Samedi se tenait au Parc OL une belle affiche entre le LOSC et les lyonnais. Rencontre qui s’est soldée par une énième défaite lyonnaise à domicile. Cependant, le spectacle n’a pas eu lieu que sur la pelouse: une nouvelle polémique a réussi à éclater depuis le nouveau stade de Décines.

En effet, des images d’une banderole “misogyne” ont vite suscité de fortes réactions sur la toile.

Anne Laure Bonnet, journaliste chez beIN, Pierre Menes ou encore 20minutes, ont rapidement fustigé l’attitude des supporters en question et même interpellé la présidente de la LFP.
Que faut il penser de cette nouvelle polémique frappant-la Ligue 1 quelques jours seulement après celle concernant Mario Balotelli?

Si on aborde les choses de manières terre à terre, cette affiche est à ranger du côté des préjugés machiste. Entendez là, ces préjugés qui attribuent à la femme des tâches et un comportement prédéfinis selon la culture et un rôle dans la société inférieur à celui des hommes.

Au contraire, si nous remettons les choses dans un contexte du club lyonnais, et celui du football en général, il s’agit de relativiser la chose.

Lacombe en précurseur de polémique

Avant tout, cette banderole pourrait très bien être reliée à une interview de Lacombe datant de 2013. A l’époque, le conseiller avait déclaré :

“Je ne discute pas avec les femmes de football”.

Tout le monde rigole et il enchaîne en disant

“Qu’elles s’occupent de leurs casseroles et voilà ça ira beaucoup mieux.”

Une déclaration qui avait déjà fait polémique et qui est aujourd’hui, souvent abordée par les supporters lyonnais qui préfèrent en rigoler. Surtout lorsqu’on sait que la section féminine du club lyonnais est ce qui se fait de mieux.

Dans Lyon Capitale, un membre du virage Nord est revenu sur cette banderole. Il en a profité pour donner quelques détails. Affirmant que celle-ci est là depuis dix ans, et qu’il s’agissait d’une simple blague, un élément de la “culture de stade”. Il en a également profité pour défendre le Kop Virage Nord d’être misogyne justifiant qu’il y avait des femmes membres.

Cet avis de supporter apporte certains éléments de réflexions qui semblent donner des excuses aux personnes en question.

L’arbre qui cache la forêt?

Car il faut reconnaître que les stades de foot ne sont pas souvent des lieux de calme et de sérénité. Si les violences sont courantes, l’atmosphère générale est souvent tendue.
Les matchs représentent souvent des enjeux importants pour les clubs mais aussi pour leurs supporters.

Les nouvelles technologies et méthodes d’investigations utilisées par les diffuseurs, proposent aux spectateurs une immersion au sein des matchs. L’émission J+1 en étant l’exemple parfait. Elle montre aux abonnés les coulisses des rencontres, les événements dans les matchs, les membres des clubs… On finit souvent par assister à un florilège d’insultes, dans toutes les langues, sur le terrain, les bancs et en coulisse.

Ce type d’émission permet l’immersion et rajoute du piment au divertissement pour le plaisir des pauvres streamers téléspectateurs, . Tout cela sur fond de rivalité et de chants de supporters dans le même genre. La spectacularisation du football n’a jamais été aussi forte. Tout est bon pour faire du buzz, en premier lieu ce genre de polémique et ce genre de club populaire.

Le football est aussi un divertissement

Et pourtant, qui a déjà baissé le son de sa télé lors d’un “Oh Hisse en…” lors d’un match au Vélodrome? Qui a déjà changé de chaîne après un début de baston dans un Classico?
Au contraire, ce genre d’événement fait partie d’un sport joué par des hommes (dans le sens général du terme) et suivis par d’autres. Il est donc normal qu’il affiche les mêmes “défauts” que ceux qui l’animent.

C’est là où nous pouvons rejoindre le supporter que nous évoquions plus haut, lorsqu’il parle de culture stade. Il s’agit de remettre ces événements dans leur contexte. Celui d’un stade ou les supporters sont souvent provocateurs. Et là où les violences sont courantes aussi bien sur le terrain qu’en tribunes. Ceux ci doivent être punis lorsqu’ils dépassent la limite du simple humour, de la provocation, tout comme les joueurs ou supporters qui ont recours à la violence.

C’est un peu comme lorsqu’un joueur de l’équipe visiteuse tire un corner et que les supporters lui lance des objets. Si ce sont des boulettes de papier, l’arbitre fera signe de jouer. Si ce sont des objets pointus, en verres ou en métal alors il arrêtera le jeu.  Alors la banderole, simple boulette de papier ou objet en métal ?