Ce jeudi soir, en Europa League, l’Olympique lyonnais s’en ira défier le CSKA Moscou. Mais qui est vraiment ce club ? Éléments d’histoire sur les jeunes années d’un des géants du football russe.

Le long du chemin de fer

Tout commence en 1911. A Moscou, la société des amateurs de ski décident de se doter d’une section footballistique,composée de trois équipes. Ces trois formations s’insèrent dans le championnat de Moscou de deuxième division. Puis, peu à peu, l’une d’elle va s’individualiser, notamment en remportant en 1917 le fameux championnat de Kazan. Ce championnat était quasi-exclusivement composé d’équipes de travailleurs de chemin de fer, sur la ligne de Kazan. Cette victoire permettra au CSKA de s’inscrire en première division moscovite.

L’équipe de l’OLLS – les amateurs de skis – va peu à peu s’imposer comme l’un des cadors de ce championnat, en s’imposant en 1921 6-0 lors du match pour le titre de championnat d’automne. Le club va même réaliser le doublé, en remportant le titre de champion de printemps 1922. Et après une deuxième place lors du championnat d’automne, l’OLLS va disparaître. En effet, le régime soviétique décide de mettre en place une débourgeoitisation du sport. L’OLLS est ainsi intégrée dans l’OPPV, l’entité sportive de l’Armée rouge. La ligue de Moscou, elle aussi, change de nom et devient le championnat ministériel de Moscou.

Mais cela ne change rien dans la spirale vertueuse du club. En effet, le club remporte en 1926 le championnat de Moscou. Un championnat qui n’ira cependant pas à son terme, les matchs de novembre ayant été en partie annulés. L’importance accordée à l’OPPV va grandissante, et en 1928, la maison centrale de l’armée rouge, nouvellement créée, accueille l’équipe. Considéré favori du championnat, le club s’écroule complètement, mais va commencer à asseoir sa célébrité internationale, en disputant des matchs de gala à l’étranger. Ainsi en est il de la brillante victoire 5-1 contre les azéris du Progress, chez eux, à Bakou.

Union Soviétique

Le club de l’OPPV va remporter par la suite le championnat de Moscou de 1935. Déjà, les principales écuries jouent les premiers rôles : le Dynamo et le Spartak, principaux concurrents en championnat, mettent leurs joueurs à disposition de l’Union Soviétique. Ce qui fausse le championnat… Mais en 1936, tout cela prend fin. En effet, le championnat national de l’Union Soviétique est créé. Le CDKA prend part à la première division, tout comme les voisins du Dynamo, du Spartak et du Lokomotiv. A Saint-Petersbourg, le Dynamo Leningrad et le futur Zenit sont invités. Et les ukrainiens du Dyanmo de Kiev portent le nombre d’équipes à sept. Ce championnat de 1936, le CDKA le terminera à la quatrième position du classement.

Et alors que le championnat d’automne fait terminer le futur CSKA Moscou dans la zone rouge, l’armée arrive à la rescousse. En effet, le championnat est élargi à neuf équipes, et le CDKA est sauvé. Mais encore une fois, le club termine dernier… et est sauvé par un élargissement à vingt-six équipes (!). L’armée décide de mettre la main à la pâte, et utilise la conscription pour recruter ses joueurs, comme Grigory Fedotov – 125 buts en 154 matchs – ou Valentin Nikolaïev et Alexei Grinin. Le club termine les trois saisons suivantes dans le top cinq du championnat. Mais la guerre va bientôt éclater. Après avoir découpé de façon ignominieuse la Pologne, les russes vont en payer le coût.

Au front

Étant le club de l’armée, le CKSA perd nombre de ses joueurs qui partent au front. Mais le gouvernement décide de continuer à entretenir une équipe. Et en 1944, cette équipe ira s’incliner en finale de la coupe contre le Zenit de Leningrad. Mais surtout, une saison plutôt, le CSKA va remporter le championnat de Moscou. Et après guerre, le CKSA – alors encore appelé CDKA – va révéler le brillant Vsevolod Bobrov. Puis, un an plus tard, le club va remporter le championnat de 1946. Celui de 1947 sera aussi remporté, grâce à la différence de but contre le Dynamo Moscou. Des soupçons de corruption feront écho, mais rien ne sera prouvé.

En 1950, le CDKA devient CDSA, et fait le doublé coup-championnat. Mais surtout, l’équipe participant aux Jeux Olympiques de 1952 est principalement composée d’éléments du CDSA. Mais la folle idylle entre l’armée rouge et le CKSA Moscou va vite prendre fin.

En 1952, la répression politique fait rage. Lors de la troisième journée de championnat, le CSKA bat le Dynamo Moscou par forfait. Le Comité des Sports convoque Vassili Zaitsev. Celui-ci est informé de l’ordre 793, qui décrète la dissolution à effet immédiat du CSKA. Les joueurs du club sont emprisonnés. La raison est simple : Lavrenti Beria, l’âme damnée de Staline, ne veut pas que le Dynamo, club du NKVD, ait des concurrents. Quand la politique mêle du sport….

A la mort de Staline et de Beria, le CSKA est reformé. Huit ans plus tard, le club prend le nom de CSKA Moscou. Quelques saisons arpès, le club participera à la Coupe d’Europe. Et aux détours des années 2000, un jeune gardien, Igor Akinfeev, s’imposera dans les bois du CSKA. Mais c’est une autre histoire !

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