Maxime Gonalons devrait vraisemblablement quitter  l’Olympique lyonnais dans les prochaines heures, pour signer à l’AS Roma. Si la transaction n’est pas encore officielle, rien ne semble s’y opposer. Et pourtant, le départ du capitaine ne paraît pas outre mesure attrister les supporters lyonnais. Mais pourquoi, alors qu’il est le dixième joueur le plus capé de l’histoire de l’OL, part-il dans l’ombre et les huées ? Hommage au capitaine de l’Olympique Lyonnais.

Magnus Maxime (384 ap. JC – 388 ap. JC)

Magnus Maxime était un empereur romain, d’abord usurpateur du trône, puis empereur légitime. Il a fini exécuté sur ordre de Théodose Ier. Et bien, le destin de Gonalons y ressemble quelques peu. D’abord, il a usurpé la place devant la défense ou dans l’axe a de nombreux joueurs plus confirmés. Alors qu’il était sensé être un jeune peu prometteur, il est devenu un membre essentiel de l’équipe. Un pivot solide pour permettre aux dispositifs de se lancer. Indéboulonnable dans l’effectif, c’était le statut de de Gonalons pendant des années. Certes, il y a eu des passages de moins bien, et des périodes où le capitaine tirait la langue, mais Maxime Gonalons a longtemps été à l’Olympique lyonnais le premier joueur placé sur la feuille de match. Oui, l’usurpateur arrivé un soir à Anfield est peu à peu devenu titulaire.

Car Gonalons est devenu titulaire à la fois dans l’esprit des entraîneurs que dans l’esprit des supporters.  Et même parfois devenu titulaire en équipe de France. Mais si, souvenez-vous de ce match contre l’Espagne. Celui où la France parvient à arracher un match nul. Ce match-là, Maxime Gonalons le commence en tant que titulaire. Et c’est donc tout logiquement que quand Licha abandonne le brassard de capitaine que Maxime Gonalons le récupère. D’ailleurs, il l’étrennera avec un but contre l’ESTAC Troyes, dans un match où un jeune joueur marque un but, son premier en Ligue 1. Ce jeune joueur, c’était Samuel Umtiti. Depuis, leurs trajectoires se sont croisées. L’un est désormais quasi-titulaire avec les bleus, tandis que l’autre part dans l’indifférence de l’Olympique lyonnais. La faute, entres autres, à Tousart Ier. Et au double-pivot.

Il n’y a qu’au tarot qu’on s’excuse

Le principal problème de Gonalons, c’est qu’il n’a pas forcément été toujours au niveau. Dépassé dans le double-pivot, et moins puissant que Lucas Tousart, il a aligné les performances indigestes. Pas aidé non plus par les choix défensifs étranges de l’entraîneur des gones, il a semblé perdu dans l’entrejeu, marchant sur les pieds des autres milieu de terrain. Et forcément, à l’Olympique lyonnais, on ne met jamais le capitaine sur le banc. Maxime Gonalons, capitaine jusque là exemplaire, se retrouve donc hué par les supporters. Hué à la fois par ses performances et pour un manque supposé de charisme, manque qui semble parfois flagrant dans ses interviews. Mais tout se passait bien avec la direction, car “Capitaine Max” ne disait pas un mot de travers, et restait exemplaire au sein de l’institution. Si tu vas contre Max, tu vas contre l’institution.

Le problème de Gonalons, c’est que lui-même est allé contre l’institution. Pour la première fois de sa carrière, Maxime va contre l’institution en sortant dans la presse. Il a critiqué, avec sans-doute une bonne dose de réalisme, le manque d’ambition du club. Et ça, ça n’a pas plus à Aulas et son ex-éminence grise, Bernard Lacombe. Et Bernard a dit, “Il n’y a qu’au tarot qu’on s’excuse”. Maxime Gonalons a par conséquent été peu à peu pris en grippe par l’entourage du président lyonnais. Il part donc dans l’ombre, sans communiqué larmoyant, et sans même avoir pu avoir de grands adieux à la Lacazette contre Nice. Alors, rendons hommage à un soldat qui s’est malgré tout toujours battu pour l’équipe, pour le collectif, et n’a jamais menti ou fait semblant. Même si le divorce a été compliqué.

 

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