Le Pacifique a vécu des périodes sanglantes dans son histoire. Des périodes où les cadavres se comptaient par milliers sur ses plages. Mais aujourd’hui, le territoire est apaisé. Plus question de guerre mondiale et d’affrontements. Aujourd’hui, les habitants peuvent se consacrer à leurs passions. Et c’est le cas de Simione Tamanisau. Dans ce nouvel épisode de Tour du Monde, nous allons partir à la rencontre du joueur de l’océan. Mettons dès à présent cap sur les Fidji !

Début

Simione Tamanisau naît en 1982, le 5 juin précisément. Grande information, puisque cela veut dire qu’il ne fait pas partie des dates de naissance des joueurs qui réussissent le plus (de janvier à mai majoritairement). Il naît au Fidji, donc, dans la province de Tailevu. C’est une des quatorze provinces des Fidji. Elle compte 55 000 habitants, ce qui en fait une province de taille respectable pour la région. En effet, les fidjiens ne sont qu’au nombre de 909 389, selon le dernier recensement. Il voit donc avec des yeux d’enfants la proclamation de la république des Fidji le 7 octobre 1987. Simione Tamanisau commence à jouer au base-ball puis au basketball au cours de son enfance, avant de se mettre, vers 8 ans, au football. Ses qualités acquises dans les autres sports lui seront utiles. En effet, très rapidement, c’est dans la cage qu’il va se positionner.

Très vite, il met également à profit son gabarit relativement imposant. En effet, il mesure 1,87m pour 86kg. Beau bébé. Après s’être formé dans différents petits clubs, il rejoint en 2003 l’Olympian Team, où il s’impose peu à peu en tant que titulaire. S’il ne reste qu’une saison là-bas, c’est ici qu’il connaît ses premières sélections avec les Fidjis. Lee Steerey le convoque en effet pour la première fois en 2003. Dans un football local en relative déshérence, il n’a aucune difficulté à s’imposer, dès ses 19 ans, comme un joueur à part entière des Bula Boys. C’est également dans ces années-là qu’il signe son premier accord de sponsoring : non pas qu’on lui verse des sous, mais simplement qu’il puisse avoir gratuitement des crampons. C’est Puma qui lui fait cette fleur en 2003.

Milieu

Ses bonnes performances, outre l’œil de la sélection, attirent aussi celui des plus grands clubs des Fidji. En 2004, il signe au Rewa Football Club, un des principaux clubs mais pas non plus le plus grand. Il y restera six saisons, et sera titulaire à part entière dans le club. Il devient également assez vite une idole des supporters du club du delta. Chez les tigres, il attire même le regard de recruteurs de clubs encore plus grands. Ainsi, en 2010, le PRK Hekari United parvient à attirer dans ses filets le gardien de but international Fidjien. S’il ne s’agit que d’un prêt, c’est une belle marque de reconnaissance pour le gardien. Il peut disputer un match lors de la Coupe du monde des clubs en 2010, contre les émiratis d’Al-Wahda, et 3 en Ligue des champions d’Océanie.

Mais durant cette période, une anecdote lui arrive. En octobre 2007, il se voit refuser un visa par les Néo-Zélandais pour aller y disputer un match avec les Fidji. En effet, depuis le coup d’Etat de décembre 2006, , la Nouvelle-Zélande refuse un visa à tout les Fidjiens ayant des liens de parenté avec des membres des forces armées. Et son beau-père est soldat… Le match sera finalement joué plus d’un an plus tard, au Fidji, après avoir été décalé d’abord par la FIFA au Samoa, puis par accord tacites au Fidji. Pas mal pour éviter les frais d’avion pour son équipe. Impossible par contre de savoir si son équipe s’est imposée ou non. Ce qui est sûr, c’est que Simione Tamanisau dispute cette rencontre en tant que titulaire, comme d’habitude, dans sa cage.

Fin

La fin commence en 2012, avec son retour au Fidji. Il signe au Lautoka FC, et y restera deux saisons. Le temps de se dire que le Rewa Football Club lui manque. Il revient donc dans son club favori après seulement une saison au Lautoka. Simone Tamanisau y est toujours actuellement. Il n’a pour le moment gagné qu’un seul titre, en 2011, avec une coupe des Fidji. Mais il n’est jamais trop tard pour enrichir son palmarès. Jouant parfois attaquant en fin de match, il inscrit le 19 octobre 2016 un but pour le Rewa FC, contre Suva, lors d’une victoire sur le score de deux buts à un.

Depuis ses débuts en 2003, Simone Tamanisnau est un des joueurs les plus capés de l’histoire des Fidji. Il compte plus de 30 sélections à l’heure actuelle. En 2016, il a participé aux Jeux Olympiques à Rio, ne pouvant empêcher l’élimination de son équipe, dès les phases de poule. Il a été élu l’an passé meilleur gardien fidjien, pour la énième reprise. Simione Tamanisau devrait prendre sa retraite dans les prochains mois. Il aura disputé au moins quatre coupes d’Océanie dans sa carrière : en 2004, 2008, 2012 et 2016. Souhaitons lui bonne chance pour gagner encore de quoi enrichir sa collection de trophées !

Épisodes précédents

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