La Coupe du Monde de football de la FIFA n’a pas désignée beaucoup de vainqueurs dans son histoire. Le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine, la France, l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne et l’Allemagne se partagent le trophée. Mais une autre compétition de football désigne un champion du monde : l’UFWC.

Deux points communs

L’UFWC – pour « Unofficial Football World Championship » – partage avec la Coupe du Monde deux particularités. La première ? Le champion en titre est l’équipe de France. Celle-ci s’est adjugée le titre le 15 juillet 2018 dernier, en battant sur le score de quatre buts à deux l’équipe nationale croate. De même, quatre ans plus tôt, le 13 juillet 2014, l’Allemagne avait elle aussi réalisée le doublé UFWC – Coupe du Monde de la FIFA. Un cas de figure qui s’était également produit le 11 juillet 2010 lorsque l’Espagne battait les Pays-Bas avec un petit but d’Andres Iniesta.

L’autre point commun entre l’UFWC et la Coupe du Monde de la FIFA concerne la suprématie européenne. En effet, la Coupe du Monde a sacré cinq pays européens pour trois pays sud-américains. Il en va presque de même pour l’UFWC, qui offre cent-cinquante-huit sacres à l’Europe, contre cinquante-neuf pour l’Amérique du Sud. Néanmoins, l’Asie, avec trois titres, l’Afrique, avec quatre titres, l’Amérique du Nord avec neuf sacres et même l’Océanie, grâce à la victoire de l’Australie le 18 juin 1992, comptent des lignes au palmarès.

Un fonctionnement original

Le fonctionnement du championnat du monde de football non-officiel n’a cependant pas grand chose à voir avec celui de la FIFA. Il se rapproche en fait plus de celui du bâton de Nasazzi. Pour être sacré champion du monde non-officiel, il faut remplir des conditions assez similaires à celles du championnat du monde de boxe. L’UFWC désigne un certains nombres de challengers. Ceux-ci peuvent, s’ils battent le détenteur du titre, devenir champions. Le champion du monde est donc forcément validé par l’UFWC, ce qui n’a pas toujours fait les affaires de tous les pays.

Il est ainsi arrivé à l’Ukraine, à la Biélorussie ou à Lituanie, pour ne parler que des nations européennes, de battre le champion du monde de l’UFWC. Mais n’étant pas désignées challengers par l’UFWC, ces nations n’ont pu être sacrées. Plusieurs nations des Balkans ont aussi fait les frais de cette règle. Dans la zone Asie, la même mésaventure est arrivée au Kazakhstan, à l’Ouzbékistan ou bien au Turkménistan. A mi-chemin entre Europe et Asie, l’Azerbaïdjan comme l’Arménie ont été elles aussi lésées par l’UFWC.

Quelle différence avec le bâton de Nasazzi ?

Le bâton de Nasazzi et le titre de champion du monde de l’UFWC divergent sur plusieurs points. En effet, l’UFWC intègre les prolongations et les tirs-au-but dans son classement. Pour sa part, le bâton de Nasazzi, dans les cas de matchs nuls terminés aux prolongations ou aux tirs-au-but, reste possession du premier détenteur. Cela provoque de grandes différences. Par exemple, la Roumanie est aujourd’hui détentrice du bâton de Nasazzi. Elle n’a pourtant plus été sacrée championne du monde de l’UFWC depuis le 23 mai 2006.

Le nombre de détenteurs est relativement similaire. Pour l’UFWC, quarante-neuf champions différents. Pour le bâton de Nasazzi, cinquante-cinq pays ont été titrés. Le podium, par contre, est assez différent. En effet, du côté du bâton de Nasazzi, on trouve le Brésil, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le classement se fait en fonction du nombre de jours cumulés de possession. Selon l’UFWC, l’Écosse devance l’Angleterre et l’Argentine. Dans ce cas, le classement est effectué en fonction du nombre de matchs pour le titre gagnés.

Mais comment expliquer une telle différence alors que le principe est relativement similaire ? Tout simplement parce que l’UFWC commence à comptabiliser les titres à partir du 30 novembre 1872, quand pour sa part, le bâton de Nasazzi commence son existence le 30 juillet 1930. Soixante ans de différence… et soixante années où le football britannique était le seul à être développé.

Meilleurs buteurs !

Le champion en termes de buts en Coupe du Monde, selon la FIFA, s’appelle Miroslav Klose. Il devance de peu Ronaldo – le brésilien – et Just Fontaine. Rien à voir du côté de l’UFWC. C’est l’immense Gunnar Nordhal, avec vingt-neuf réalisations sous le maillot suédois, qui domine le classement all-times. Derrière lui, on trouve l’Écossais Hughie Gallacher et l’Anglais Steve Bloomer. Actifs respectivement dans les années vingt-trente et au tournant entre le dix-neuvième et le vingtième siècle,  ils comptent chacun vingt réalisations.

Derrière ces deux illustres bonhommes, un nom un peu plus connu. Gabriel Batistuta, avec dix-huit buts, est troisième. Il devance de deux unités un autre suédois, Gunnar Gren, actif de 1942 à 1958. Étrangement, plus on descend dans le classement, plus les noms sont familiers. En effet, à quinze buts se côtoient l’Autrichien Anton Schall (1931-1932), le Brésilien Pelé (1957-1962) et le français Michel Platini (1976-1985). Juste en dessous, avec treize buts, trois noms bien connus. L’Autrichien Matthias Sindelar, un des hommes de Hugo Meisl, avec tous ses buts compris entre 1931 et 1932. L’Allemand Olivier Bierhoff, actif de 1996 à 2001 dans la compétition. Et enfin l’avant-centre de l’Uruguay Edinson Cavani, dont le dernier but remonte à 2016.

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