Villes de football s’intéresse aux relations entre les différents clubs à l’intérieur des grandes villes du ballon rond. Aujourd’hui, pour ce quatrième épisode, nous allons partir à la découverte d’Amsterdam, la nébuleuse.

Petit village

Amsterdam. Étymologiquement un petit village sur l’Amstel, le cours d’eau qui coule au bord de la ville. La ville d’Amsterdam n’est qu’un petit village de pêcheur jusqu’au Moyen-Âge, mais se développe très vite au cours de la Renaissance, jusqu’à devenir une des plus grandes villes d’Europe. En effet, depuis l’indépendance des Provinces-Unies en 1581, les Pays-Bas sont un des États les plus libéraux d’Europe. Tout le monde a à l’esprit le fameux quartier rouge d’Amsterdam, dans lequel les relations tarifées sont monnaie courante. Vient aussi à l’esprit la législation particulièrement libérale du pays concernant la consommation de ce que l’on nomme pudiquement le chanvre indien et le chanvre afghan.

Mais ce n’est pas ça qui fait le libéralisme historique des Pays-Bas et en particulier d’Amsterdam. C’est avant tout par la liberté individuelle propre qui a toujours subsisté dans ce petit bout de terre entre l’Angleterre, la France et l’Allemagne. L’exemple le plus frappant est celui de la liberté de culte accordée aux juifs dès la fin du seizième siècle. Alors que l’inquisition espagnole et portugaise chassait les israélites, les Pays-Bas accordaient la plus grande égalité et autonomie aux séfarades comme aux ashkénazes. Cela a permis l’émergence de grandes figures intellectuelles aux Pays-Bas, avec bien sûr le juif excommunié Baruch Spinoza, mais aussi avec le mathématicien Christian Huygens ou bien l’archéologue Caspar Reuvens.

Le libéralisme ambiant a donc favorisé l’éclosion de nombreuses disciplines, scientifiques comme sportives. Et, logiquement, le football n’a pas fait exception à cela. Les Pays-Bas sont un pays de football, un des pays parmi les plus performants eut égard à leur nombre d’habitants. Et Amsterdam n’y fait pas exception.

Mythologie

Un club domine le paysage footballistique amstellodamois : l’Ajax d’Amsterdam. Géant incontesté du football local, il est même un des clubs dominants du paysage footballistique néerlandais et européen. Plusieurs fois présent au plus haut niveau européen, son histoire est riche et parsemée d’exploits. Mais d’autres clubs ont vu le jour à Amsterdam bien avant l’Ajax. A commencer par le RAP (1887-1914), cinq fois champion des Pays-Bas. Si aujourd’hui le club existe encore, ce n’est que dans sa section cricket qu’il est reconnu ; sous le nom de VRA. Il évolue en première division nationale de cricket, et a conquis à plusieurs reprises le titre de champion.

Quelques années après, en 1895, c’est au tour de l’Amsterdamsche FC de voir le jour. Ce club amateur, évoluant en cinquième division, a notamment vu dans ses rangs l’éphémère joueur des Girondins de Bordeaux Stanley Menzo. En 2016, l’équipe première s’était notamment inclinée lors d’un match amical face à l’Ajax d’Amsterdam sur le score de 3-1. Une performance honorable si l’on excepte le fait que ce fut l’équipe U15 de l’Ajax qui jouait ce jour-là…

Un club aurait pu devenir le second grand club amstellodamois, le Amsterdamsche Football Club Door Wilskracht Sterk ou plus simplement « DWS », champion en 1963. Mais dans les années 1970, il s’est complètement écroulé, tant sportivement que financièrement. Même s’il existe toujours, il évolue en sixième division néerlandaise. Triste période pour eux qui en 1968-1969 s’étaient imposés au pile ou face en coupe d’Europe face à Chelsea, après deux matchs nuls 0-0. D’autres clubs pointèrent le bout de leur nez, comme le Blauw-Wit d’Amsterdam, fondé en 1902 et qui a un statut amateur. Une nouvelle vague de création de club eut lieu au cours des années 1970-1980-1990. Un club en est la plus parfaite illustration. Il s’agit du FC Amsterdam (1972-1982), qui a évolué en première division.

Cruyff

Un symbole d’Amsterdam, à n’en pas douter, que Johann Cruyff. Le footballeur international néerlandais, le premier triple ballon d’or de l’histoire, a marqué l’histoire de l’Ajax et du football à Amsterdam. Ce n’est pas pour rien que l’antre de l’Ajax, anciennement Amsterdam ArenA, s’appelle désormais Johan Cruijff ArenA. Ce grand stade de 53 982 places en configuration football – 60 000 pour les concerts – a été construit de 1993 à 1996. L’architecte, Rob Schuurman, est le même qui a conçu le stade olympique de Radès, en Tunisie.

Il a pris la place, dans le cœur des supporters de l’Ajax, du bon vieux Stadion De Meer, dans lequel l’Ajax a évolué pendant soixante-deux ans. Aujourd’hui démoli, il avait une capacité de 19 000 places, beaucoup trop peu quand on connaît l’engouement populaire devant les matchs de l’Ajax Amsterdam. La perte de ce stade a été lourde pour le Ons Oranje, l’équipe nationale néerlandaise. En effet, elle a gagnée l’intégralité des matchs qu’elle a disputé ici, soit cinq victoires.

Mais comme le Stadion De Meer était trop petit, l’Ajax jouait quasiment tous ses matchs de Coupe d’Europe dans le Stade Olympique. S’il ne fait aujourd’hui plus que 23 000 places, il a par le passé été un un des plus grands stades de ce petit bout d’Europe. En effet, il a eu de 1937 à 2000 un second étage de tribune, qui permettait de passer sa capacité à 64 000 places. En plus, contrairement au Stadion De Meer, il possédait un système d’éclairage nocturne, ce qui permettait à l’Ajax de jouer la nuit ! Aujourd’hui, le Stade Olympique n’est guère plus utilisé que par l’équipe nationale ou bien pour des compétitions d’athlétisme.

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