&rsquo;hui je suis un entraineur qui aime jouer avec cinq attaquants [comme le montre le match contre Rome]. C&rsquo;est un changement que je dois à l&rsquo;Allemagne ».</p>
<p style="text-align: justify">En plus de cela, beaucoup de choses changent par rapport à la Pep Team barcelonaise. L&rsquo;option du faux 9 n&rsquo;est pas oubliée mais elle n&rsquo;est pas systématique. Il y a plus de longs ballons notamment grâce à Javi Martinez au cœur de la défense adverse. Certaines rencontres se déroulent sans défenseurs centraux, ce sont alors souvent trois latéraux qui composent une défense à trois. Quand, au Barça, il étirait le bloc adverse afin de créer un espace dans l&rsquo;axe pour Messi. Au Bayern, il densifie davantage l&rsquo;axe pour créer des espaces pour les ailiers. Ce qui ne change pas, c&rsquo;est toujours l&rsquo;envie d&rsquo;être protagoniste du jeu avec environ 65% de possession de moyenne, près de 700 passes et plus de 17 tirs à chaque rencontre. Dès son arrivée, Matthias Sammer dit, dans le livre <em>Herr Pep</em>, qu' »il s&rsquo;est énormément réinventé. En six mois, il a changé plus de choses au Bayern qu&rsquo;en quatre ans au Barça ».</p>
<p style="text-align: justify">Le football allemand consiste avant tout à bien défendre avant d&rsquo;attaquer très vite. L&rsquo;objectif de Guardiola a été atteint à la fin de son mandat, calmer le jeu, réduire la vitesse adverse sans freiner ses joueurs. Un jeu plus vertical qu&rsquo;à Barcelone mais toujours avec de longues séquences de passes, des changements de rythmes ou encore des lignes compactes. De plus, il fait bien assimiler à ses joueurs l&rsquo;importance des permutations. Pour Domènec Torrent, « Pep indique les positions, mais sur le terrain, ce sont les joueurs qui décident sur le moment qui occupe telle ou telle position. C&rsquo;est une formule flexible ». Signe d&rsquo;un énorme pragmatisme chez celui qu&rsquo;on pensait dogmatique au possible. Aller vers l&rsquo;avant mais toujours en contrôlant l&rsquo;éventuel contre adverse est également le signe que c&rsquo;est un coach bien plus défensif que l&rsquo;on ne l&rsquo;imagine. « L&rsquo;organisation défensive est la pierre angulaire de tout ce que je veux faire dans le foot » répondra le principal intéressé.</p>
<h2 style="text-align: justify">Guardiola a changé le foot allemand</h2>
<p style="text-align: justify">Lors du départ de Guardiola, le journaliste Uli Kölher dit qu' »il a révolutionné le Bayern, l&rsquo;a remis à jouer au foot. Il a atteint un niveau inconnu jusque là ». Une phrase lourde de sens quand on sait qu&rsquo;il prend les rênes de l&rsquo;équipe à la suite d&rsquo;un triplé historique. C&rsquo;est vrai que Guardiola a changé l&rsquo;identité du jeu du club avec un jeu de position égal au Barça de 2011 ou à l&rsquo;Ajax de 1996 qui sont les modèles du genre. Pour l&rsquo;analyste Tobias Escher, « avant Guardiola, personne ici n&rsquo;avait entendu parler du jeu de position. Il n&rsquo;a jamais fait partie de notre culture, contrairement à la Catalogne ou aux Pays-Bas […] Nous avons donc tardé à réaliser l&rsquo;influence tactique considérable de Guardiola ». On peut noter cette influence par l&rsquo;émergence de nouveaux entraineurs allemands comme Tuchel, <a href="https://www.demivolee.com/2019/08/30/dossier-les-plans-de-jeu-a-suivre-en-bundesliga-cette-saison/">Nagelsmann</a>, Schubert ou encore <a href="https://www.demivolee.com/2019/10/14/dossier-analyse-tactique-du-gladbach-de-marco-rose/">Rose</a>. Pour Kevin Hatchard, journaliste anglais spécialiste de Bundesliga, « [Grâce à Guardiola] les équipes ont commencé à vraiment se concentrer sur la tactique. Il a rendu la Bundesliga plus intéressante tactiquement ».</p>
<p style="text-align: justify">Il a également énormément fait progresser les joueurs du Bayern en leur enseignant des choses différentes de ce qu&rsquo;ils savaient faire. Lahm devient un milieu incontournable, Boateng atteint un niveau inespéré, Neuer devient un joueur à part entière tant il participait au jeu tel un libéro. Kimmich a éclot, Douglas Costa est devenu un élément clé du collectif huilé. En un an, il a apprit les bases à Kroos pour être une superbe rampe de lancement. Alaba devient hyper polyvalent car Guardiola l&rsquo;a encadré au lieu de le laisser trop libre. Un Bayern éclectique capable de changer de système en cours de jeu grâce à ce genre de joueur. Quand il demandait à chaque joueurs barcelonais de savoir jouer à trois postes différents, Rafinha en joue cinq, Alaba six, Lahm et Kimmich neuf ! Même <a href="https://www.demivolee.com/2019/05/23/dossier-lenigmatique-thomas-muller/">Müller</a> et Lewandowski, les joueurs les moins malléables de l&rsquo;effectif ont évolué. Ce dernier affirme : « grâce à Guardiola, je suis devenu meilleur. Après trois mois à ses côtés je me suis rendu compte que j&rsquo;avais franchi plusieurs paliers. Au niveau tactique, je peux évoluer à plusieurs postes, mieux me déplacer sans le ballon… ».</p>
<p style="text-align: justify">Des résultats très bons dans l&rsquo;ensemble, un jeu quasi parfait où il a su évoluer et enfin une grande influence sur le football allemand. Tant de facteurs qui prouvent que les trois ans passés en Bavière pour Pep Guardiola auront été bénéfiques pour lui et pour ce sport. Cependant, il n&rsquo;aura pas réussi à glaner la Ligue des Champions et donc réaliser le même triplé que son prédécesseur. Un triomphe inachevé mais un triomphe tout de même.</p>
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