Pierre Ménès. Une des personnalités les plus polémiques du PAF, le paysage audiovisuel français. Un des chroniqueurs français les plus connus, aussi. Amateurs de football ou non, tout un chacun l’a déjà croisé sur un écran de télévision. Mais derrière ses allures de grande gueule, qui est-il vraiment ? Pour découvrir Pierre Ménès, l’homme derrière le chroniqueur, nous avons passé une soirée entière avec le consultant sportif le plus célèbre de France.

Costard vs. sweatshirt

Quand Pierre Ménès se pointe à notre rendez-vous, avec à peine trois ou quatre minutes de retard, sa dégaine tranche avec celle des autres personnes présentes. Pendant que tout le monde a passé son costume par la case pressing, Pierre Ménès arrive dans la décontraction la plus totale : sweatshirt avec une photo de chiens, jean troué, baskets. Un look tout ce qu’il y a de plus banal, finalement. Alors que la pluie retentit dehors, Pierre gare sa voiture dans le parking, et prend l’ascenseur pour se rendre au troisième étage, où les derniers préparatifs sont en train d’être terminés.

Pierre arrive, les flashs des quelques photographes amateurs informés de son arrivée crépitent. Le temps d’arriver dans la salle, à un rythme lent – il est encore sous surveillance médicale importante – et l’ambiance devient de plus en plus tendue. Je réajuste ma chemise dans mon pantalon, vérifie mes lacets. Tout est en ordre. Je suis un peu stressé, bien évidemment. Ce n’est pas tout les jours que l’on passe une soirée avec Pierre Ménès.

Pierre arrive et me sert la main. Une poignée de main franche, qui tranche avec son air franchement un peu fatigué. C’est normal, il a dû faire un peu de route avant de venir, et avec la pluie ce n’est pas très agréable. Je m’installe, lui aussi dans un canapé face à moi. Voyant que je suis un petit peu tendu, il me lâche un sympathique « détends-toi, tout va bien aller ». Merci Pierrot. L’air de rien, ça aide à mettre en confiance, un petit mot gentil comme ça.

« On n’est qu’entre c**illes ici, ou quoi ? » – Pierre Ménès

Sitôt Pierre confortablement installé, la discussion peut s’installer. Mais pas avant que Pierre ne détende l’atmosphère d’un superbe « on n’est qu’entre c**illes ici, ou quoi ? ». C’est vrai, les personnes présentes sont, en très grande majorité, de sexe masculin. C’est un peu dommage, mais bon. Cela n’empêche pas les débats de commencer à vive allure. On parle de football, bien sûr : Karim Benzema, Bruno Genesio et sa succession, Kylian Mbappé, la stratégie sportive du LOSC, et puis bien sûr le PSG. Est-il capable de gagner la Ligue des Champions ? Pierre n’en est pas sûr, même s’il ne cache pas son attachement pour le club de la capitale. « C’est normal, j’habite à Paris depuis longtemps, et oui, j’aime bien le PSG ». L’autre club qui tambourine au fond de son cœur, c’est le Racing Club de Strasbourg, « un club merveilleux ».

Et puis vient un moment un peu plus tendre. Pierre nous parle de sa rémission, de son combat contre la maladie. Un satané fléau, cette « maladie du soda », la stéatohépatite non alcoolique. « Je n’en n’ai jamais bu une goutte de ma vie, jamais bu beaucoup d’alcool non plus ». Cette maladie l’a profondément transformée, et il doit en partie sa survie à son donneur, bien sûr, mais aussi à sa femme et ses chiens, qui l’ont accompagné, chacun à leur manière, dans cette longue épreuve. « La chose la plus difficile de ma vie », confesse-t-il dans un soupir. Ses chiens, auquel Pierre Ménès est profondément attaché, font désormais partie intégrante de sa vie. Il n’en n’a pas honte et ne s’en cache pas, s’affichant même souvent sur les réseaux sociaux avec ses amis à quatre pattes.

Boire un coup

L’heure avançant, on se retrouve bientôt en train de boire un verre et de manger un petit peu. Pierre refuse presque tout, si ce n’est un verre d’eau et une petite verrine au saumon. « J’évite de trop manger, et ce genre de trucs sont un petit peu gras pour moi. Je vais pas boire d’alcool, surtout pas avec mon foie, et les jus de fruits, les sodas, ce n’est pas beaucoup mieux. » Pierre plaisante pas mal sur lui-même. On discute également des haters qui s’accumulent sur les réseaux sociaux et des moqueries qui le visent. Elles ne le touchent plus depuis longtemps, lui qui se dit « habitué à ces déferlements de haine ». Il sait que c’est un peu la rançon de la notoriété, de ses avis très tranchés aussi, ainsi que de ses amitiés parfois contestées avec certains joueurs. Les polémiques ne l’atteignent plus.

Pierre Ménès se montre sous un tout autre jour que celui qu’il révèle face aux caméras. Beaucoup plus humain, humble, disponible et très touchant. Il discute avec un petit peu tout le monde, remercie chacune des petites attentions, accoudé sur une table haute. « Au fait, si jamais tu as besoin de moi, n’hésite pas à me rappeler, ça sera avec plaisir ». Toujours disponible, pour donner un peu de son temps, comme il l’a fait plus tôt dans l’après-midi en allant visiter des enfants malades dans un hôpital à une quinzaine de kilomètres d’ici, loin de la presse et des caméras. Histoire de leur apporter un petit peu de bonheur. Il prouve aussi que sa maladie l’a profondément touchée, mais plus personne n’a de doute. Et quand vient l’heure de s’en aller, on reste longtemps devant la porte de l’ascenseur qui descend au parking, pour discuter encore un petit peu.

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« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées ». (André Malraux)