Après un premier épisode consacré à José Andrade, c’est désormais à Pedro Rocha que nous allons consacrer cet article. Cet article nous permettra de découvrir l’autre grand footballeur né à Salto, en Uruguay, bien avant Cavani et Suarez.

La guerre comme naissance

C’est dans la ville de Salto, donc, que le 3 décembre 1942 Pedro Virgilio Rocha Franchetti voit le jour. Durant cette année, l’Uruguay avait rompu toute relation diplomatique avec l’Allemagne Nazie. Et au mois de février, la guerre avait été déclarée. Pedro Rocha voit donc le jour dans un pays allié aux États-Unis. C’est assez ironique d’écrire cela quand on sait que nombre de dignitaires nazis ont trouvés refuge en Amérique du Sud, et notamment en Uruguay, une fois la guerre terminée. D’ailleurs, Serge Gainsbourg dénonçait cela dans sa chanson SS in Uruguay. Quoiqu’il en soit, Pedro passe une enfance assez tranquille. En effet, aucun de ses parents n’est engagé dans l’armée.

A l’âge de 17 ans, après de nombreuses années passées sur les potreros, les terrains de terre si visibles en Amérique du Sud, Pedro Rocha est repéré. C’est le prestigieux club de Peñarol qui récupère le talent uruguayen. Sous les ordres du hongrois Américo Hirschl, il progresse peu à peu. Et il commence à évoluer sur le terrain, à enchainer quelques titularisations. Il évolue principalement en tant que meneur de jeu voire avant-centre. Cependant, les dispositifs de l’époque en W.M. principalement ne permettent pas de définir exactement son rôle.

Et il s’impose en tant que titulaire. Ainsi, sous le maillot de Peñarol, il remporte huit championnats uruguayens, trois Copa Libertadores, la Coupe Intercontinentale à deux reprises (en 1961 et 1966) et deux éditions de l’Uruguayan Copa Competencia en 1964 et 1967. Il inscrit quelques buts de grande classe et attire l’attention de la sélection. Juan Carlos Corazzo le convoque pour la première fois en équipe nationale, à l’âge de 21 ans. Il honore sa première cape cette année là, la première d’une longue, très longue série.

Un Uruguayen au Brésil

Ses bonnes performances en Uruguay attirent l’attention de clubs étrangers. Et c’est logiquement qu’en 1970 il signe au São Paulo FC. Aux côtés du buteur de Santos Toninho Guerreiro, il forme une redoutable doublette. Sous les ordres d’Aymoré Moreira, ils remporete de nombreux titres. Ainsi, en 1971 et 1975, il remporte le championnat pauliste. C’est en 1972 cependant qu’il termine le championnat en tant que meilleur buteur. Et en 1977 arrive la consécration. Car en cette année là, le São Paulo FC remporte le premier championnat brésilien de son histoire. Car aux côtés de Waldir Perez, de Chicão, de Serginho, le club de Pedro Rocha s’impose au Mineirão face à l’Athletic Mineiro.

Il réalise par la suite quelques piges ailleurs au Brésil. C’est sous les maillots de Coritiba, de Bangu et de Palmeiras qu’il enrichit son palmarès d’un championnat paranaense. Son mètre quatre-vingt-trois continue à faire des ravages, malgré l’âge qui arrive. En 1980, un dernier contrat lui est proposé. Au Monterrey CF, il joue sa dernière saison. Au total, il aura inscrit 202 buts en club. Il aura imposé un record, également, celui du nombre de buts marqués en Supercoupe Intercontinentale. Avec 9 buts, aucun autre joueur ne l’a dépassé.

La sélection, l’apogée

Pedro Rocha en sélection uruguayenne
Pedro Rocha en sélection uruguayenne

J’avais amorcé ses débuts en sélection. Entre 1961 et 1974, Pedro Rocha aura disputé 52 matchs et marqué à 17 reprises avec la sélection au maillot bleu ciel. Mais

sa carrière est remarquable pour d’autres raisons. Il s’agit du seul joueur à avoir disputé quatre Coupe du Monde. Il a en effet disputé celles de 1962, 1966, 1970 et 1974. Cependant, il n’aura marqué qu’un seul but, à Wembley, en 1966. Et il remportera en 1970 une quatrième place, au Mexique.

Son palmarès n’est cependant pas vierge en sélection, puisque en 1967, il remporte, au pays, la Copa America. Dans cette compétition, il se distingue avec 3 buts en 5 matchs. Cela en fait de lui un des 40 meilleurs joueurs sud-américains du XXème siècle, selon l’IFFHS, qui le classe à la 37ème place.

Ajoutons à ces records sa carrière d’entraîneur. De 1988 à 1989, il entraîne le Sporting Portugal. Puis en 1996, c’est le SC International, au Brésil, qui profite de ses talents. En 1997, il entraîne au Japon dans la J. League les Kyoto Purple Sanga.

Celui qui aura été le seul meilleur buteur du championnat du brésil à ne pas détenir la nationalité brésilienne décède en 2013, le 2 décembre, la veille de ses 71 ans. Paix à son âme.

A propos NSOL 762 Articles
« Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». (Jonathan Swift, 1667-1745)