Au cœur de la nuit, Marcelo Gallardo, manager de River Plate, n’a finalement pas réussi à aller chercher sa seconde finale de Libertadores en tant que coach. Il ne réitérera donc pas son exploit de 2015.

Les enjeux dans ce match étaient clairs. Après leur victoire   0 contre Lanus au Monumental, il leur fallait venir confirmer ce résultat chez leurs compatriotes. Au final, une rencontre qui restera dans l’histoire du club et qui perpétue la triste tradition qui leur a valu le surnom de Gallinas.

Résumé du match:

Avec ce résultat cumulé de 4 – 3 acquis dans une Fortaleza chauffée à blanc, c’est donc l’outsider Lanus qui s’envole pour une finale  dans 3 semaines. Une finale qui aura vraisemblablement lieu face au Gremio. Lanus tentera de remporter la première Libertadores de son histoire.

Un début de rêve…

Et le plus dur semblait être fait lorsqu’à la 23e River Plate menait déjà 2 – 0 : un début idéal. Lanus a tenté d’emballer le match mais c’est un River qui a su dérouler son football, prendre la mesure de son adversaire et conclure. D’abord d’un penalty puis de la tête, ce River semble imperturbable, à peine une vingtaine de minute et voilà que Lanus doit remonter quatre buts.

Le scénario semble déjà écrit, mais River ne lâche rien et continue d’attaquer, sûrs d’eux. Et même si le deuxième but a quelque peu ralenti leurs ardeurs, Lanus tentant de recoller le plus rapidement arrivent le tournant du match avec coup sur coup une main assez évidente dans la surface de Lanus. Puis l’attaquant de River Scocco est accroché par le défenseur de Lanus alors qu’il filait droit au but vide. Et dans ce festival d’erreurs arbitrales Lanus s’accroche à son rêve et le concrétise.

…et une fin de cauchemar

Ainsi, Lanus réduit l’écart dans le temps additionnel de la première mi-temps. Les deux clubs rejoignent donc le vestiaire avec le score de 1 – 2. Lanus n’est plus qu’à 3 buts de la remontada. Mais cela semble une montagne au vu des 3 mi-temps qui se sont déroulées jusque là.

Mais surprise au retour, River est cueilli à froid dès le début de la seconde période et le cauchemar commence. River oublie de jouer, l’équipe très crispée en perd son football et tandis que l’arbitre de la rencontre fait admirer son niveau catastrophique du soir. River Plate est en train de sombrer, totalement hors du coup les joueurs semblent passifs, attentistes. Et rapidement de 2 – 2 le score se transforme en avantage pour Lanus. Le score est donc de 3 – 2 et à peine 16 minutes ont été jouées dans la seconde période.

L’acteur du soir a des initiales bien étrange, il s’agit de la VAR (Video Assistant Referee ou arbitrage vidéo) car celle-ci est expérimentée en Libertadores. Et à peine 4 minutes après le 3e but de Lanus, un joueur s’écroule, stupeur, les joueurs encerclent l’arbitre réclamant le penalty. Après un court échange avec ses collègues l’arbitre décide que malgré tout, il doit aller vérifier. Et après visionnage revient sur sa décision et décide d’attribuer penalty pour Lanus qui sans grand suspense est convertie. Lanus vient donc de renverser River en 20 minutes, les joueurs viennent de remonter un écart de 4 buts qui semblaient immense en un laps de temps si court que cela semble irréel.

La VAR en action

Un réveil trop tard pour la Libertadores

Le quatrième but a enfin réveillé un River qui a tout tenté pour arriver au bout de ses rêves… Mais la réalité les a au final rattrapé. Terriblement affaiblie par les blessures et les départs cette équipe n’est plus la même qu’en Juin. Et si cette énorme force collective qui la caractérise est encore là. Les individualités offensives quant à elles ne sont plus forcément au même niveau: Scocco (32 ans, arrivé cet été) n’est ni Alario, ni Driussi ni même Larrondo ou Mora (tous deux blessés). Mayada et Martinez Quarta (suspendus) ou le remplaçant Lollo (blessé) ont manqué derrière et il a manqué ce petit plus qui aurait pu les sauver.

On a donc assisté à l’équivalent sudaméricain de la remontada Barcelonnaise. Lanus a remonté 4 buts en un rien de temps et s’est payé le scalp du favori du soir. Mais ce au prix d’une énorme polémique arbitrale. Les supporters de River ne décoléreront sans doute pas face à ce qu’ils perçoivent comme une injustice. Mais leur équipe sans doute trop sûre d’elle même a trop déjoué en deuxième période. Et même si les erreurs arbitrales ont pu influer, les joueurs ne pourront s’en prendre qu’à eux mêmes, le rêve était au bout de leur pied. Et ils l’ont inexplicablement abandonné avec ce trou d’air entre la 45e et la 70e minute.

La Libertadores, cet objectif fixé dès janvier 2017 par Gallardo, leur échappe donc de la plus cruel des manière. Ils ont effleuré la finale et c’est ainsi que s’achève tristement leur campagne continentale. Et sans doute une triste fin pour Gallardo à la tête de River Plate. Tandis que le continent découvre Almiron qui en deux ans à la tête de Lanus les a amené en finale de Libertadores après avoir gagné le titre de champion d’Argentine.

Réaction d’après-match

Une défaite difficile

Quelles explications donner à cette défaite ?

Gallardo: “C’est difficile de trouver des explications. Nous avons achevé le plus dur qui était de marquer un but à l’extérieur, nous en avons même mis deux. Et puis il y a eu les situations qui vont être controversées. Aujourd’hui il est clair que la technologie ne fonctionne pas et je préfère qu’un seul arbitre se trompe plutôt que sept [référence aux arbitres VAR]. Nous avons échoué parce que nous avions le score en notre faveur et que nous n’avons pas réussi à le tenir. C’est une défaite extrêmement difficile et ça va être compliqué à digérer. Aujourd’hui il y a eu plusieurs grosses erreurs et la VAR n’a été utilisé qu’une seule fois. Aujourd’hui elle n’a été utilisée que pour une seule équipe.”

Quelle explication vont-ils me donner maintenant ? Quel est l’intérêt ? Le mal est fait. Le second but nous a pris au dépourvu, nous avons commencé à douter et quand on doute c’est ce qui se passe. Alors que Lanus devait s’arracher et tout risquer. Nous avons la responsabilité de ne pas avoir défendu ce résultat mais il y a aussi cette injustice. Ils avaient tort sur le penalty qu’ils ne nous ont pas accordé, dans le duel entre Scocco et Andrada et sur l’agression contre Rojas. Et au final, nous échouons. C’est un mélange de frustration, entre ce que nous avons fait pour tenter de gagner et le fait qu’aujourd’hui la technologie n’a été utilisée que pour une seule équipe.

L’Amérique du Sud Cobaye

Vous pensez que c’était intentionnel ?

Gallardo: Ce qui s’est passé est très évident. Voyons maintenant comment ils vont camoufler cela. Parce qu’il reste deux matchs [finale aller-retour], si l’Amerique du Sud était un cobaye alors aujourd’hui tout a mal tourné. {Fue una falta de tiempo haber prestado atención a las charlas que nos estuvieron dando sobre esta tecnologia. Hubiera preferido que se equivoque normalmente porque la tecnología nos perjudicó}.

Cette défaite va être dur à digérer vu les circonstances. Le rêve d’une finale de Libertadores s’arrête ici, mais le reste continue. Nous allons devoir faire beaucoup de travail psychologique pour être dans les meilleurs conditions ce Dimanche, pour les supporters. Ils méritent d’avoir de la joie, celle que nous n’avons pas pu leur donner aujourd’hui. Pour nos supporters et pour nous-mêmes nous devons gagner.

 

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