Deux fois par semaine, retrouvez votre digest de l’Euro 2020 sur demivolee.com. Au programme à l’aube de multiplex décisifs : une cascade de CSC, un record qui en cachait un autre et un certain milieu belge de gala.

L’évènement : All time Löw

Décidément, cette sélection du Portugal est à la poursuite de tous les records. Mais parfois, ce ne sont juste pas les bons. Samedi, contre l’Allemagne, le Portugal est devenu la première nation de l’histoire des compétitions internationales majeures (Euros et Coupes du monde) à s’infliger deux buts contre son camp en un même match, qui plus est en une dizaine de minutes à peine.

Ces « CSC » sont à l’image du match : fruits d’une ligne défensive portugaise submergée et d’un milieu en manque de contrôle. Comme le match là aussi, ces CSC sont surtout l’œuvre de Robin Gosens. Le piston gauche allemand s’est mué « passeur décisif » sur le premier but, avant-dernier passeur sur le deuxième, vrai passeur décisif quand son centre trouve Kai Havertz sur le troisième et premier « vrai » but allemand, avant d’enfoncer lui-même le clou en inscrivant le but du 4-1. Et c’est sans mentionner sa réalisation d’une splendide reprise acrobatique dans les toutes premières minutes, refusée pour un hors-jeu passif millimétré de Serge Gnabry.

Homme du match incontesté, il est l’illustration même d’un sélectionneur qui a parfaitement assimilé les profils de ses joueurs et s’acharne à les conforter. Robin Gosens dans le rôle de piston qu’il illumine à l’Atalanta, Antonio Rudiger dans une défense à trois comme à Chelsea, son coéquipier de club Kai Havertz tout en permutation tel le 9,5 qu’il est à Stamford Bridge et qui avait déjà gêné la France, Serge Gnabry dans les mêmes décrochages qui précèdent une percée dans les intervalles… Joachim Löw a fait de la compatibilité son leitmotiv.

Et c’est bien plus que de simplement mettre les joueurs à leur poste. Ils régissent très bien ce 3-4-3, dont le maintien par Löw est une grande prise de risque face aux critiques. L’ouverture du score portugaise – aussi belle soit-elle – ne vient que d’un mauvais repli allemand sur corner offensif, et le deuxième but encaissé fait suite à une erreur de concentration sur coup franc. Aussi agressif que lisible, ce 3-4-3 s’est pourtant avéré solide défensivement, même quand il ressemblait parfois à un 1-4-5 jusqu’à y voir Matthias Ginter centrer dans la surface adverse, et diablement prolifique offensivement. Avec beaucoup de mouvements et une « bête » surcharge numérique pour dominer les ailes, Löw a totalement pris le meilleur sur Santos. De quoi replacer la Mannschaft dans les sérieux favoris de la compétition…

Le chiffre :  Hey Jude, record battu

Il y a une semaine, nous ouvrions notre série des Digests de l’Euro avec le record de précocité de Jude Bellingham qui, à 17 ans et 349 jours, devenait le plus jeune joueur de l’histoire à disputer un match d’Euro. Ce record, qui effaçait un autre vieux de neuf ans, vient d’être balayé en six jours. L’heureux élu est Kacper Kozlowski, entré en jeu face à l’Espagne pour la Pologne, alors qu’il n’était âgé que de 17 ans et 246 jours. À noter que Kozlowski peut dormir tranquille : son record tiendra au moins trois ans car il est le plus jeune joueur parmi toutes les listes de cet Euro.

Un autre chiffre est également à souligner, c’est celui des onze victoires consécutives de l’Italie sans encaisser le moindre but – huit sans compter les matchs amicaux. En confirmant sa qualification hier soir, l’Italie s’impose donc comme l’équipe la plus impressionnante de ce début de compétition.

Le but : De Bruyne avec classe

Après deux merveilleuses frappes, honorons cette fois une action collective : le deuxième but de la Belgique face au Danemark, par Kevin De Bruyne, qui vient attester la métamorphose de l’équipe en deuxième mi-temps alors que le Danemark maîtrisait brillamment son sujet en début de partie. L’entrée du milieu de terrain de Manchester City dès le retour des vestiaires aura fait basculer le cours du match. C’est lui qui sert magnifiquement Thorgan Hazard sur l’égalisation. C’est encore lui qui conclut ladite action collective d’une frappe pure depuis l’entrée de la surface, après un décalage inspiré de Youri Tielemans et une élégante combinaison entre les frères Hazard, pour prendre la tête.

Si dans les deux cas, les excellents travaux de Romelu Lukaku sont à saluer, c’est bien Kevin De Bruyne qui impose sa classe de meilleur milieu de terrain au monde. La Belgique sera contente de pouvoir compter sur lui plus d’une mi-temps par match, alors que KDB joue diminué – du moins « seulement » au visage, mais avec des conséquences sur la fatigue, le confort et le mental – depuis un choc avec Rudiger en finale de LDC.

La suite : Des gros poissons pourraient laisser filer leur qualification

Cette semaine, c’est l’heure des multiplex décisifs pour les fins des matchs de poules ! Certains sont déjà éliminés – c’est le cas de la Macédoine du Nord et de la Turquie, dont on attendait tellement une bonne surprise que son crash en est devenu une. D’autres, comme l’Espagne ou le Portugal, sont en danger.

Après la cinquième défaite face à l’Allemagne autant de rencontres dans les tournois majeurs depuis 2006, le Portugal flirte avec l’élimination dès les poules. Si, comme vu précédemment, trois points et un goal average positif auraient tendance à suffire pour accéder aux huitièmes en tant que meilleur troisième, ce ne serait plus du tout la même histoire en cas de (large) défaite contre les Bleus. D’autant qu’une défaite combinée à une victoire de la Hongrie sur l’Allemagne les placerait même derniers du groupe.

L’Espagne, quant à elle, n’a toujours pas trouvé la clef avec le ballon et commence à sentir la chaleur de l’élimination après ces deux matchs nuls décevants, cumulant un total ahurissant de 5,82 expected goals pour un seul but réel. Elle devra impérativement gagner face à la Slovaquie, deuxième du groupe, car un nul pourrait les voir finir quatrième si la Pologne bat la Suède dans le même temps.

Sur une note moins surprenante mais tout aussi symbolique, c’est la Croatie qui est également dans l’urgence. Bien que ce ne soit plus la même équipe ni la même dynamique qu’en 2018, voir les finalistes du dernier Mondial sortir par la petite porte serait un coup de tonnerre, d’autant plus au sein d’un groupe aussi prenable. Une victoire pourrait néanmoins les sauver.

Le programme :

Lundi 21 juin :

Ukraine – Autriche (18h, BeIN)
Pays-Bas – Macédoine (18h, BeIN 2)
Finlande – Belgique (21h, BeIN et TF1)
Danemark – Russie (21h, BeIN 2)

Mardi 22 juin :

Angleterre – Tchéquie (21h, BeIN et M6)
Écosse – Croatie (21h, BeIN 2)

Mercredi 23 juin :

Suède – Pologne (18h, BeIN)
Espagne – Slovaquie (18h, BeIN 2)
France – Portugal (21h, BeIN et TF1)
Allemagne – Hongrie (21h, BeIN 2)

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"Le joueur de football est l'interprète privilégié des rêves et sentiments de milliers de personnes." César Luis Menotti.