Olivier Perrin : “Au Sénégal, tout peut se passer”

Génération foot, le club d'Olivier Perrin
Génération foot, le club d'Olivier Perrin

Olivier Perrin est leader de la Ligue 1 Sénégalaise avec Génération Foot. Retrouvons ses propos à l’approche de la fin du championnat Sénégalais.

Comment abordez-vous ce match de vendredi contre NGB Niary Tally comptant pour la 23ème journée de Ligue 1 ?

Olivier Perrin : « On a bien travaillé la semaine dernière avant de mettre les joueurs au repos durant quatre jours pour récupérer un peu de fraîcheur surtout avec la température qui a bien augmenté ces derniers temps. Niary Tally est une équipe qui vient de se faire éliminer en demi-finale de la Coupe de la Ligue au bout des prolongations. C’est une formation qui fait partie des deux grosses cylindrées cette saison. Ils avaient l’effectif pour être champions. Aujourd’hui, ils n’ont plus d’objectif particulier en vue mais ils restent une très bonne équipe. A l’aller, nous avions gagné (2-0) mais avec beaucoup de difficultés, la faute de main du gardien sur le premier but nous avait bien aidés. On s’attend donc à un match compliqué d’autant plus que nous sommes l’équipe à battre ».

A quatre journées de la fin, il ne vous manque plus que deux victoires pour être assurés du titre de champion. Êtes-vous confiants ?

O. P : « Non, c’est très compliqué. Nous devons faire avec plusieurs absents. Notre meilleur buteur, Ibrahima Niane, participe en ce moment à la Coupe du Monde U20. Lundi, nous aurons quatre autres joueurs qui vont partir en sélection. Ensuite, au Sénégal, c’est différent des championnats européens, tout peut se passer ici. C’est beaucoup plus compliqué que ce que l’on pourrait croire en regardant juste le classement. Rien n’est terminé ! »

Ressentez-vous une certaine excitation chez vos joueurs en étant si près du but ?

O. P : « Il y a longtemps qu’entre nous on s’est dit les choses. A la mi-saison, avec 25 points au compteur, nous savions que nous étions en train de réaliser un parcours supérieur à celui d’un champion habituel. La seule chose qui peut être embêtante c’est qu’il ne faut pas trembler au moment de conclure. Mes joueurs sont prêts à relever ce challenge. Je fais tout mon possible pour qu’ils ne pensent qu’au contenu de leurs matches et aux choses à mettre en place et pas au résultat final. En jouant notre jeu, celui-ci arrivera de lui-même. »

Au début de la saison, vous étiez promus en Ligue 1 sénégalaise. Vous attendiez-vous à réaliser un tel parcours ?

O. P : « Un parcours aussi bon non, mais je ne m’attendais pas non plus à être en difficulté. On travaille bien depuis trois ans, on avait déjà joué contre des équipes de Ligue 1, je savais que mes joueurs avaient le niveau pour ce championnat. Après, en ayant une équipe très jeune nous n’étions pas à l’abri d’une certaine fluctuation de niveau entre les matches. A part ce point précis, je n’étais pas inquiet. Maintenant, de là à concurrencer des clubs bien mieux armés que nous en terme d’effectif, ce fut une bonne surprise. On s’était fixés la 5ème ou 6ème place et surtout de ne jamais être dans la lutte pour le maintien. »

Vous êtes une équipe jeune avec des joueurs en pleine progression. Quels étaient les objectifs en terme de philosophie de jeu ?

O. P : « Nous souhaitions surtout que les joueurs puissent s’imprégner au mieux d’un système de jeu bien précis en jouant un football offensif. Nous avions cette idée de terminer avec la meilleure attaque du championnat, c’est chose faite (ndlr : 41 marqués en 22 matches). Toujours dans cette réflexion, il y avait une réelle volonté de disputer toutes les rencontres pour les gagner quel que soit l’adversaire et de ne pas être petit bras. Par ailleurs, l’objectif est aussi de pouvoir préparer des joueurs à rejoindre des championnats européens pour y faire bonne figure. Honnêtement, sur ces points-là je pense que nous avons réussi. »

Vous êtes la meilleure attaque du championnat mais aussi la seconde meilleure défense…

O. P : « De toute manière on ne peut pas être la meilleure attaque sans avoir le ballon et on ne peut pas avoir le ballon sans bien défendre. Mon leitmotiv, c’est la récupération de la balle. Quand on produit du jeu, il faut accepter de perdre des ballons mais derrière il faut tout faire pour le récupérer. Pour cela, il faut garder un certain équilibre et ne pas attaquer n’importe comment. Pour l’instant, on a réussi à le faire, il faut garder cette ligne directrice jusqu’au bout. »

Malgré tous ces points positifs, il y a eu cette élimination en quarts de finale de la Coupe de la Ligue contre l’US Ouakam (1-2). Est-ce un regret ?

O. P : « Oui, évidemment. Ce jour-là, j’avais 40° de fièvre et je n’avais pas pu coacher la rencontre. Il faut quand même noter que l’US Ouakam est en finale de la Coupe et que sur la phase retour du championnat ils possèdent le troisième meilleur bilan. Sur ce match, nous avions décidé d’évoluer en 3-5-2, un système que nous n’utilisons pas habituellement. Il faut croire que sur le plan tactique cela ne s’est pas bien passé. De plus, nous avions raté un pénalty et perdu deux joueurs sur blessures, ce n’était pas notre jour… On s’est également fait sortir en Coupe du Sénégal mais quand tu as la possibilité d’être champion, tu ne peux pas jouer sur tous les tableaux. Cette année, nous n’avions pas l’effectif pour le faire.

Propos d’Olivier Perrin via FC Metz
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