En remportant le deuxième titre de champion du monde de son histoire en Russie cet été, l’équipe de France était sur le toit du monde. Et comment ne pas l’être ? Les vingt-trois de 2018 sont rentrés dans l’histoire à tout jamais. Mais une autre équipe de France, elle, n’est pas rentrée dans l’histoire. Cette équipe, c’est l’équipe de France de D2. Alors attachez vos ceintures, éteignez vos mégots, et préparez vous pour ce deuxième épisode de Tour du Monde de la saison.

Des débuts troubles

Les débuts de l’équipe de France de D2 sont assez troubles. En effet, il n’y a historiquement pas qu’une seule équipe de France de joueurs seniors. Non, il y en a même deux autres. La première voit le jour en 1922, et c’est l’équipe de France A’. Elle dispute alors un match amical contre le Luxembourg, qu’elle perd sur le score de deux buts à un. Cette sélection connaît des fortunes différentes, mais est rassemblée au moins une fois par an jusqu’en 1968. Elle ne reviendra qu’occasionnellement, à huit reprises lors des vingt années qui suivent, puis plus du tout jusqu’en 1993. Son dernier match en date ? Le 25 mars 2008, contre le Mali, pour une victoire 3-2. L’autre équipe nationale, c’est l’équipe de France B. Elle est quasiment une copie conforme de son homologue A’. En effet, elle exerce ses activités à une époque ou l’équipe de France A’ est disparue, soit entre 1990 et 1992.

Mais l’équipe de France de deuxième division n’a rien à voir avec ces dernières. En effet, elle n’est constituée, comme son nom l’indique, que de joueurs de deuxième division française. En suivant les divers recoupages, son temps d’existence est très réduit. Deux ans, à peine. De 1962 à 1964, on trouve des traces de l’équipe de France de D2. Avant, rien de bien réel. Et après, encore moins de traces de matchs. Certes, il y a eu des sélections de deuxième division pour disputer des matchs d’exhibition, mais jamais avec le maillot bleu floqué du coq. C’est donc uniquement entre 1962 et 1964 que l’on peut réellement parler d’équipe de France de D2.

Peu d’homologues

L’équipe de France de D2 n’a pas vraiment d’homologue, à part l’équipe nationale italienne de deuxième division. Les sélections approchantes les plus proches se trouvent Outre-Manche. La première, c’est l’équipe C d’Angleterre, aussi connue sous le nom de England National Game XI. Entièrement composée de joueurs professionnels aujourd’hui, elle est en activité annuelle. Les joueurs sont sélectionnés dans les divisions trois, quatre et cinq d’Angleterre majoritairement. Elle a également un équivalent irlandais et un autre en Écosse.

Mais ce ne sont pas les vrais équivalents de l’équipe de France de D2. Non, en fait, les équipes nationales qui ressemblent à celle de deuxième division française sont des équipes de… première division. En effet, l’Irlande, l’Écosse, l’Angleterre, l’Irlande du Nord et le Pays de Galle possèdent chacune une équipe nationale de première division composée de joueurs pas forcément nationaux. Par exemple, Miodrag Krivokapi, cinq sélections avec la Yougoslavie, a été sélectionné en 1990 dans le Scottish League XI.

Ces sélections britanniques ont disputées un nombre assez impressionnant de rencontres. Le Football League XI, représentant la première division britannique, a affronté à soixante-quinze reprises le Scottish Football League XI et à soixante-trois reprises l’Irish Football League XI (Irlande du Nord), plus dix-sept matchs contre leur homologue irlandais. En outre, le FL XI a également affronté à une reprise… l’équipe nationale anglaise. Au total, près de deux-cent rencontres officielles. Et des centaines de joueurs sélectionnés sous le maillot anglais, peu importe leur nationalité. Ces onze spéciaux ressemblent en fait un peu à des all-stars que certaines ligues nationales tendent d’imposer, cédant à la mode du basketball.

Peu de matchs

Mais l’équipe de France de football de D2 n’a pas autant de matchs au compteur. Seulement six rencontres, toutes contre l’équipe d’Italie de D2, seul autre pays à avoir un homologue exact. Quatre joueurs étrangers ont porté les couleurs de l’équipe de France de football de deuxième division. Frédéric Ndoumbé, l’attaquant passé par Saint-Étienne, Montpellier et Le Havre, en est un d’eux. Ady Schmidt, quarante-neuf sélections avec le Luxembourg et milieu de terrain historique du FC Sochaux avec près de trois-cent matchs au compteur, a également été moteur de l’équipe de France de D2. Les deux autres sont Joern Sorensen, qui compte aussi trente-et-une sélections avec le Danemark et Orlando Gauthier, milieu de terrain né à Buenos Aires et passé par le LOSC et l’Olympique de Marseille. La nationalité d’un joueur n’a pas été identifiée : Mazano, défenseur comptant une sélection.

Dans les six rencontres disputées contre l’Italie D2, la France n’a rapporté que trois matchs nuls et trois défaites. Aucune victoire. Certes, l’équipe de France de D2 a aussi rencontré des équipes régionales françaises, mais toutes les traces de ces affrontements sont disparues. Le seul joueur à avoir participé aux six rencontres contre l’Italie est le défenseur Georges Zvunka. Parmi les joueurs notables de l’équipe de France de football de D2, deux internationaux français majeurs. Joseph Ujlaki (vingt-et-une sélections, dix buts), premier et seul joueur de l’histoire de l’équipe de France avec un nom de famille commençant par U jusqu’à la première sélection de Samuel Umtiti, et Robert Herbin, l’homme au presque cinq-cents matchs avec Saint-Étienne et entraîneur de l’Olympique lyonnais entre 1983 et 1985.

S’il est peu probable de voir l’équipe de France de football de D2 revoir le jour dans les prochaines années, elle reste néanmoins comme l’un de ces OFNI qui traversent, plus ou moins facilement, le temps et l’histoire du football.

Retrouvez les précédents épisodes de Tour du Monde en cliquant sur les liens ci-dessous :

Équipe Nationale du Lazistan

A propos NSOL 671 Articles
« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)