Tour du Monde aime bien visiter le monde. Sillonnant les continents à la recherche de légendes du football, cela faisait longtemps que l’avion de Tour du Monde ne s’était pas posé en Amérique centrale. Pour ce cinquième épisode de la saison, c’est au Nicaragua, à la découverte d’un joueur méconnu en Europe, que le plan de vol est préparé. Attachez vos ceintures, éteignez vos mégots, car voici l’aventure de David Solorzano ! Et ça rime, en plus.

Un prénom comme un symbole

Dans la mythologie chrétienne, David est un personnage important. Avec son fils Salomon, il est en effet le fondateur de l’Etat israélite. C’est surtout un personnage magnifié dans la légende de Daivd et de Goliath. Dans ce fameux épisode biblique, le jeune garçon va triompher du champion philistin. Par la suite, il devient un personnage important, d’abord chef de maquis puis enfin roi des Judéens. Il est d’ailleurs mythifié comme premier instigateur d’une politique matrimoniale. Et à la mort d’Ishboshet, assassiné – qui régnait sur onze des douze tribus d’Israël -, il est choisi pour réunir le royaume de Juda et d’Israël. Et pour coller à l’actualité d’il y a encore quelques semaines, il fait de Jérusalem sa capitale. Mais surtout, le nom de David va à partir de ce moment signifier “bien-aimé”. Et c’est ce qui nous importe dans l’histoire de David Solorzano.

Car David Solorzano naît le 8 novembre 1980 à Diriamba, au Nicaragua. Et il est un petit garçon particulièrement sage, aimé de tous. Mais le seul moment où sa folie se déchaîne, tel Noé devant Cham, c’est quand un ballon arrive dans ses pieds. Pourtant, tout n’est pas facile dans son pays natal. Les années 80 voient en effet une sanglante guerre civile avoir lieu. Les sandinistes sont opposés aux somozistes dans un contexte de guerre froide. Mais les années 80 voient également le pays avoir une augmentation de 37 points de son taux d’alphabétisation, celui-ci passant de 50% à 87%. Mais les années 90 où grandit David Solorzano sont sombres. Des famines courent à travers tout le pays. L’IDH du pays baisse drastiquement. Alors, pour David Sebastián Solórzano Sánchez, le football est un moyen de rêver. Il ne veut pas vivre heureux un éternel hiver.

Une heureuse java

David Solorzano est assez jeune repéré par le Diriangen. C’est un des plus grands clubs du pays, comptant vingt-cinq titres en championnat depuis sa fondation 1917. En 1998, c’est sous le maillot du Diriangen FC que David Solorzano fait ses débuts en équipe première. Il évolue cinq saisons sous le maillot blanc et noir, entrecoupé d’une saison 2000-2001 en prêt à Parmalat, avant de partir chez le très grand rival, le Real Esteli. Il y restera deux ans seulement, et partira au Masatepe en 2005. Là aussi, il y passera deux saisons seulement. David retournera au Diriangen, sous le maillot duquel il évolue dès l’été 2007. Et David Solorzano, 1,73m, 78 kilogrammes, malgré son poste de défenseur central, y porte le numéro 11. Capitaine, légende du club, il a tout pour inscrire son nom dans l’histoire.

C’était sans compter les requins des transferts qui sillonnent les routes à la recherche de joueurs. Car à l’été 2016, l’UNAN de Managua fait le forcing auprès du Diriangen pour s’attacher les services de Solorzano. D’abord pas très chaud à l’idée de de voir partir son capitaine, le club cède finalement quand l’UNAN propose 50 000€ pour le défenseur central. Alors forcément, l’UNAN parvient à se trouver un nouveau capitaine et un nouveau défenseur central en la personne de Solorzano, qui signe ainsi son premier transfert payant. Sous les ordres de Franklin Garcia, Solorzano termine tranquillement sa carrière en club, en légende du championnat du Nicaragua.

International

Mais sa légende s’écrit surtout en sélection. David Solorzano a récolté 49 capes avec le Nicarague de 1999 à 2014. Pour un seul petit but, contre les Bermudes, le 30 avril 2004. Son premier sélectionneur, Mauricio Cruz, est aujourd’hui l’entraîneur du Diriangen FC. Autant dire que les deux hommes se connaissent plutôt bien. Aujourd’hui, David Solorzano trône en tant que joueur le plus capé de l’histoire du Nicaragua. Et ce malgré le fait que sa dernière cape, contre le Honduras, se soit soldée par une défaite, honteuse, sur le score d’un but à rien. Il aura quand même disputé une Gold Cup en 2009, et surtout huit coupe UNCAF. Il m’a même été rapporté que David Solorzano était souvent cité comme exemple aux jeunes joueurs de rigueur et de ténacité au Nicaragua.

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