Chaque passionné de football, lorsqu’une saison ou une compétition commence, fait des pronostics sur ce qui va se passer. Certains analysent les mercatos de chaque club pour décider de leur champion et des relégués. Mais quel est la place de l’économie dans la prédiction du classement final ?
Un classement basé sur l’économie
Si on prenait uniquement les données économiques, quelles seraient les observations tirées ? En récupérant les résultats finaux depuis la saison 2014-2015, les valeurs marchandes des effectifs de chaque clubs, les balances commerciales qui sont un indicateur de la santé financière des clubs français et la masse salariale. Tous ces données récupérées sur le site de la Ligue, Transfermarkt et Capology vont nous permettent de déterminer le poids de l’économie sur le classement final du championnat national.
Nous allons observées l’effet de deux variables explicatives sur notre modèle, le logarithme de la valeur marchande de l’effectif, pour réduire l’écart de valeur entre les clubs (le PSG a une valeur marchande de plus d’un milliard d’euros, tandis que Le Mans ne dépasse pas les 25 millions d’euros), ainsi que la balance des transferts des clubs, pondérée par leur masse salariale, l’indicateur utilisé par la DNCG dans leurs décisions administratives.

Tout d’abord, on observe le R² qui est égal à 0,511. Cela signifie qu’environ 50% des points obtenus sont expliquées par nos variables explicatives. L’effet le plus significatif est la valeur marchande de l’effectif, augmenter de 10% la valeur de l’effectif conduit l’équipe à prendre 1,3 points supplémentaire en Ligue 1. Par contre l’effet de la balance des transferts a une incidence négligeable sur le résultat final. Pour conclure, la principale variable explicative du classement final est sans surprise la valeur marchande de l’effectif.
Et malgré tout ça, quel est le classement final prédit ?
Une simple équation permet de déterminer le rang et le nombre de point obtenu par une équipe.
Y= – 16,6 + 13,7*log(valeur marchande) – 0,74*balance_pondérée

Le foot n’est pas qu’économie…
Chaque année réserve son lot de surprises et des exemples sont légions dans le foot français comme à l’étranger. Le Leicester de Ranieri, le Montpellier de Girard pour évoquer les champions surprises ou encore le Lens de Sage et le Brest du regretté Eric Roy qualifié directement en Ligue des Champions. Ces cas seraient qualifiés d’anomalies statistiques si on observait uniquement les données économiques des clubs. Il existe donc d’autres éléments qui expliquent les surperformances et les sous-performances des clubs par rapport a leurs moyens financiers. Un des effets possibles et observables seraient la dynamique des clubs entre chaque saison. Par exemple pour le Brest d’Eric Roy, la saison précédent la qualification en Ligue des Champions, les Finistériens obtiennent le maintien en Ligue 1 et sont sur une très bonne dynamique de résultats. Cette dynamique de résultats entre saison peut aussi s’expliquer par les affinités et la continuité dans les clubs développés à chaque saison avec le staff et les joueurs. Néanmoins, dans un contexte économique très compliqué pour les clubs de Ligue 1, les mouvements dans les clubs sont importants, notamment dans les staffs où 12 nouveaux coachs ont pris leur fonction cette saison.

L’instauration d’une dynamique dans notre modèle entre les saisons nous amène à ajouter deux variables explicatives. On gagne en précision, avec 54% de la variance expliquée. En général, un club de Ligue 1 conserve environ un quart de ses points obtenus la saison précédente, la valeur marchande de l’effectif perd du poids dans notre modèle mais elle reste l’effet le plus significatif du modèle. L’effet d’une promotion en Ligue 1 est non significatif, par conséquent, la valeur marchande d’un club promu est l’élément essentiel pour déterminer son nombre de points à la fin de la saison.
Y = -14,09 + 0,28*points_n-1 + 10,26*log(valeur_marchande) – 1,03*balance_pondérée + 0,53*promu avec promu qui prend la valeur 0 = pas promu ou 1 = promu.


L’instauration d’une dynamique inter-saison à tendance à réduire le nombre de points projetés et à modifier l’ordre du classement, avec Monaco qui devient barragiste en Ligue des Champions, Lens redevient potentiellement européen. Néanmoins, les promus restent condamnés à être relégués, lié à une valeur marchande très faible et non à leur statut de promu.
Et vous, quel est votre pronostic pour le classement final de Ligue 1 ? Qui sera champion ? Qui sera relégué ? Quelles seront les bonnes et mauvaises surprises du championnat ?
NB : Les données ont été récoltées le 22 août 2026, une mise à jour sera éventuellement effectuée après la clôture du mercato estival.
