Le derby entre l’Olympique lyonnais et l’AS Saint-Etienne qui se disputera, dans le cadre de cette journée de Ligue 1, à Décines, a des allures de fin du monde. Entre la crise sanitaire réelle, les difficultés organisationnelles et sportives de l’Olympique lyonnais et la situation catastrophique de leurs rivaux stéphanois, ce derby pourrait bien être le dernier derby…

Objectif : Ligue 2

Vingt matchs. Deux victoires. Six nuls. Douze défaites. Comme un symbole, quarante-deux buts encaissés, la pire défense de Ligue 1. Et seulement dix-huit petits points. L’AS Saint-Etienne pointe à la dernière place du championnat, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette position est justifiée pour le club du Forez. Déjà, depuis plusieurs saisons, la crise pointait le bout de son nez. Mais cette saison est sans doute la saison de trop. Entre le licenciement de Claude Puel et les difficultés financières du club, un passage par la case Ligue 2 apparaîtrait presque comme un miracle.

Un miracle ? Oui, parce que si l’AS Saint-Etienne termine dernier du championnat, il y a de fortes chances pour que les stéphanois ne passent pas en Ligue 2. Non pas parce qu’ils se maintiendraient en Ligue 1, bien au contraire. Mais parce que la structure économique et sportive du club est si friable qu’il serait cohérent de voir la Ligue de Football Professionnel renvoyer les pensionnaires de Geoffroy-Guichard directement dans les divisions inférieures françaises.

Alors dans ce derby, l’AS Saint-Etienne va essayer, à défaut de remonter au classement, de sauver le peu d’honneur qui lui reste. Car avec une descente en divisions inférieures, un derby ne serait pas à revoir de sitôt. Alors, pour les verts, qui n’ont jamais gagnés de leur histoire au Groupama Stadium, ce match apparaît comme le comprimé de cyanure que croque celui qui sait qu’il va mourir : le moyen de mourir dans la dignité.

Communiqué

Si l’Olympique lyonnais, à quelques heures de ce match, apparaît beaucoup mieux classé que l’AS Saint-Etienne, c’est aussi une cruelle désillusion que cette saison pour les Gones. Car le départ de Rudi Garcia laissait entrevoir beaucoup de promesse, surtout connaissant le profil de Peter Bosz. Mais les hommes de l’entraîneur néerlandais pointent à une triste onzième place, avec vingt-huit points et un match en moins. A six points de Rennes, cinquième : si loin et si près à la fois.

Pour les lyonnais, ce derby est un médicament. Car infliger une déculottée aux joueurs stéphanois serait à la fois le moyen de se relancer dans une série positive après quelques résultats qui manquaient de flamboyance. Et surtout, un moyen pour Peter Bosz de montrer qu’il est l’homme de la situation, et que l’OL doit compter sur lui dans les prochains mois. Sur un fil, donc, pour le club de la capitale des Gaules, joue très gros ce soir à vingt-et-une heures contre l’ASSE.

Pour Lyon, ce derby pourrait bien être, mais pas de leur fait, le dernier avant un bon moment. Les supporters lyonnais le savent, et l’ont savamment communiqué à travers des banderoles à peine agressives : « achevez-les », voilà en substance le message. Sauf que cela n’a pas plu à la direction du club, empêtrée, souvent de façon injuste, dans des polémiques extra-sportives, et qui cherche à se racheter une image dans les médias. Alors ne pas fermer les yeux sur les agressions est une manière pour le club de dire qu’il ne tolère ni provocation, ni même rivalité. Il semble y avoir une volonté d’aseptiser l’environnement de ce « dernier » derby.

D’un côté comme de l’autre, ce derby comptera très lourd pour la deuxième moitié de saison. Et il n’y aura, ni d’un côté, ni de l’autre, de pitié pour l’adversaire.

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