Pourquoi s’intéresser aux petites équipes du football ? Et pourquoi écrire sur les formations inconnues du football ? C’est vrai, ce n’est pas ce qui fait du clic et du like sur les réseaux sociaux. Et c’est vrai, ces nations, ces clubs, ne pratiquent pas le meilleur football de la planète. Pourtant, ce sont ces équipes, ces petites équipes qui font du football le beautiful game.

La magie du football

Tout le monde est d’accord pour dire que la magie du football réside dans son universalité. Car c’est justement parce que le football est universel qu’il parle à tout le monde. L’universalité, c’est le fait que le football ait une signification partout. A Paris, à Alger, à Tokyo. En Avignon, à Bogotá, à Libreville. Au Cap, à Dacca, à Iekaterinbourg. Bien sûr, le sens du football n’est pas strictement le même, n’est pas exactement équivalent dans toutes les villes du monde. Mais néanmoins, quoiqu’il en soit, l’idée est globalement identique. Dans toutes les villes du monde, pourvu qu’il y ait une centaine d’habitants, il y a toujours quelqu’un pour parler de football.

En bien, en mal, là n’est pas la question. L’idée principale, c’est que le football, ça parle à tout le monde. Et si le football parle à tout le monde, c’est que tout le monde peut y jouer. Ou ça ? Dans les petites équipes, bien évidemment. Le football est partout, et avant tout dans les petites équipes. Finalement, le monde professionnel, ça ne représente pas grand monde. En France, qui peut se targuer d’être professionnel ? Une trentaine de joueurs, dans une cinquantaine ou soixantaine de clubs. Deux-mille joueurs, en comptant large. Et parmi eux, combien connaissent la gloire et le faste ? Une infime minorité. Ce ne sont pas ces deux-mille joueurs qui, en réalité, font l’âme du football. Ce sont les deux millions de licenciés à la FFF.

L’âme du football

Oui, c’est bien une question d’âme. S’intéresser aux petites équipes, c’est s’intéresser à la grande histoire du football. S’intéresser à ces clubs qui, un à un ne représentent rien, c’est s’attaquer à un tout beaucoup plus grand. En parlant d’un club inconnu de première division africaine, on révèle tout un écosystème, tout un mode de fonctionnement et de pensée. Bien sûr, les matchs ne sont pas aussi passionnants, pas aussi techniques que les plus grandes parties de Ligue des Champions. Bien sûr. Evidemment. Mais seule une équipe, tous les ans, peut remporter la compétition la plus prestigieuse du football. Celle que, s’il ne fallait en choisir qu’une seule, tous les joueurs ou presque choisiraient. Et puis s’il y a, chaque année, en mai, une finale de Ligue des Champions de l’UEFA, c’est parce qu’il y a eu quelque chose avant.

C’est parce qu’au mois de juillet, au Luxembourg, au Kosovo, aux Îles Féroé, à Saint Marin, à Gibraltar, des jeunes gens sont venus jouer au football. Dans des petites équipes. Mais sans petites équipes, il n’y a pas de grandes équipes. Sans petits récits de vie anonyme, il n’y a pas de grand parchemin du football. Sans les footballeurs du dimanche après-midi, dans des formations inconnues au bataillon, il n’y a pas de Cristiano Ronaldo, de Lionel Messi, de Neymar Jr.

C’est pour toutes ces raisons que les petites équipes sont si importantes. Elles révèlent tant de notre football, de notre histoire, qu’elles sont finalement essentielles. Finalement, parler des petites équipes du football, cela revient à dire tout. A raconter toute l’histoire du football. A expliquer pourquoi ce sport si simple est devenu mondialement connu. Pourquoi, partout, de la gloire des mondiaux jusqu’aux affres des Goulag ou de Terezin, le football a posé sa patte.

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