Dans le championnat néerlandais se côtoient quelques formations mythologiques. Parmi elles, l’institution la plus célèbre est sans doute l’Ajax d’Amsterdam, dont nous vous contons aujourd’hui l’histoire.

Presque aussi vieux qu’Ajax

L’Ajax d’Amsterdam est à peine moins vieux que le héros. Car c’est en 1900 que le club a été fondé officiellement. Le nom vient bien évidemment du héros grec. Ce dernier est connu pour sa bravoure, son courage et sa force. D’ailleurs, le « rempart des Achéens » n’est blessé dans aucune des batailles de l’Illiade. Malgré le fait qu’il soit le seul à ne recevoir aucune assistance divine. « Le destin ne veut pas qu’un trait ennemi, lourd de sanglot, puisse se tremper de son sang sur le champ de bataille« , disait Quintus de Smyrne à propos de ce légendaire héros. Quoiqu’il en soit, en cette année 1900, le club rejoint l’AVB (Association de football d’Amsterdam) et commence ses premiers matchs.

Le club prend très vite de l’ampleur, au point qu’il arrive à battre l’Equipe des Pays Bas en 1901. Il rentre très vite également dans les championnats des Pays-Bas, accédant en 1901 à la D3, puis, grâce à son adhésion à la NVB (Association Néerlandaise de Football), à la D2 en 1902. Un objectif ambitieux, comparable à celui de J.M. Aulas en 1987, est lancé. « Atteindre la 1ère division d’ici 1910 ». Pour cela, ils font appel à Jack Kirwan, un entraîneur irlandais. C’est le premier entraîneur payé de l’histoire du club. Et cela paye, sans mauvais jeu de mot. Car Le club accède, avec un peu de retard, en 1911, à la D1. Le club pu donc, en cette année, se doter de tribunes définitives. Surtout, la large bande rouge qui trône encore aujourd’hui sur le maillot ajacide fait son apparition.

Success Story

Malgré cette montée, le club ne se pérennise pas en D1, et redescend en 1914. Arrive alors l’emblématique Jack Reynolds, qui restera au club trente-trois années, entrecoupés d’un passage à la tête des Pays-Bas et des Blauw-Wit, ainsi que d’un guerre mondiale. Avec son arrivée en 1915, l’Ajax révolutionne le football. Il est ainsi, par les spécialistes, considéré comme l’inventeur du football total. En 1918, sous ses ordres, l’Ajax remporte le championnat sans perdre un seul match. Il glanera 8 championnats et une coupe au total. Par ailleurs, cette emblématique entraîneur sera emprisonné dans un stalag nazi en Pologne (camp de travail) de 1940 à 1944. Trois semaines après la libération, le club reprend ses activités. Et montre au grand public un jeune joueur, un certain Rinus Michels. Le club devient professionnel en 1954, comme la majorité des autres clubs.

Les performances continuent avec le temps. En 1956, le jeune Sjaak Swart joue le premier de ses 603 matchs sous le maillot rouge et blanc. Il n’arrêtera qu’en 1973, inscrivant 217 réalisations. L’année d’après, en 1957, un jeune milieu de terrain rejoint les équipes de jeune, le petit Johann C. En 1964, il fait ses débuts avec l’Ajax, qu’il fréquentera lui aussi jusqu’en 1973 (319 matchs, 253 buts) et de 1981 à 1983 (52 matchs, 20 buts) – avant un court passage chez le rival du Feyenoord (44 matchs, 13 buts) de 1983 à 1984. Mais avant cela, le premier match à la télévision de l’histoire du club, contre le Feyenoord, est diffusé en avril 1959. Grâce à un avant-centre nommé Hendik Groot, le club écrit ses premières grandes pages. Ce dernier, de 1959 à 1963 et de 1965 à 1969 sera le buteur attitré du club (225 matchs, 162 buts).

Strass et paillettes

Après une première finale de coupe d’Europe en 1969 perdue face à l’AC Milan, le club ajacide progresse dans cette compétition, puisqu’il la remporte en 1971 contre le Panathinaïkos de Puskas. Entrainé par Rinus Michels, avec le solide Heinz Stuy dans la cage, la révolution du football total se propage. Et en 1972, sous les ordres de Kovacs, qui sera plus tard le premier et seul entraîneur étranger de l’histoire de l’équipe de France, le club remporte à nouveau la Coupe des Clubs Champions, puis la Coupe Intercontinentale. Le triplé sera effectué la saison suivante, avec le futur stéphanois Jonny Rep en attaque.

Mais les départs de Cruyff, Swart, Keizer, Haan et Neeskens affaiblissent fortement le club néerlandais. Grâce aux danois Molby, Jensen et Olsen, le club retrouvent quelque peu de son lustre d’antan. Jusqu’à ce soir d’octobre 76 et les tragiques incidents entre hooligans d’Utrecht et de l’Ajax. C’est une première prise de conscience de ce problème aux Pays-Bas.

Avec le retour de Cruyff, le club renaît, avec notamment van Basten et Rijkaard comme fer de lance. Mais le hooliganisme n’a pas disparu. Et le club est suspendu avec une agression d’un supporter de l’Ajax sur un gardien adverse en coupe d’Europe. Tout lien avec des événements s’étant produit récemment à Bastia est fortuit. Quoi qu’il en soit, cette période marque l’avènement de Leo Beenhakker à la tête de l’équipe.

Overseas & Overmars

Et après son départ, en 1992, c’est un certain van Gaal qui prend la tête de l’équipe. Prônant un football qui dénote par son style, il s’impose en Coupe UEFA en 1992. Avec notamment un petit Dennis Bergkamp en attaque. Ce dernier sera bientôt remplacé par Litmanen, qui marquera lui aussi. En 1995, l’Ajax remporte une nouvelle C1, avec le jeune Patrick Kluivert, 18 ans et buteur. Celle de 1996 sera perdue aux tirs au buts contre la Juve.

Le départ de van Gaal en 1998 pourrait être perçu comme une lente descente aux enfers. Mais avec Morten Olsen aux commandes, la bande de Michael Laudrup braque le championnat et la coupe. Cependant, les tensions à l’intérieur de l’équipe poussent l’entraîneur danois à quitter le club. Tous les joueurs de l’Ajax emblématiques ont peu à peu quitté le navire. C’est ce que l’on peut appeler la fin d’une époque.

Malgré le départ d’Overmars notamment, le club se reconstruit avec le recrutement par dessus les mers de van der Vaart, Ibrahimovic, et surtout Chivu. Entraîné par Koeman, l’équipe ne parvient cependant pas à obtenir des résultats impressionnants. Blind prend la tête de l’équipe, et abandonne les tactiques héritées de Cruyff pour un efficace 4-4-2. Peu après, l’Ajax, qui a déjà perdu nombre de joueurs, perd Sneijder pour 27M€. C’est la fin du grand Ajax. La fin aussi du football total. Le club « juif » – en référence aux symboles souvent utilisés – aura été 33 fois champion, la dernière fois en 2014. En plus des 4 C1 s’ajoutent une C2 et une C3. 18 coupes nationales viennent compléter l’imposant palmarès. Ces dernières années, l’Ajax assure son équilibre financier par la post-formation et la formation de nombreux jeunes de talents, qui portent une marque de garantie du fait de leur passage à Amsterdam.

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