La grande guerre a fauché beaucoup de vies. Et beaucoup de jeunes footballeurs prometteurs ont vu leur vie et leur carrière être bouleversée par ces quatre dramatiques années de conflit. Mais certains ont réussi à construire une carrière après avoir vécu ces quatre années d’enfer. Joe Spence en fait partie.

« Give it to Joe »

Joseph Waters Spence, dit Joe Spence, naît le 15 décembre 1898 à Throckley, un petit village non loin de Newcastle. C’est sous le maillot du Throckley Celtic qu’il commence sa carrière, dans les équipes de jeune du club au maillot rayé. Issu d’une famille modeste, dans une époque compliquée, il va très vite travailler à la mine. Cela ne l’empêche pas d’impressionner. En effet, il marque 42 buts sur les 49 que marque son équipe dans la saison. Mais quand à douze ans, il commence à travailler à la mine, sa vie paraît vouée à travailler accroupi dans un souterrain. Cependant, un évènement va changer sa vie : la première guerre mondiale. A dix-sept ans, il est enrôlé plus ou moins de force dans les troupes de Sa Majesté.

Et son talent balle au pied ne passe pas inaperçu. Il joue dans le bataillon de l’armée, et est affecté non pas en tant que soldat dans un régiment de première ligne mais bien en tant que servant d’artillerie. Et il sort indemne de la grande boucherie, avec une première ligne à son palmarès : la coupe de l’Armée. Démobilisé en 1919, après avoir joué à Liverpool ou Newburn dans ses années de service, il signe pour une saison à Scotswood. Cette saison sera celle de la révélation pour le jeune Joe Spence.

Et il est repéré par Manchester United, et signe pour le club en 1919. Il ne perd pas de temps. Dès son arrivé, il marque quatre buts dans un amical contre une sélection du Lancashire. Il fait ses débuts officiels à Old Trafford en août, lorsque le championnat reprend son cours normal. Il a ensuite été un modèle de constance, avec 510 apparitions et 168 buts inscrits au total sous le maillot des Red Devils.

Palmarès indigne

Malheureusement pour Joe Spence, il ne réussit pas à remporter de grands honneurs avec ManU. Et ce n’est qu’après 1933, quand il quitte United qu’il remporte de l’argenterie – le Championnat de troisième division nord, avec Chesterfield, en 1936.

Il a eu la malchance d’être à Old Trafford pendant les années les plus difficiles de l’histoire du club. Mais à une époque où les équipes de Manchester United n’arrivaient pas à produire du beau jeu, sa présence divertissante a été un véritable moment fort. Il reste l’un des dix meilleurs joueurs du club et ses 481 matches de championnat ont été un record pendant 40 ans, jusqu’ à ce que Bill Foulkes le dépasse.

Il quitte United pour Bradford City en 1933, où il disputera 75 matchs en deux saisons, marquant 27 buts. Ce virevoltant attaquant s’adjuge donc le titre de meilleur buteur de la saison 1933-1934. Il quitte City pour rejoindre Chesterfield en mai 1935. Lorsque la seconde guerre mondiale prit fin en 1945, le nouveau manager Matt Busby ramena Joe Spence à United dans un rôle d’entraîneur et de scout.

Malgré son succès en club, il n’ a joué que deux fois par l’Angleterre. Car malheureusement pour lui, il a longtemps joué en dehors de la première division. Surtout, il a joué dans une équipe de Manchester United où il était la seule réelle star. Le seul véritable joueur a être digne de porter le maillot de ManU. A ces deux sélections, on peut ajouter une sélection avec le Football League XI, une espèce de « All-Stars » des joueurs amateurs de l’époque.

Son fils, également nommé Joe, repris le flambeau du football. Formé à Chesterfield, il ne fait pas une apparition pour eux. Il rejoint York City au cours des années trente. En quatre ans à York, il fait 110 apparitions avant de signer en Non-League.

Joe Spence, à l’âge de 68 ans, décède le 31 décembre 1966. Grande légende de Manchester United, il reste très apprécié par les fans de Manchester United. Comme une espèce de précurseur des Ryan Giggs ou Bobby Charlton.

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