Dans un match de football, des types d’action reviennent très souvent. Et parmi ces actions, il y a le corner. Et ce corner est malheureusement bien souvent méprisé. Alors, aujourd’hui, retour sur les différentes façons de frapper un corner.

Le corner direct

Le corner direct fait partie des corners les moins tentés. Et pourtant… Et pourtant, quand il est maîtrisé, il donne des résultats. En effet, alors qu’il concerne moins de 1% de ce genre de phase, il a un taux de réussite plutôt satisfaisant. La question est donc : pourquoi ? Eh bien, la réponse est assez simple. C’est parce que le gardien ne s’attend pas à recevoir le ballon dans ce genre de situation. Et comme aujourd’hui, la mode est de ne pas mettre de joueurs pour couvrir le poteau, et que le gardien est souvent situé au milieu de son but, cela laisse un espace tout à fait intéressant pour le frappeur.

J’en veux pour preuve ce corner de Rachid Ghezzal. Ici, le gardien place bien un joueur au premier poteau. Mais son positionnement est bien trop avancé. Ce qui fait que le pauvre gardien est complètement pris au dépourvu par ce ballon, et ne peut donc intervenir correctement. Car la difficulté de son intervention est due au fait qu’il se situe sur le reculoir. Et tous les gardiens, du premier amateur à Manuel Neuer, vous diront qu’aucun ballon n’est plus difficile à intercepter que quand le gardien est en situation de recul. Et Maury en est ici la triste illustration. Surtout qu’il n’est ni aidé par le terrain glissant, ni par le double écran réalisé par son défenseur d’une part et par Mapou Yanga-Mbiwa de l’autre.

Le joueur qui illustre le mieux cela est sans conteste Juan Roman Riquelme, spécialiste des Gol Olimpicos.

Le corner au premier poteau

Il s’agit dans cette situation, comme son nom l’indique, de frapper directement vers le premier poteau. Jusque là, rien de surprenant. Mais ce qui l’est plus, c’est de l’efficacité de cette technique. Il y a quelques années, des analystes pour Manchester City avaient analysés près de 400 corners. Et ils avaient conclu que le corner au premier poteau était le plus dangereux. En effet, il permet d’envoyer directement le ballon dans la zone de danger. Laissant le champ libre à la fois pour un contre favorable du défenseur, le pied d’un attaquant ou même un gardien surpris. Le but de Jimmy Briand ci-dessous en est l’illustration. Certes pas forcément les plus élégants, les corners au premier poteau sont donc particulièrement efficaces. Cela n’avait pourtant pas suffi à convaincre Roberto Mancini, qui ne croyait pas en cela. L’histoire est plus détaillée dans l’excellent livre Soccernomics.

Types de corners
Types de corners

Au niveau statistique, la Ligue 1 et la Premier League sont les championnats les plus friands de ce genre de corners relativement courts. Au contraire de la Budesliga, qui les délaisse complètement. Le championnat espagnol comme le championnat italien sont sans doutes les compétitions les plus équilibrées au niveau du type de choix des corners. Lors des conférences Opta Pro, les différents types de corners ont été analysés, en fonction de leur dangerosité. Le graphique ci-contre résume les données obtenues. La typologie ne présente cependant ici pas la réussite de ces corners, mais simplement son usage. Cependant, cela résume assez bien la conception habituelle du corner.

Le corner à la rémoise

Ce type de corner est né avec le Stade de Reims. Mais c’est après que cela se corse. En effet, le corner joué à deux est là pour irriter nombre de supporters, tant son inefficacité peut sembler patente. Mais cela n’est pas toujours vrai. Car le corner joué à deux possède l’avantage énorme de ne pas nécessiter de très bons joueurs de tête. Et également car le corner à la rémoise a une efficacité notable lorsque l’équipe souhaite conserver la balle. En fin de match notamment, il n’est pas rare de voire une équipe menant au score d’un but utiliser ce type de frappe que Raymond Kopaszewski et ses camarades ont inventé. Car cela permet de conserver le ballon sans risques de se le faire prendre. L’avantage sous-jacent est l’énervement que cela produit sur l’adversaire. Qui, avec un peu de chance, va disjoncter, faire faute et prendre un carton.

Corner à la rémoise
Corner à la rémoise

La question qu’il reste à élucider est : comment frapper un bon corner à la rémoise. Pour cela, rien de tel qu’un bon schéma. Trois à quatre joueurs ne doivent pas se situer dans la surface. Le premier est bien évidemment le frappeur du corner. Le second, en orange dans l’illustration, est facultatif. Il n’est utile que dans les situations où le gain de temps est recherché. Le joueur essentiel se situe aux abords de la surface, un peu désaxé pour éviter de se faire reprendre par la défense adverse. Il peut choisir de redoubler avec le frappeur, de centrer plus axialement dans la zone en rouge ou de frapper. Le dernier joueur, derrière, sert à offrir une solution pour combiner.  Surtout, il permet de changer le jeu, perturbant très fortement le gardien de but.

Le corner au deuxième poteau

Le corner au deuxième poteau n’est pas forcément aussi inefficace qu’il peut paraître. Simplement, la formation de l’équipe doit être adaptée à ce type de frappe. Il doit y avoir un minimum de deux joueurs derrière la « boîte », c’est à dire l’axe du but. Il faut avoir à la fois un joueur de tête capable de reprendre une trajectoire haute et à la fois un frappeur prêt à reprendre la balle de volée. La raison de l’échec de ce type de corner est principalement due à l’absence totale de préparation des joueurs. Comme dans bon nombre de situation, en réalité. Et aussi car bien souvent, le gardien arrive à intercepter la balle avant qu’elle ne soit arrivée au destinataire. Mais si la technique est maîtrisée, elle est létale.

Un exemple de maîtrise de ce corner peut être donné avec Alexandre Lacazette. Lors de deux matchs consécutifs, l’international français a trouvé le chemin des filets de cette manière. Il y a certes près de trois saisons, mais cette technique était totalement maîtrisée. Dans la première situation, Alexandre Lacazette effectue un contrôle afin de s’emmener le ballon et de frapper. Dans la deuxième, il profite de la déviation d’Umtiti sur le corner de Fékir pour frapper violemment au but. Et le gardien ne peut rien faire, à la fois à cause de l’angle mais aussi à cause de son changement d’appui. En effet, il passe d’un appui intérieur à un appui extérieur, ce qui empêche au portier d’être stable au moment de recevoir le ballon. Ajouté à la puissance de la frappe, et au travail de la combinaison, c’est mortel.

Le corner raté

Le corner raté est malheureusement un des corners les plus pratiqués. Comment s’explique-t-il ? Par un manque de travail, bien souvent. En effet, nombre d’entraîneurs ne prennent pas la peine à l’entraînement de travailler les coups de pieds arrêtés. Comme par exemple Rémi Garde. Voilà ce qu’il en disait après une défaite face au LOSC en 2011.

Les coups de pied arrêtés c’est à la vie à la mort. Travailler les coups de pied arrêtés à l’entraînement c’est bien joli mais si le jour du match on ne va pas mettre la tête là où l’adversaire va mettre le pied ça ne sert à rien.

Alors forcément, quand on ne travaille pas un exercice à l’entraînement, il est plus dur de le réussir en match. D’ailleurs, Lyon était cette saison-là la pire équipe de Ligue 1 sur coups de pieds arrêtés. Et, lorsque Angers est remonté en Ligue 1, l’équipe a inscrit beaucoup de buts sur coups de pieds arrêtés. Or, hasard malencontreux, elle les travaillait beaucoup à l’entraînement !Pour terminer cette typologie du corner, on peut apprécier quelques échecs dus au poteau. En effet, bien souvent, ce dernier porte préjudice aux frappeurs qui n’y font pas attention. Il n’y en a ici que deux, mais l’on peut si l’on cherche en trouver bien plus, tous aussi ridicules les uns que les autres. En espérant que les joueurs n’aient pas eu d’amendes pour dégradation du matériel !

Remerciement : @Le__Mee, pour son aimable autorisation pour l’utilisation de sa photographie de corner
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