Le football est le sport le plus populaire de la planète, et des clubs professionnels fleurissent sur tout le globe. Les médias se bousculent pour avoir la moindre petite information sur les grands clubs de tous les pays du monde. Tous ? Non, quelques uns résistent encore et toujours à la pression médiatique. Alors attachez vos ceintures, éteignez vos mégots, et partons ensemble à la découverte de l’Abahani Limited Dhaka dans ce nouvel épisode de Tour du Monde.

Au Bangladesh

L’Abahani Limited Dhaka est situé, comme son nom l’indique, à Dhaka, ou Dacca en français. Depuis l’indépendance du Bangladesh, en 1971, Dacca est la capitale du pays. Avant, elle était déjà le chef-lieu du Pakistan oriental, lorsque le Pakistan et le Bangladesh étaient réunis en un seul État, musulman, suite à la sanglante et douloureuse partition de l’Inde. L’orthographe Dhaka, que l’anglais a pleinement adopté, est rentrée officiellement en vigueur en 1982. En effet, les autorités du Bangladesh se sont lancées dans une politique de réappropriation des espaces territoriaux. Cette politique n’a rien d’originale en Asie du sud et de l’est. On a vu ainsi la Birmanie devenir Myanmar, Bangalore devenir Bengaluru en Inde ou encore Canton prendre le nom de Guanghzou en Chine.

Pakistan occidental et Pakistan oriental
Pakistan occidental et Pakistan oriental

Mais voilà, la partition des Indes a beau eût être très douloureuse, les Anglais ont aussi laissés quelques éléments culturels positifs. Et parmi ces éléments, on retrouve le football. Bien sûr, le football en Asie n’est pas ce qu’il est en Europe. Il n’y a guère que le Japon qui puisse être réellement compétitif et attractif, et la Chine depuis quelques années à peine. Mais cela n’empêche pas le football d’être extrêmement populaire en Asie. Les matchs du Real Madrid, de Manchester United ou du Barça, bref, des grandes écuries européennes, sont suivis par des millions de personnes. Et ce même au milieu de la nuit éclairée par les lumières de la ville. Par contre, le football local, lui, a de nombreuses difficultés.

Faire grandir le football

Mais quelques clubs essayent, tant bien que mal, de faire grandir le football au niveau local. Parmi celles-ci, il y a l’Abahani Limited de Dhaka. Fondé en 1972, le club de la capitale bengalie n’est pas le plus ancien du championnat. En 1948, le Victoria SC remportait déjà le premier championnat du Bengladesh. Seulement voilà, l’Abahani Limited de Dhaka n’est pas né tout seul. A l’origine, il y a un homme, Sheikh Kamal, qui disparaîtra en 1975 lors de l’assassinat de son père le président du Bangladesh Sheikh Mujibur Rahman. S

heikh Kamal est un grand amateur de sport, de cricket, de volleyball comme de football. Et il veut avoir son club, son petit jouet. Alors il reprend les ruines de l’Iqbal Sporting Club, un club sans aucune envergure, et fonde l’Abahani Limited Dhaka. Et ils ne mettront pas longtemps à s’illustrer. Deux ans seulement après sa fondation, l’Abahani Limited Dhaka remporte son tout premier championnat, la Dhaka League. Mais ce championnat n’est qu’un petit championnat local, qui ne concerne que les clubs de la capitale du Bangladesh.

Il faut attendre 2007 avant de voir le club remporter son premier championnat national. Mais entre temps, il y a eu sept coupes de la fédération, et de nombreux autres titres nationaux plus ou moins officiels, et des trophées internationaux amicaux, notamment en Inde. Mais quand le club accède à la Bangladesh Premier League nouvellement créée, il ramasse tout sur son passage. En onze éditions du championnat, six titres sont venus garnir l’armoire à trophées de l’Abahani Limited Dhaka. Cela en fait tout à fait logiquement le club le plus titré de l’histoire du championnat, mais surtout un des trois seuls clubs à avoir remporté le championnat du Bangladesh.

Un projet ambitieux

Fort de ce palmarès assez fourni, le club à des ambitions à l’échelon asiatique. Malgré des résultats en demi-teinte – le club n’a jamais dépassé le deuxième tour d’une compétition continentale -, les dirigeants du club veulent en faire, si ce n’est un grand d’Asie, un club intéressant pour les joueurs. Quelques noms, déjà, ont été attirés. Bien sûr, il ne s’agit pas de grands noms ronflants d’anciennes gloires du football comme dans l’Indian Super League. Mais on retrouve par exemple dans les rangs de l’Abahani Limited Dhaka l’ancien attaquant du Mans UC 72, de Grenoble ou du FC Sion Kervens Belfort, aussi international haïtien. Le club parvient également à attirer les bons joueurs bengalis, comme par exemple le portier de la sélection Shahidul Yousuf Sohel, revenu au club en 2016 après un passage de deux saisons au Sheikh Jamal Dhanmondi Club.

Le club essaye aussi d’augmenter sa compétitivité internationale grâce à des entraîneurs de grande qualité, par rapport bien sûr au niveau moyen du championnat. Parmi eux, notamment Mário Lemos, actuellement entraîneur du club et ancien joueur du championnat portugais. Lemos a une idéologie de jeu basée sur la possession haute du ballon, la pression sur les défenses adverses et les contres fulgurants lors des phases où l’équipe est un peu plus en difficulté. Avec une organisation tactique variable, à quatre ou à cinq derrières, le club se veut très solide. Et, à vrai dire, c’est assez efficace, puisque le club continue de rouler sur le championnat du Bangladesh et sur la coupe nationale, un peu à l’image du Paris Saint-Germain en France. Alors, de là à voir Thomas Tuchel venir prendre des leçons de football de la part de Mário Lemos, il n’y a qu’un pas…

Retrouvez les précédents épisodes de Tour du Monde en cliquant sur les liens ci-dessous :

– Équipe Nationale du Lazistan

Équipe de France de football de deuxième division

Équipe Nationale du Sahara Occidental

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« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)