Deschamps : “Je ne suis pas frileux”

Didier Deschamps
Didier Deschamps

Didier Deschamps, sélectionneur des bleus, s’est exprimé avant la rencontre de son équipe face à l’Angleterre. Il n’est pas frileux, Didier ! Et il explique pourquoi il n’est pas frileux.

Comment jugez-vous l’évolution de Thomas Lemar ? Pourrait-il jouer demain ?
Thomas a fait une très grande saison avec Monaco, il est avec nous depuis un petit moment. Il a eu peu de temps de jeu mais à chaque fois, il en tiré profit, il a amené quelque chose. Il ne fait que confirmer sa progression. En augmentant son temps de jeu, ça ne va qu’augmenter son expérience internationale, comme pour tous les jeunes joueurs. Ceux qui commenceront demain auront tout intérêt à être le plus performant possible. Personne n’a des garanties. Tous les joueurs le savent. On a des alternatives de qualité qui peuvent jouer un rôle à un moment ou à un autre.

Le meilleur joueur du Championnat anglais, N’Golo Kanté, aura-t-il aussi sa chance ?
Il peut débuter demain. N’Golo a fait une très grande saison, j’ai eu l’occasion de discuter avec son entraîneur que je connais bien (Antonio Conte à Chelsea). Il a fait une grosse saison, s’est montré très bon dans son registre, mais a fini avec une petite blessure. Je ne l’ai pas utilisé lors du match en Suède mais il est probable qu’il soit utilisé sur celui-là.

Quelle est la meilleure méthode pour relancer des cadres comme Sissoko, Griezmann ou Payet, apparus en retrait en Suède ? Faut-il les titiller ou les laisser au repos ?
Les deux sont possibles et vont à l’encontre l’une de l’autre. C’est une réflexion que j’ai, qui dépend des états de forme ponctuels aussi. Ils ont un vécu important par rapport à d’autres, ça peut compter, même s’ils sont soumis à une concurrence, comme tout le monde. Après, je ne peux pas les enlever, s’ils ont été moins bien sur un ou deux matches. Dimitri et Antoine sont deux joueurs créatifs et peuvent faire la différence sur un coup de patte, ils peuvent faire la différence. Je ne suis pas là pour donner des garanties à outrance, ni pour tirer un trait. Je suis là aussi pour soutenir. J’ai eu des discussions avec eux, pour leur dire ce que j’attends et qu’ils doivent montrer plus.

La défaite en Suède a-t-elle changé vos plans pour ce match contre l’Angleterre ?
Vous n’allez pas réussir à entrer dans mon cerveau… Tout était axé sur le match contre la Suède. Ce match-là était prévu. Je ne vais pas dire que je n’en tiens pas compte mais il y aura une équipe différente qui va commencer, ça me semble logique. Ne me demandez pas combien et qui. Je fais en fonction aussi des joueurs qui ont joué le dernier match en entier et par rapport à des associations différentes que je veux voir aussi.

Pourriez-vous changer votre système, comme contre l’Espagne (défaite 0-2), au risque de déstabiliser à nouveau votre équipe et de vous exposer à un nouveau revers ?
Tout dépend de ce qu’il se passera sur le terrain, de l’évolution du score. Je ne suis pas figé sur un système uniquement. C’est une question d’animation et d’associations de joueurs pour avoir une équipe de France qui aille de l’avant, qui crée des problèmes à l’adversaire et soit capable aussi de défendre face à une équipe anglaise de qualité. Je sais très bien que ça (le changement) a coûté à l’expression collective, contre l’Espagne. J’ai pris un gros risque parce que dans mon esprit, c’était le moment de le faire.

Est-ce le match du rachat pour vous contre l’Angleterre après la défaite en Suède ?
Non, je ne pense pas. Quoi qu’il se passe, ça ne nous rendra pas des points et ça ne changera pas notre classement dans les qualifications pour la Coupe du monde. C’est le dernier match, on sort d’une défaite cruelle, c’est important de terminer cette saison sportive par une bonne note.

Avez-vous eu besoin de piquer votre groupe après le match à Stockholm ?
Je fais toujours une analyse calme et lucide par rapport à ce que j’ai vu et revu. Je peux être dur parfois, je ne prends pas que le côté négatif. On aurait pu faire mieux bien sûr. Le scénario nous coûte le match nul. Je sais qu’en football, quand le résultat n’est pas là, les choix sont discutés et contestés. L’analyse je l’ai, individuelle, collective ou par secteur, même quand ça se passe bien. Je la fais de toute façon.

Que répondez-vous à ceux qui jugent votre coaching frileux ?
Je ne sais pas ce que c’est d’être “frileux”. Je supporte la chaleur, je ne crains pas le froid. Je fais des choix, après avoir bien réfléchi et analysé. Ça se passe bien ou pas. Dire après le match : “Il aurait pu faire si ou ça”, ne m’intéresse pas. Je fais en sorte d’aligner à chaque fois une équipe sur le terrain pour mettre l’adversaire en difficulté et être capable de défendre aussi. Après, si des joueurs sont en dessous de le rendement habituel… J’assume la responsabilité de la défaite, c’est comme ça, c’est mon rôle, mais je ne peux rien changer à ce qu’il s’est passé. J’ai utilisé six joueurs sur les huit offensifs présents sur la feuille de match. Peut-être que certains pensent que j’aurais pu tous les utiliser, mais ce n’est pas ma philosophie.

Propos de Deschamps par l’Equipe
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“Vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.” (Arthur Rimbaud, Prologue d’Une Saison en Enfer, 1873)