Après quelques mois d’absences, un nouvel épisode d’Archives, la série qui explore le passé médiatique du football, est au rendez-vous. Retour sur un fléau qui mine le football depuis longtemps, avec cet extrait de 1937 du Petit Parisien. Cet article, signé Mario Brun, était publié dans la rubrique “L’ordre sur le stade”.

Messieurs les arrières, ne levez pas les bras au ciel pour indiquer les hors-jeux

LES JUGES DE TOUCHE SONT FAIT POUR CELA

Parmi les nombreuses tactiques dont usent les footballeurs, il en est une qui consiste, pour les arrières d’une équipe,  à s’avancer le plus possible vers le centre du terrain, afin de mettre en position de hors-jeu les attaquants adverses et ainsi de les arrêter net dans leurs départs.

Tactique extrêmement osée et dangereuse parce qu’elle fait prendre trop de risques.

Les dangers d’une tactique

Elle suppose en effet des arrières très mobile, prompts à se replier quand ils se trouvent normalement débordés. Parce qu’il peut arriver très souvent, n’est-ce-pas, que les avants adverses ne tombent pas dans le piège, aient un démarrage très rapide et sachent exploiter une balle passée en profondeur.

Cette tactique, au surplus, repose, en fait, sur l’infaillibilité de l’arbitre et des juges de touche. S’ils voient le hors-jeu, c’est très bien, ils sifflent et le jeu est arrêté. Mais si le petit drapeau du linesman n’est pas agité, si le referee ne siffle pas, l’avant profite de l’off-side, prend au départ de l’action un net avantage sur la défense opposée et se trouve en bonne position pour marquer.

Une grave maladresse

Or, vous ne l’ignorez pas, il arrive fort souvent que le hors-jeu ne soit pas signalé, toutes les fautes ne pouvant l’être, hélas ! Les arrières savent bien cela. C’est pourquoi ils jugent bon de venir en aide à l’arbitre et de suppléer à la carence des juges de touche. Ils lèvent alors les bras au ciel et vont même jusqu’à pousser des cris pour attirer l’attention du directeur de jeu.

Eh bien, ils n’ont pas raison. Ils ne sont pas sur un terrain, en effet, pour rappeler les lois du jeu et dicter des décisions à l’arbitre, qu’ils risquent, au demeurant, d’indisposer fortement.

En levant les bras au ciel comme pour prendre le ciel à témoin d’une infortune, ils s’arrêtent dans leur action et attendent un coup de sifflet qui souvent ne vient pas. Quand ils réagissent, il est trop tard et voilà comment certaines équipes se font marquer parfois des buts qui n’auraient jamais dû l’être, qui découragent ou décident d’une partie.

Voilà comment Rouen, il y a quinze jours à Sochaux, par la faute d’Antoinette, et le Racing, dimanche à Saint-Ouen, par la faute de Cathelain et de Chalot, encaissèrent leur deuxième but.

Dans les deux cas, ces buts auraient pu être évités. Un joueur ne doit jamais s’arrêter de jouer.  Et il est bien entendu que les défenseurs d’une équipe ne sont pas des juges de touche.

Mario BRUN.

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