Dix-huit ans, et premier contrat professionnel en poche. Cette situation fait rêver plus d’un jeune en centre de formation, rêvant de devenir footballeur. Pourtant, avoir un contrat professionnel est un véritable piège financier pour de nombreux footballeurs. Entre argent facile et notoriété accélérée, être joueur professionnel n’est pas de tout repos.

Conseillers véreux

Chris Sutton, joueur le plus cher de l’histoire du football anglais en 1994. Celestine Babayaro, près de deux-cent matchs avec Chelsea. Bobo Vieri, plus de cinq-cents matchs en professionnels sous les couleurs de l’Italie, de l’AS Monaco, de la Juventus, de l’Atlético Madrid ou encore de l’Inter Milan. Tous ces joueurs ont un point commun : ils ont terminés ruinés après leur carrière. La faute à des conseils financiers de mauvaise facture – mais souvent facturés hors de prix – et à des investissements douteux, près de 40 % des joueurs de football professionnels finissent ruinés à l’issue de leur carrière. Et pour la plupart, une grande partie de la responsabilité est imputable à des conseillers véreux. Car si l’argent est facile pour les footballeurs, il ne sont pas formés à comment le dépenser.

Car il ne faut pas oublier que les joueurs de football sont avant tout des jeunes de banlieue qui se retrouvent, sans transition, propulsés dans un monde où l’argent abonde. Et des vautours traînent au-dessus de ces proies faciles. Car les footballeurs en herbe se retrouvent très vite entourés de personnes se présentant comme des amis, des alliés, des conseillers. Avant même d’avoir signé, les jeunes joueurs ne savent plus où donner de la tête. Rares sont ceux qui n’ont pas d’agents lors de leur première signature. Et qui dit agent, dit commissions et dit mises en relation avec des intermédiaires. Bien souvent, “l’argent facile” se retrouve au centre d’affaires immobilières. Des investissements douteux, surfacturés ou qui ne voient jamais le jour, et le conseiller qui s’envole au moment de rendre des comptes. Non sans avoir touché sa commission, évidemment.

Alcool, soirées et poker

Quand on a de l’argent, beaucoup plus d’argent qu’il n’en faut pour vivre, on doit trouver des manières de le dépenser. Encore plus quand on a dix-huit ou vingt ans. Le meilleur moyen de faire cela, c’est d’aller en boîtes de nuit, de dépenser des milliers d’euros dans des bouteilles de Champagne ou de vodka, et parfois de payer des escort-girls pour pimenter le tout. C’est en tout cas comme ça que raisonnent de nombreux footballeurs. Mais tout s’aggrave à la fin de la carrière, lorsque le cadre sportif n’est plus là pour maintenir les joueurs, et qu’ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. L’alcool devient alors quotidien, les soirées s’enchaînent, et l’alcoolisme s’installe dans le quotidien. Nombreux sont les exemples, comme l’ancien madrilène Cicinho, quinze sélections avec le Brésil et alcoolique pendant près de vingt ans.

Mais en plus de l’alcoolisme et des soirées à foison, les jeux d’argents s’installent profondément dans la vie des footballeurs au cours de leur carrière. Car quand on a beaucoup d’argent, en dépenser beaucoup n’est pas un problème. Et nombreux sont ceux qui tombent dans cette déchéance. Le poker en attire certains, et peut provoquer des faillites monumentales. Et si les paris sportifs sur les championnats français sont interdits aux footballeurs en France, ce n’est pas pour autant que ce phénomène ne les touche pas. Car il y a des dizaines de sports sur lesquels parier, perdre son argent, rejouer et encore perdre. Et après la carrière, ce phénomène peut s’aggraver. Car, persuadés de connaître le football, les anciens joueurs jouent parfois des sommes énormes afin de retrouver l’adrénaline des matchs, et de gagner à nouveau beaucoup d’argent. Cela résulte souvent dans des faillites et des addictions.

Easy girls

L’argent facile attire les filles faciles, et c’est bien le drame auquel sont confrontés les footballeurs professionnels. Car les footballeurs sont à la fois plutôt attirants physiquement – relativement à la population moyenne -, jeunes, riches et célèbres. Et en plus, ils manquent souvent de discernement. Autant d’éléments qui font un cocktail gagnant pour attirer des personnes moralement douteuses, qui souhaitent avant tout soutirer de l’argent. Bien sûr, certains footballeurs ont un environnement amoureux stable et sain. Mais pour beaucoup d’entre eux, il y a un véritable challenge : ne pas se faire berner par une fille amoureuse du portefeuille ou de la célébrité plus que de l’homme. Et quand on regarde la liste des divorces à l’issue des carrières de footballeurs, on a la preuve que malgré tout leur talent sur le terrain, beaucoup de joueurs manquent de discernement quant aux choix de leurs compagnes.

D’autant plus que les filles faciles n’aident ni le développement financier des joueurs, ni leur développement sportif. En leur faisant privilégier des choix de vie plutôt que des choix sportifs – une signature dans le sud de l’Espagne plutôt que dans le nord de l’Angleterre -, elles ruinent bien souvent les potentiels de progression de leurs amoureux. Et se transforment ainsi en véritables poisons pour leurs compagnons… qui n’osent pas les quitter, de peur d’un divorce tonitruant. Si on ajoute à ce cocktail explosif des paternités avant même d’avoir vingt-cinq ans, il devient très difficile de discerner le bien et le mal.

L’argent facile des footballeurs n’est donc pas aussi facile à gérer qu’il peut en avoir l’air de l’extérieur. Au contraire. Le potentiel de déstabilisation de la vie des footballeurs est hautement important. Et c’est au club de savoir les accompagner sur ce segment. Avec, par exemple, des aides psychologiques

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