Tour du Monde : Zoom sur Henry Fa’arodo

Tour du Monde - Henry Fa'arodo
Tour du Monde - Henry Fa'arodo

Henry Fa’arodo. Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais pourtant, il pourrait. En effet, si vous étiez un suiveur assidu du football polynésien, vous reconnaîtriez à la simple évocation de son nom une des légendes. Une des légendes de quoi, entends-je dans l’assistance. Mais une des légendes du football polynésien. Et non, il ne s’agit pas d’une forme de football. Pour éclaircir cela, je vous propose aujourd’hui de plonger dans la carrière d’Henry Fa’arodo.

Henry Samuel Luito’o Fa’arodo

Henry Samuel Luito’o Fa’arodo, c’est donc son nom complet. Comme aucun des membres de la rédaction ne parle un dialecte polynésien, nous nous sommes résolus à la chose suivante. Plutôt donc que d’éclaircir son nom, je vous propose d’éclaircir ses origines. C’est donc le 5 octobre 1982 que naît le petit Henry. Et il ne naît pas n’importe où. Il naît dans une ville de près de 64 000 habitants ! Quelle performance, donc, pour une ville de cette taille, de donner naissance à un tel joueur. Honiara donc – c’est le nom de la ville – est située sur l’île de Guadalcanal. Dans cette ville qui compte près de 2 700 habitants au kilomètre carré, Henry grandit dans les racontars de la bataille de Guadalcanal. C’est d’ailleurs à la suite de cette bataille que « Nagoniara » (en Polynésien) remplace Tulagi comme capitale des Salomons.

Et comme tout bon enfant des Salomons, vient le jour de l’émancipation. Pour lui, ce dernier arrive aux alentours des 18 ans. En 2000, il part en effet en Nouvelle-Zélande. Et c’est sa passion, le football – vous ne vous en doutiez pas !- qui en est la cause. Lors de la saison de ses 18 ans, il a des stats impressionantes avec les Nelson Suburbs. En effet, il dépasse les 1 buts par match, pour la simple et bonne raison qu’il ne dispute aucun match (et que 0/0=).  Cependant, la concurrence est féroce dans ce gros club ; à tel point qu’il n’y a pas de page Wikipédia en français. Bon, ceci dit, cela ne l’empêche pas en 2002 de signer aux Fawkner Blues. Il y dispute en 6 mois 15 matchs et inscrit 8 buts. Aidé par son imposant gabarit (un mètre soixante-douze), il fait la loi dans les surfaces. L’Australie lui sied donc mieux.

Entre Australie et Nouvelle-ZélandeHenry Fa'arodo (2011).jpg

Et les chevaliers de Melbourne – les Melbourne Knights – recrutent donc le jeune Salomonien (et non pas Salmonidé). Henry Fa’arodo brille à la pointe de l’attaque. En effet, en trente-trois apparitions, ce pur numéro neuf d’environ 85 kg marque quatre buts. Entre temps, il découvre la sélection des Salomons, et ce dès 2002. Il s’y impose comme un joueur majeur, disputant de 2002 à 2012 (10 ans) l’impressionnant total de 38 matchs pour 13 buts. Attiré par ces performances éblouissantes, l’assez bon club de Perth Glory décide de le recruter. Il y dispute de 2004 à 2006 onze rencontres. Il reçoit au cours de l’une d’elles un carton jaune pour protestation, m’ont indiqué des sources d’eau minérale.

Bon, donc logiquement, les Perth Glory sentent l’arnaque. Et pour éviter de se faire entuber encore plus, ils le larguent. Henry Fa’arodo et ses chaussures se retrouvent donc aux Essendon Royals. C’est en D2 Australienne que Henry revit. 20 matchs, 8 buts. Déjà mieux que dans ses deux clubs précédents. Bon, soit dit en passant, à leur place, je me méfierais d’un gars qui n’arrive pas à porter un numéro 10 ou 7 en sélection d’un pays complètement inculte du football. Finalement, la Nouvelle-Zélande, c’est pas mal puisque qu’il signe la saison d’après au Canterbury United (20 matchs, 7 buts), puis à nouveau en Australie aux Richmond FC (22 matchs, 7 buts).

C’est la crise !

Et pour Henry Fa’arodo aussi. Car il signe dans le club majeur de Nouvelle-Zélande, l’Auckland FC. Et c’est l’échec total en cette année 2007. Six matchs, aucun but. Aïe. Retour en Australie, donc, aux Altona Magic. Et c’est mieux, avec 7 buts en 27 matchs. De 2009 à 2011, il découvre un nouveau pays ; la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et découvre un club dont nous dressions dans un précédent épisode le portrait, le PRK Hekari United. Il y remporte en 2010 la Champion’s League de l’OFC. Son seul trophée majeur pour le moment. En 2011, il retourne au Pays, aux Salomons. Au Koloale FC Honiara, il dispute des matchs et marque des buts en une année.

Mais son goût du voyage reprend le dessus. Le grand club de Team Wellington (Nouvelle-Zélande) l’accueille. Car il a les qualités inhérentes à un joueur de ce club. Tel un robinet à un bon débit, il marque 5 buts en 8 matchs. Malheureusement pour lui, l’eau s’arrête et il n’en dispute pas plus. Et c’est au FC Nelson qu’il évolue depuis 2012. Il y inscrit un doublé pour sa première rencontre. Comme Marvin Martin en bleu. Il y marque au total 7 buts en 6 matchs. La saison suivante, retour au Team Wellington. Pour Henry Fa’arodo, il y a du mieux. Il marque à douze occasions, en disputant 29 manches. Fin 2015, il signe au Western United. Entre 2012 et 2017, il ajoute 8 sélections et deux buts à son compteur en équipe nationale.

Belle carrière. Et vous, qu’en pensez vous ?

A propos NSOL 299 Articles
"La première liberté de la presse, c'est de n'être pas un métier" - Karl Marx, 1842.
  • Perso.
    Je rêverais de jouer dans des pays à la con comme ça.

    Juste pour le kiff.

    Après même en Papouasie j’ai pas le niveau donc c’est plus compliqué.