Certains ont voulu nous faire croire qu’avec la Covid-19, tout allait changer. Et que le football ne ferait pas exception à la règle. Mais avec le retour des plus grandes affiches européennes sur les derniers jours, on se rend compte qu’en fait, rien n’a changé. Rien du tout.

Les mêmes fusibles

Mais en même temps, qu’est-ce qui aurait pu changer ? Allez, les spectateurs. C’est vrai, ils ne sont plus présents dans les stades, et pour les abonnés et autres habitués, le changement doit être radical. Mais soyons raisonnables un instant. Quelle proportion des amateurs de football cela représente-t-il ? Une poignée, quelques pourcents à peine. Bien sûr, ils ne doivent pas être négligés et oubliés. Mais dans les grandes masses, ils ne sont qu’une goutte d’eau de plus dans l’océan de conséquences amenés par la pandémie. Et puis, sincèrement, quand on regarde les matchs de Ligue des Champions à la télévision, est-ce que on se rend vraiment compte de leur absence ? Pas vraiment, les bruitages ajoutés par la réalisation compensant bien souvent cela.

C’est malheureux, peut-être, c’est pourtant inévitable. Il faut bien que la vie continue, alors on s’adapte, on fait des choix. Et l’on sait, malheureusement, que les spectateurs présents physiquement dans les stades sont les premiers fusibles des autorités. Interdictions de déplacement, huis-clos, fermetures partielles de virage, déplacements encadrés par les forces de l’ordre… finalement, cela ne change pas vraiment de d’habitude. Bien sûr, les raisons sont différentes. Mais qu’importent les raisons tant que le résultat est le même. Qui est vraiment attentif à ce qui se passe dans les coulisses, quand le devant de la scène reste dans les mémoires.

Bien sûr, les joueurs sont sans doute touchés par l’absence de leurs supporters. Mais si l’on regarde un peu plus largement que les compétitions les plus médiatisées, c’est monnaie courante de jouer sans personne dans les gradins. Repensez à vos matchs quand vous étiez gamins. Pour eux, c’est un simple retour en arrière. Ou, au mieux, une prise de conscience de leur chance.

Les mêmes émotions

Mais les émotions, elles, malgré tout, ne changent pas. Leur force reste la même, avec bien sûr des variations entre les individus. Mais aucun supporter de Lyon ne dirait que la qualification – inespérée – de son club face à la Juventus de Turin ne lui a donné aucune émotion. Bien sûr, elle ne s’exprime pas pareil d’une année à l’autre, mais cela dépend avant tout de l’attachement que l’on a à son club, à ses joueurs, à son entraîneur. Au final, malgré les mois de pause, la Ligue des Champions est toujours foncièrement puissante. La petite musique, si caractéristique, de la compétition, fait toujours vibrer la plupart d’entre nous au plus profond de leurs entrailles.

Ces mois d’attentes ont pu créer un sentiment de manque, d’oubli, mais aussi parfois de surchauffe. N’est-ce pas insupportable, en France en tout cas, de parler de football alors qu’aucun match officiel ne peut se disputer sur le territoire national pendant des mois ? Alors ce retour à la normale, même s’il se fait bien loin de la norme, fait du bien. Et procure des émotions puissantes. Rien n’a changé, rien n’a changé.

Et puis, ce qui n’a pas changé, et ce qui ne changera jamais, c’est que chacune de ces situations particulières que nous vivons écrivent l’histoire. Il y a eu le football de guerre. Et il y a eu le football coupé en deux entre le bloc de l’Est et celui de l’Ouest. Il y a eu la mondialisation invétérée du football post-arrêt Bosman. Autant de choses bonnes ou mauvaises qui ont écrit l’histoire du football. La Covid-19 n’est finalement qu’un élément de plus dans la riche histoire du football. Rien n’a changé.

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