Pour ce qui sera probablement la saison de Bundesliga la plus disputée depuis le dernier sacre de Dortmund, alors sous les ordres de Jürgen Klopp, nous vous avons concocté une petite sélection d’équipes qui valent encore plus le détour que le reste du peloton.

Bayer Leverkusen : celui-ci ne désherbe pas

En principe, Kaï Havertz est un argument suffisant pour que votre main s’empare de la télécommande et ordonne l’affichage de son match. Mais puisque vous tenez à résister… La spectaculaire équipe de Leverkusen ne devrait pas changer son fusil d’épaule cette saison. Après de mauvais débuts et depuis l’arrivée de Peter Bosz à la mi-saison dernière, le Bayer Leverkusen s’est avéré flamboyant en marquant 43 buts en Bundesliga sur la phase retour. Le repositionnement de Julien Brandt dans l’axe y est pour beaucoup. Ceci étant, l’avènement de Lucas Alario et le renouveau de Leon Bailey ne sont pas à négliger. 

Si elle a été dépossédée de son meneur de jeu Julian Brandt, la BayArena devrait tout de même se régaler devant les arabesques de son trident offensif composé du fiable Kevin Volland, du joyau Kaï Havertz et du petit nouveau Kerem Demirbay. Une défense à trois, des pistons vifs, dont l’énigmatique Leon Bailey pour des transitions explosives. Tout ce que l’on aime. Côté recrutement, Nadiem Amiri emprunte le même chemin, depuis Hoffenheim, que Demirbay. En outre, les prometteurs Moussa Diaby et Daley Sinkgraven rejoignent la Westphalie, depuis le PSG et l’Ajax.

Guidés de la neuvième à la quatrième place, les hommes de Peter Bosz, ancien de l’Ajax et de Dortmund, seront intéressants à voir à l’oeuvre sur une année complète. À noter également leur retour en Ligue des Champions après deux ans d’absence. Bien qu’il semble utopiste de voir “Neverkusen” jouer les troubles-fête pour le titre, il faudra compter sur eux pour le podium.

Borussia Mönchengladbach : la vie en Rose

Coiffé au poteau par le Bayer à la toute dernière journée pour la dernière place qualificative en Ligue des Champions, le second Borussia tentera de rééditer cette performance, avec succès, cette saison. Mais surtout, cet exercice est l’excitante première fois de l’ex-coach de Salzburg, Marco Rose, dans le big five européen. Détenteur du record autrichien de 2,34 points par match, Rose est adepte du gegenpressing et d’un jeu tourné vers l’offensive. Adoubé par Jürgen Klopp qu’il a connu à Mainz, le coach tentera de faire valoir ses principes dans une équipe qui ne surdomine pas son championnat. Il est accompagné de René Maric, un analyste tactique du blog Spielverlagerung qui a su se faire une place dans le monde professionnel.

Les pertes de Mickaël Cuisance et surtout Thorgan Hazard ne rendent pas l’accession au titre plus envisageable. Là aussi, le top quatre est en ligne de mire. Breel Embolo et Marcus Thuram sont censés compenser cette perte et épauler le buteur Alassane Pléa. Du côté des arrivées, Rose embarque dans ses valises le défenseur international autrichien Stefan Lainer. Par ailleurs, Ramy Bensebaini complète l’équation. Toutes ces recrues rejoignent donc un effectif qui avait déjà les reins solides, notamment avec son milieu expérimenté Neuhaus – Zakaria qui complètent un losange ou un 4-3-3. Ils devraient être européens dans neuf mois.

Rasenballsport Leipzig : Red dingue

Avec tout le respect que l’on doit aux joueurs d’Hoffenheim, le projet de jeu de Julian Nagelsmann a souvent eu tendance à être masqué par les les limites de son effectif, en particulier de sa défense. Cela fut visible aux yeux du public français, notamment, lorsque ses hommes ont affronté l’OL en Ligue des Champions. Là, Bruno Genesio a simplement joué la carte miroir en alignant le même dispositif que Hoffenheim. Ainsi, son équipe prit le contrôle du match alors qu’elle avait été fortement déstabilisée au match aller. 

Problème réglé, a priori, puisque Julian Nagelsmann monte en gamme en signant au RB Leipzig. L’effectif est non seulement plus talentueux (nous avons affaire à la meilleure défense de Bundesliga), mais il semble en plus déjà “Nagelsmann-ready”. Certes, l’intégration de sa défense à trois pourrait prendre du temps. Mais les ingénieux schémas offensifs du trentenaire allemand s’ajoutent à la fougue et à la science du pressing déjà développées sous l’ère Ralf Rangnick et son agressif 4-2-4. De fait, le ballon sera plus vite récupéré et les transitions mieux gérées, alors qu’elles étaient le grand point faible d’Hoffenheim. Si tout prend très vite, pourquoi le RB Leipzig ne se prendrait-il pas à rêver du titre ?

Le club fut de plus très actif sur le marché des transferts. Hannes Wolf change de club Red Bull. Christopher Nkunku rejoint la Saxe depuis Paris. Le prometteur Ethan Ampadu, prêté par Chelsea, et l’arrière gauche Luan Cândido, en provenance de Palmeras, renforcent le banc défensif. Enfin, le prêt d’Ademola Lookman depuis Everton est converti en transfert définitif pour le plus gros montant jamais dépensé par le club. On connaît le flair de la cellule de recrutement Red Bull, et on a hâte de voir ce que ces recrues dont l’âge n’excède pas 21 ans (hormis pour Philipp Tschauner, portier venu pour le banc) vont donner.

SV Werder Bremen : le retour

Le Werder n’est probablement pas l’équipe qui vous a le plus marqué lors de la saison dernière. Pourtant, emmené par un étonnant et infatigable Claudio Pizarro (40 ans), le club ne pointe qu’à cinq petits points de la Ligue des Champions, et à un seul de la Ligue Europa. 9 ans après leur dernière campagne européenne, les supporters brêmois se tardaient de débuter une saison avec l’impression que le succès est possible. 

Quand Florian Kohfeldt arrive au poste d’entraîneur en 2017, l’équipe joue le maintien. Elle peut désormais briguer une place européenne ou un beau parcours en coupe. Le 4-4-2 losange avec un milieu d’inspiration ajacide organisé par David Klaassen et Maximilian Eggestein, ainsi qu’une philosophie faite de renversements pour mieux centrer, constituent un plan de jeu plutôt rare en Bundesliga. Moins dépaysant, l’accent reste néanmoins placé sur le gegenpressing et les transitions.

Plus calme durant le mercato, le club a tout de même levé l’option d’achat du Munichois Marco Friedl. Ömer Toprak, en prêt payant de Dortmund, est aussi un beau coup pour une charnière qui doit gagner en solidité. Mais la recrue phare est le buteur Niclas Füllkrug, qui devra épauler Claudio Pizarro dans sa dernière saison professionnelle, alors que Max Kruse est parti, libre de tout contrat.

L’attaque justement, devrait être le lustre qui fera briller Josh Sargent et Milos Rashica. L’Américain de 19 ans n’a pris part qu’à 205 minutes la saison dernière, mais ce fut assez pour inscrire deux buts. L’Albano-Kosovar de 23 ans, quant à lui, a confirmé son bon recrutement la saison dernière et devrait continuer sur sa lancée.

Et d’autres…

Cette saison de Bundesliga s’annonce passionnante, évidemment, à d’autres égards. La lutte pour le titre, entre un Dortmund lancé et un Bayern post-Robbery qui parait affaibli, promet d’être acharnée. D’autres facettes du championnats seront aussi intéressantes à observer. Le Hoffenheim d’Alfred Schreuder, qui continue de bien travailler malgré le départ de Nagelsmann. Mais aussi les péripéties de l’Eintracht après un mercato très agité. Ou encore le retour de l’Union Berlin en Bundesliga qui annonce des derbies endiablés. Et même Schalke qui tente de rebâtir après une saison catastrophique.

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"Le joueur de football est l'interprète privilégié des rêves et sentiments de milliers de personnes." César Luis Menotti.