Tour du Monde, encore une fois, vous emmène dans une destination étonnante, où le football fait rarement la une de nos journaux. Cette fois-ci, c’est vers une destination qui semble davantage de plaisance que de sport que nous nous dirigeons. Attachez vos ceintures, éteignez vos mégots, et partons ensemble à la découverte de l’équipe nationale des îles Turques-et-Caïques.

Vacances XXL

L’office de tourisme des îles Turques-et-Caïques ne met pas spécialement le sport en avant. En effet, c’est d’abord les hôtels de luxe, les spas et les restaurants qui sont privilégiés. Les plages idylliques et quasiment désertes sont offertes au visiteur. La barrière de corail est visible lors des expéditions sous-marines. D’autant que, selon ce même office de tourisme, “sur la terre ou sous l’eau, vous pourrez vous relaxer grâce à la sérénité unique, l’hospitalité et la beauté” des îles Turques-et-Caïques. Si cela vous donne envie de partir, sachez cependant qu’aller en plaisance dans ces îles des caraïbes vous demandera de voyager pendant deux jours et six heures au minimum, en faisant trois escales. En ajoutant les quelques milliers d’euros d’avion et d’hôtels, pas sur que cela vaille tout à fait le coup. Parce que c’est joli Dunkerque quand même.

Mais les îles, en fait, c’est quoi ? Eh bien, les “TCI” (Turks and Caicos Islands), sont un territoire d’outre-mer britannique. Il est divisé en deux groupes d’îles (les turques et les caïques) tropicales, dans l’archipel du Lucayan. C’est à dire en gros au nord-est de Cuba. Cet construction politique reste donc sous domination britannique – leur hymne national est le God Save The Queen. L’économie, logiquement, se fonde quasi-essentiellement sur le tourisme et sur les activités financières occultes. Normal en même temps quand le territoire ne compte qu’un peu plus de 50 000 habitants. En pleine explosion démographique, il n’en comptait que 30 000 en 2012. Et qu’il possède des atouts naturels assez considérables.

Football XXS

L’histoire footballistique des îles Turques-et-Caïques est en fait assez limitée. La fédération nationale de football a été créée en 1996, et a rejoint la FIFA en 1998. Trop tard donc pour se qualifier pour le mondial français. Encore une manigance des instances dirigeantes, dirait Emmanuel Petit ! Il faudra donc attendre quelques années pour les voir disputer des matchs officiels. Le premier match officiel a lieu en 1999 – une défaite 3-0 contres les ogres des Bahamas. En mars 2000, dans le cadre des éliminatoires pour le mondial 2002, il se prennent un joli 14-0 en aller-retour par St. Kitts et Nevis. En même temps, difficile de réaliser avec une équipe qui est une référence du football mondial. En septembre 2000, ils remporteront quand même leur première victoire… contre les îles Caïmans U21, avant de se faire défaire par les seniors quelques jours plus tard.

Dans la série des défaites humiliantes, en février 2004, ils prennent un 7-0 sur deux matchs contre Haïti pour les qualifications du mondial 2006. Mais le 4 septembre, ils connaîtront enfin leur première victoire contre une équipe A : les îles Caïmans (les pauvres) seront défaites sur le score sans appel de 2-0. Mais en 2007, le stade national, le Turks and Caicos National Stadium a été inauguré. Le programme de la FIFA Goal a d’ailleurs été fort utile pour permettre la constitution de cette enceinte. Et cela payera ! En 2008, ils passeront tout près d’un exploit, en s’imposant 2-1 pour les qualifications du mondial face à Sainte Lucie. Mais le retour les verra perdre 2-0 et arrêter leur plus longue série de victoire (une consécutive).

Alors, l’avenir ?

L’avenir, pour les îles Turques-et-Caïques, c’est surtout de continuer à grandir peu à peu. Cela tombe bien, c’est aussi le projet de la fédération nationale. D’ailleurs, leur dernier match en date s’est soldé par une victoire 4-3 contre l’ennemi juré, les Bahamas. Certes, il s’agissait d’un match amical. Mais la sélection restait sur deux défaites 6-2 chacune contre St. Kitts et Nevis. Et le classement FIFA s’en ressent. S’ils sont encore aujourd’hui 202e mondiaux, leur victoire contres les îles Vierges Britanniques en 2014 leur avait accordé une jolie 181e place.

Pour construire sur l’avenir, les îles Turques-et-Caïques comptent sur un vivier de joueur. La principale institution du pays est le KPMG. Difficile de savoir cependant si un lien existe avec la fameuse firme européenne. Nombre de joueurs évoluent également à l’Academy AFC – dont le vétéran de 43 ans Phillip Shearer. Mais le champion en titre de la Provo Premier League est une autre équipe : les Beaches. Qui ne fournit cependant aucun joueur à l’équipe nationale, aux dires des dernières feuilles de match.

Dans l’effectif actuel, on compte quelques joueurs évoluant aux Etats-Unis comme Billy Forbes. Âgé de 28 ans, il a passé la majeur partie de sa carrière en deuxième division américaine. On compte aussi Marc Fenelus, 25 ans, qui évolue au Viêt-Nam. Il a été formé au New England Revolutions. Plus jeune (20 ans), Herby Magny évolue au Canada. Bref, il y a un réservoir de joueur, s’il n’est pas pléthorique, qui peut donner des perspectives de développement à l’équipe nationale. Charge à Oliver Smith, l’entraîneur de 57 ans, de bien savoir les exploiter.

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