Pour ce douzième épisode, retour en L1 nous pencher sur un joueur qui aura éclaboussé la France par sa gentillesse. J’ai nommé Cheick Diabaté. Direction la Lorraine et le FC Metz. 

Jeunesse et premiers pas

Cheick Tidiane Atipo Diabaté voit le jour le 25 avril 1988 dans la capitale du Mali, Bamako. Fils du footballeur George Salif Diabaté, le joueur de 1m94, comme tout bon cliché sur les grands, s’essaie au basket. Mais cela ne prend pas, le jeune homme ne pense qu’au football. Le ballon, il le tâte d’abord dans la rue devant chez lui avec ses frères et ses voisins. Puis plus tard, il s’essaie sur les terrains sablonneux et irréguliers de la capitale. 

Voyant que leur fiston développait une féroce passion pour le football, ses parents décident de l’inscrire dans un centre de formation. C’est le réputé Centre Salif-Keita (CSK) à Bamako que le joueur intègre à l’âge de 15 ans. Pour la petite histoire, ce centre a été fondé par l’illustre Salif Keita, premier Ballon d’Or africain en 1970. Le Malien fit aussi les beaux jours de l’AS Saint-Etienne pendant 5 ans, avant de filer à l’Olympique de Marseille. 

Départ pour Bordeaux et adaptation

C’est donc dans le premier centre de formation de football professionnel créé au Mali en 1994 que Diabaté commence son aventure. Au CSK, il y fait ses gammes de 2002 à 2006 avec un stage à Bordeaux en 2005. Stage qui sera concluant, puisque que le joueur y entame sa formation à l’été 2006, à tout juste 18 ans. Ses débuts au centre de formation sont difficiles, le joueur se trouve à 5 000 kilomètres de chez lui et a du mal avec la solitude. Comme en témoigne cette déclaration faite, 2013 au journal Sud-Ouest : 

« Au Mali, je pouvais sortir, voir des amis, jouer. À Bordeaux au début, c’était très dur. Mes parents me manquaient. Je vous le dis, j’allais me cacher dans les coins pour pleurer, je ne savais pas que je pouvais m’adapter. »

Fort, heureusement, il trouvera du soutien du côté de la Plaine Sportive du Haillan en la personne de Lassina Diabaté. Diabaté n’est autre que son cousin et ce denier l’aidera grandement dans son adaptation à sa nouvelle vie en France.

« Quand j’étais au Mali, je savais que j’avais un cousin ivoirien qui jouait aux Girondins, Lassina Diabaté. Quand je suis arrivé à Bordeaux, je l’ai croisé. J’ai appelé chez moi et j’ai dit : ‘‘ J’ai vu Lassina, mais lui ne me connaît pas ’’. Mon père m’a répondu : « C’est ton cousin, va lui parler ». Et Lassina a été le grand frère. « Il m’a conseillé : travaille, entraîne-toi, apprends, ne sors pas. »

Débuts professionnels à Bordeaux

Les conseils s’avèrent payants et le joueur signe son premier contrat professionnel en 2008 avec les Girondins de Bordeaux. D’ailleurs, il connaîtra la sélection A du Mali avant même de signer professionnel. En effet, sa première sélection date du 5 juin 2005, un match contre le Liberia comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2006. Le joueur alors âgé de 17 ans rentre quatre minutes en fin de match.

Barré pas Chamakh et CavenaghiDiabaté ne peut se faire une place au milieu d’un effectif qui finira champion de France. C’est logiquement qu’il est prêté une saison à l’AC Ajaccio, alors en L2. Avec le club corse, il marque quatorze fois en trente et un matches. La saison suivante, il est prêté à l’AS Nancy-Lorraine, club avec qui il découvre enfin l’élite.

De retour en Gironde, Cheick fait ses débuts avec le club au scapulaire mi-novembre 2010, lors de la réception de… l’AS Nancy-Lorraine, son ancienne équipe. Il faudra attendre le mois de mars 2011 pour le voir inscrire son premier but contre Brest. Pour la fin de saison, il se contentera la plupart du temps d’entrer en jeu et terminera avec six buts au compteur.

Des buts décisifs

Sa deuxième saison en Gironde sera surtout marquée par son doublé et sa passe décisive lors de la dernière journée. En effet, il permet à Bordeaux d’arracher une victoire 2-3 contre l’ASSE et de finir cinquième. Cinquième place synonyme de qualification pour le tour qualification de l’Europa League. 

La saison 2012-2013, sa cinquième en tant que professionnel se définira à nouveau par des buts salvateurs. Les premiers en Europa League, particulièrement lors d’un match au Stade Chaban-Delmas contre Newcastle. Le grand attaquant inscrira un doublé permettant à son club d’arracher la première place du groupe devant le club anglais. Le deuxième, lors du match retour à domicile contre le Dynamo Kiev. Dans ce seizième de finale retour, Diabaté marque le seul but du match et qualifie les Girondins pour les huitièmes de finale

Mais c’est la Coupe de France qui sera SA compétition. Primo, il arrache une séance de tir au but en égalisant à la 113ème contre Raon-l’Étape. Secundo, il inscrit un doublé en 4 minutes (81′ et 85′) contre Lens en quarts de finale. Ensuite, il égalise sur le terrain de Troyes lors de la demi-finale. Enfin, il ouvre le score et donne la Coupe de France 2013 à bordeaux grâce à un but à une minute de la fin du temps réglementaire. 

Dernières années Girondine et aller-retour

Ses trois dernières saisons sur les bords de l’Atlantique sont prolifiques mais marquées par des blessures. S’il marque sa dizaine de buts par saison à chaque reprise, le joueur manque un certain nombre de matches. Il déclare forfait pour environ une vingtaine d’entre eux.

Des problèmes récurrents aux genoux lui posent quelques soucis. La palme revient à la saison 2014-2015. En effet, l’attaquant Malien est victime d’une rupture de la rotule au mois de janvier. Fin de saison, coup dur pour Diabaté, qui partait pourtant sur d’assez bonnes bases avec 9 buts en 17 matches. 

La saison 2015-2016 sera sa dernière saison avec les marines et blancs. Saison lors de laquelle il effectue quand même 18 gestes décisifs en 28 rencontres. À la suite de cette saison, Diabaté tente l’aventure turque avec le club d’Osmanlıspor, basé dans la ville d’Ankara. Après dix ans de bons et loyaux services, Diabaté s’engage donc librement avec le club turc. Il quitte Bordeaux en laissant de bons souvenir puisqu’il y a inscrit 66 buts en 152 matches.

Malheureusement pour lui, son aventure dans la capitale turque ne prend pas. Le joueur revient en France au bout de six mois pour récupérer du temps de jeu. Et c’est le FC Metz qui rapatrie le grand attaquant en France pour espérer accrocher le maintien. Cheick arrive donc en prêt de six mois le 4 janvier 2017, mais il faudra attendre le 21 janvier pour voir le joueur évoluer à nouveau dans le championnat de l’Hexagone. 

Diabaté en sauveur

Nous sommes donc le samedi 21 janvier 2017 lorsque le FC Metz reçoit le HSC Montpellier au Stade Saint-Symphorien. Dix-neuvième et en quête de points, Philippe Hinschberger, l’entraîneur des Grenats, aligne sa nouvelle recrue d’entrée de jeu. Et très vite Diabaté, qui porte le numéro 18, va s’illustrer dans cette rencontre comptant pour la vingt-et-unième journée de L1. 

On joue le quart d’heure de jeu et Falette à le ballon dans son camp, proche de la ligne médiane. Le défenseur central, qui n’est pas attaqué, balance un long ballon devant. Diabaté, à 25 mètres du but, prend le dessus sur Rémy et décale de la tête pour Cohade. Le milieu offensif s’excentre sur la gauche à l’extérieur de la surface pendant que Cheick se place dans l’axe. Cohade centre pour trouver un Diabaté seul dans les six mètres, l’attaquant ne cogite pas et place une tête. Le cuir finit sa course dans les filets, il n’aura fallu que quatorze petites minutes à la nouvelle recrue messine pour ouvrir son compteur but.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car l’attaquant s’illustre encore cinq minutes plus tard. Les Messins obtiennent un corner à gauche que Cohade botte. Ce dernier envoie encore une fois le ballon vers les six mètres. À la réception de ce corner, l’inévitable Diabaté profite de la mauvaise sortie du gardien, Pionnier. Le Malien reprend d’une tête, mais ce geste est trop mou et le ballon ne fait que rebondir au sol. Qu’à cela ne tienne, le numéro 18 suit l’action et pousse la balle du pied-droit dans le but vide. On joue la dix-neuvième minute, Metz mène par deux buts à rien et ne sera pas rejoint.

Suite des aventures de Diabaté

L’attaquant Malien ne s’arrêtera pas là et sera le grand artisan du maintien messin. En effet, en plus de ce doublé, Diabaté inscrit six buts supplémentaires et délivre une passe décisive. Ce qui porte son total à 8 buts en 14 matches de Ligue 1. Sur ces buts, six d’entre eux, en plus de la passe décisive, rapporteront des points en vue du maintien. Trois buts pour arracher trois matches nuls et trois buts et une offrande pour donner par deux fois la victoire à son équipe. 

C’est donc neuf points que Cheick Diabaté rapportera à son club dans la course au maintien. Maintien qu’ils obtiendront avec huit points d’avance sur le premier relégable et sept sur le barragiste. Autant dire que les dirigeants grenats ont eu le nez creux en recrutant l’ancien Bordelais. Malheureusement, une fois la saison finie, le FC Metz ne peut s’offrir les services du joueur au-delà de la durée de son prêt.

Diabaté retourne donc en Turquie, où là encore, il ne joue pas et est encore prêté six mois après. Le joueur s’installe cette fois-ci en Italie avec le club de Benevento Calcio. Le Malien rejoint encore une fois un relégable lors du mercato hivernal. Mais cette fois, la tâche sera ardue, car le club est bon dernier de Serie A avec seulement sept points. La mission sera de combler l’écart de onze points avec le premier non-relégable, Crotone. Justement, c’est Crotone qui sera son premier adversaire en Serie A, mais cela est une autre histoire qui vous sera contée dans un prochain épisode de Premier match. 

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Comme Ole Gunnar Solskjær en 1999, je suis le joker de luxe de DV. Heureux propriétaire du suffixe -Owski. "Qu’importe : on pourra même me traiter de fou, il n’y a que ces couleurs Parisiennes qui illuminent mon cœur. Et à chaque blessure, il saigne ce cœur-là. Mais il s’enflamme encore." Francis Borelli