Cet été, les Pays-Bas vont disputer leur première compétition majeure depuis la Coupe du monde 2014 au Brésil. Après un long passage à vide, les Néerlandais reviennent au premier plan. Retour sur cette rédemption.

L’après van Gaal : une mission complexe pour Hiddink et Blind

Lorsque les Pays-Bas achèvent leur Mondial 2014 par un net succès 3-0 contre le Brésil lors du match pour la troisième place, pas grand-chose ne laisse présager un avenir aussi nuageux. Cependant, le ciel s’assombrit après le départ de Louis van Gaal pour Manchester United et paradoxalement, le soleil réapparaît lorsque leurs vieillissants tauliers – Sneijder, Robben et van Persie – prennent leur retraite entre 2017 et 2018. Un changement d’air, c’est sans doute ce dont les Oranje avaient besoin.

Les Néerlandais bafouent complètement les qualifications pour l’Euro 2016 et ne participent de fait pas au dit tournoi. Ils terminent quatrièmes de leur groupe derrière la République Tchèque, l’Islande et la Turquie, avec quatre victoires au compteur. Guus Hiddink, sélectionneur de l’époque, puis son successeur Danny Blind, préfèrent compter sur leurs stars pourtant sur le déclin, aux dépens des nouveaux joyaux, Depay et Promes, qui brillent au PSV et au Spartak.

Dans la continuité de cette médiocrité, les Pays-Bas vivent un nouvel échec. Les qualifications pour la Coupe du monde 2018 ont très mal débuté. La KNVB agit en conséquence et remercie Danny Blind. Dick Advocaat prend les rênes de la sélection néerlandaise mais le réveil est trop tardif. Malgré un net redressement, les Hollandais terminent troisièmes du groupe de qualifications, derrière la France et la Suède. Une nouvelle fois, la compétition sera regardée à la télé.

Koeman dans la lignée d’Advocaat

Neuf matchs, dont huit victoires après sa prise de fonction, Advocaat est remplacé par Ronald Koeman au poste de sélectionneur. Ce dernier sort d’une expérience plus que mitigée avec Everton, mal en point en Premier League et éliminé de l’Europa League.

Sous Koeman, les Pays-Bas proposent un jeu offensif, brillant, particulièrement alléchant. Les résultats confirment cette impression de renouveau puisque les Hollandais se qualifient pour l’Euro 2020, leur premier tournoi majeur depuis 6 ans. On mettra à leur crédit une victoire 4-2 en Allemagne, une nation qu’ils avaient d’ailleurs battue 3-0 en Ligue des Nations un an plus tôt.

Cette Ligue des Nations, d’ailleurs, est celle qui remet les Pays-Bas sur le devant de la scène. Les hommes de Ronald Koeman terminent premiers de leur poule devant la France et l’Allemagne. On se souvient de ce match à Rotterdam où les Oranje avaient asphyxié les Bleus pendant 90 minutes, se créant pléthore d’occasions. En demi-finale, les Bataves dominent l’Angleterre après prolongations (3-1), puis s’inclinent d’une courte tête en finale face au Portugal de Cristiano Ronaldo (0-1).

L’effectif : une génération dorée

Si on peut saluer l’excellent travail de Koeman, il n’en demeure pas moins que le sélectionneur hollandais peut profiter d’une génération dorée, celle qui, peut-être, arrivera à faire ce que Robben & cie n’ont pas réussi à faire, décrocher leur première étoile.

En attendant, le pays de la tulipe se contenterait bien d’un titre européen et peut légitimement croire en ses chances. Il dispose en effet d’un des meilleurs (du meilleur ?) effectifs d’Europe.

Equipe-type des Pays-Bas. (de Roon susceptible de remplacer van de Beek)

Le 4-3-3 à la loupe

Dans les buts, Jasper Cillessen, titulaire à Valence, est l’un des seuls rescapés du Mondial 2014. Quant à la défense centrale, il s’agit de ce qui se fait de mieux au monde. La paire van Dijk – de Ligt fait la solidité des Pays-Bas qui n’ont encaissé que sept buts lors des éliminatoires à l’Euro. Dumfries et Blind assurent les ailes.

Au milieu de terrain, Frenkie de Jong, le joueur du FC Barcelone, occupe un rôle de sentinelle mais est aussi assigné au rôle de créateur. Peut-être l’un des meilleurs à son poste actuellement. De par sa facilité technique, il égaye le jeu néerlandais. À sa droite, Georginio Wijnaldum se distingue par ses qualités offensives. Il est l’auteur d’un récent triplé lors du succès contre l’Irlande du Nord. Marten de Roon, pion essentiel de l’Atalanta, ou Donny van de Beek, joueur de l’ombre de l’Ajax, complètent ce milieu.

Le secteur offensif est occupé par l’ailier du PSV, Steven Bergwijn, à droite et par Ryan Babel, le joueur de Galatasaray, à gauche. Ce dernier aura affaire à de la concurrence puisque Quincy Promes est étincelant avec l’Ajax depuis le début de la saison. C’est le néo-capitaine de l’OL, Memphis Depay, qui se positionne en pointe… sur le papier. Il s’agit en fait d’un positionnement en électron libre sur le terrain. Depay dispose de beaucoup de libertés, n’hésite pas à décrocher, et orchestrer les offensives bataves. Son efficacité est glaçante: 6 buts et 7 passes décisives au cours des qualifications à l’Euro, mais le voir jouer est également un régal pour les yeux.

Une succession déjà assurée ?

Enfin, les Néerlandais peuvent compter sur la montée en puissance de jeunes pépites. Parmi elles, le meilleur buteur d’Eredivisie, Donyell Malen (PSV, 20 ans), fait office de doublure à Memphis Depay. Calvin Stengs, l’ailier de l’AZ Alkmaar, vient d’effectuer ses premiers pas en sélection et montre déjà une certaine affinité sur le terrain avec Memphis, malgré son statut de remplaçant.

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