Regarder un match de football. Il n’y a pas beaucoup d’actes plus simple dans la vie. Car le football est le spectacle élémentaire du quotidien. Le spectacle sans quoi il n’y aurait rien. Un roi sans divertissement. Voilà ce que nous sommes lorsqu’il n’y a pas de football devant nous. Une vie sans divertissement vaut-t-elle la peine d’être vécue ? La question mérite d’être posée.

Regarder dehors

Car passer une vie entière sans avoir le moindre divertissement reviens un peu à passer une vie entière dans un monde noir et sans soleil. Un soleil noir vient teinter l’image de notre quotidien. Les arbres ont tous perdu leurs feuilles depuis des mois déjà. Le vent ne souffle que dans des branches flétries. Et dehors, pas un oiseau ne chante. Le doux spectacle de l’été s’est envolé. Il flotte. Une impression unanime est présente dans l’atmosphère où personne n’est conscient du drame qui se joue. Un drame hautement psychologique et hautement humain. Voilà à quoi ressemble une vie sans divertissement, la vie de millions de gens qui privés de leur passion privée de leur passe-temps n’ont d’autre horizon que leur cœur travail. Ces gens qui, du matin au soir, dans la mine, dans les tranchées, dans l’usine où leurs pères déjà travaillaient, triment.

Puis il y a le football. Oui le football. Celui-là même que l’on connaît depuis notre plus tendre enfance. Ce football qui nous a vu grandir, que l’on a vu grandir. Nous avons grandi ensemble tous les deux. Toi le football divin, et moi l’homme. Et moi trop banalement humain où. Trop banalement humain. Oui, décidément trop banalement humain. Voilà ce qu’est la vie : un ensemble de circonstances atténuantes, un ensemble de circonstances exténuantes, un ensemble d’instants. Des instants qui peuvent être de pure beauté comme de pure laideur où mais que nous devons vivre. Oui des instants, que nous devons vivre, que nous sommes condamnés à vivre, mais ne pas les vivre serait une erreur fondamentale. Car cela serait passer à côté de la possibilité d’enrichir son esprit. Passer à côté de la possibilité de vivifier son esprit, de le rendre meilleur.

Alors il y a…

Alors il y a beaucoup d’options dans la vie. Beaucoup d’entre elles sont mauvaises. Certaines sont exécrables. Mais quelques-unes sont fabuleuses. Et c’est de celles-ci que je veux parler. De ces options qui rendent la vie meilleure en la rendant plus fluide plus harmonieuse point. Oui, de ces options qui font de chaque jour un infini bleu, blanc, violet, jaune, rouge, turquoise, carmin, pourpre… Et le football est l’option privilégiée. Car le football et la diversité même. Où il est l’infini et le présent il est le passé et le futur. Il est l’acception originel du terme vivre il est le sentiment même d’exister le football est fondamental un mode de vie équilibré et sain.

Bien sûr mes propos ressemblent à des élucubrations d’un artiste illuminaient. Ils le sont sans doute. Néanmoins je mettrais quand même un bémol à cette analyse. Je refuse catégoriquement d’être classifié comme un artiste illuminé. Artiste illuminé suppose d’être artiste et je refuse de me croire à ce niveau. Non, je me contenterai de dire que je suis simplement un amoureux de football ; qui aime bien délirer sur son amour. Car l’amour fait perdre la raison aux hommes. Et il y a bien longtemps que le football délire. Oui, il y a bien longtemps que le football a perdu la raison. Il y a bien longtemps qu’il n’existe plus de football pur et essentiel. C’est bien dommage. Mais que voulez-vous qu’on y fasse… l’amour se fait vieux, il n’a plus les yeux bien en face.

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« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)