« Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air », chantait Jacques Dutronc en 1970. Et si les hôtesses de l’air sont nécessaires, c’est bien parce que des personnes prennent l’avion. Et ce dans tous les pays du monde. Y compris au Swaziland. Alors, attachez vos ceintures et éteignez vos mégots, puisque c’est notre destination dans ce nouvel épisode de Tour du Monde. En effet, nous allons vous emmener à l’autre bout du monde, au Swaziland. Et ce pour découvrir un club de football local bien relié à la chanson de Dutronc. Car c’est les Eleven Men in Flight à qui nous ferons les honneurs aujourd’hui. N’ayez crainte, le décollage va bien se passer.

Là-haut dans les nuages

C’est en 1965 que le décollage à lieu. Des jeunes swazis, attiré par l’odeur du jeu et des pelouses, décident de monter un petit club. Un club pour s’amuser, mais aussi pour pouvoir disputer des compétitions de haut niveau. Ces swazis sont amis, et se sont connus sur leur lieu de travail. Leur lieu de travail, c’est un aéroport. Alors qu’ils travaillaient précédemment à l’étranger, ils ont été attirés par la possibilité de revenir dans leur pays. Et donc, ils importent la culture du pays d’où ils viennent, le Royaume-Uni. Dans un pays de moins de 2 millions d’habitants, en pleine Afrique australe et sans accès à la mer, cela ne paraît pas un pari très intelligent ou réfléchi. Mais les jeunes hommes persévèrent, et donnent naissance au Eleven Men in Flight cette année-là. Le club a fêté ses 60 ans il y a deux ans.

Maillot Eleven MIF
Maillot Eleven Men in Flight

Le club est basé dans la ville de Siteki. Cette cité fait à peine 6 500 habitants, et est située à l’est du pays. Son nom signifie « lieu de mariage » en swati. Intéressant, mais rien à voire avec le football. Cependant, la ville fournit quand même une bonne partie des joueurs, alors il faut le signaler. Des joueurs qui, bien que le blason soit orange, portent une tenue jaune et noire. A force de persévérance et de recherches, l’on peut trouver à quoi ressemble le maillot. Ce n’est bien évidemment pas ci-contre le maillot officiel, puisque le championnat est amateur et que le club ne connaît pas de site internet. Il s’agit donc ici majoritairement de supputations. Mais je pense que cela peut donner une idée assez précise de la chose.

Avec les palmes

Malgré le titre de cette section, je suis au regret de vous annoncer que le club ne comporte pas de section aquatique. Les palmes sont plus exactement celles qui couronnent les vainqueurs. En effet, le club s’est, notamment dans les années 90, forgé un palmarès tout ce qu’il y a d’intéressant. Ceux qu’on appelle les Easy By Night ou simplement les Eleven ont en effet remporté la Swazi Premier League à deux reprises, en 1994 et 1996. Ces performances ont été entrecoupées de participations à des coupes internationales. Par décence, nous passerons sur ces résultats, tout sauf glorieux. Il faut quand même noter que jamais un club du Swaziland n’a dépassé le deuxième tour de qualification. Ils sont donc recordmans du pays sur le plan international. Certes, c’est le Swaziland. Mais quand on part de bas, il faut savoir grimper les échelons un par un.

Et c’est mieux de grimper les échelons sans se casser la figure. Les Eleven ont donc tenté d’imposer leur suprématie d’abord sur le plan national. En 1993 et 2001, la Swazi Cup leur est revenue. Et en 1996, ils ont enrichi leur armoire à trophée par une Swazi Charity Cup. Enfin, en 1993, 1996 et 2001, c’est l’équivalent local du Trophée des Champions qui a été leur lot. Plutôt pas mal comme palmarès sur le plan national. Surtout pour un club qui n’évolue en première division que depuis 1977. Et encore plus quand le nom du club fait d’avantage penser à une compagnie aérienne qu’à un club de sport – et de football en particulier. Mais si vous vous penchez sur le logo, il y a bien onze hublots sur la cabine de l’appareil. La question qui affole (ou pas) les analystes est donc : mais quel est ce modèle d’avion ?

Piste à trou

Le seul problème de cet avion, c’est que la piste sur lequel il roule est emplie de trous divers et variés. Peut-être que le passage à l’an 2000 a été mal négocié. En tout cas, il n’y a plus de palmarès solide depuis 2001. Pourtant, le club est doté d’infrastructure solide pour accueillir ses visiteurs. Le Siteki Stadium de 10 000 places tombe à moitié en ruines. Son terrain est à peine couvert de gazon en hiver, et ne l’est pas en été. Les tribunes ne sont que des buttes en terre. Et le stade est à l’écart de toute ville. Je vous laisse juger par vous même avec les rares photos du stade. Entouré en rouge, c’est le stade lorsque l’on vient de la route latérale. On aperçoit en effet au loin les panneaux publicitaires.

 

 

 

 

 

 

Bref, si le championnat du Swaziland est encore un championnat très amateur, cela n’est pas pour rien. Tous les stades du pays sont dans un état comparable. Et rien n’est fait pour améliorer la situation. En 2013, pour manque de moyen, la fédération avait du renoncer aux éliminatoires de la CAN. C’était peu de temps après s’être fait battre par plus de 10 buts d’écart par l’équipe bis de l’Égypte. Le chemin est long et la piste est poussiéreuse. Mais il faudra la parcourir dans les années à venir. Tout du moins si le Swaziland et les Eleven veulent être reconnus internationalement pour le football.

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