Ce monde est dingue et ne tourne plus rond. Les clivages idéologiques ont remplacés la discussion, la pensée est laissée en déshérence au profit de l’opinion. Et même l’opinion, jadis enfant chérie de la rhétorique, n’est plus qu’un ramassis d’ordures de caniveaux. Ce monde est dingue, et le football n’est qu’une illustration de cette dinguerie quotidienne. Car nul besoin d’être un savant ou un idéologue pour se rendre compte qu’une victoire ne vaut plus trois points.

Trafic de mineurs sous valise diplomatique

En France, en Italie, en Allemagne. Et aux Etats-Unis, en Afrique du nord, au Moyen-Orient, et en Asie centrale. Au fin fond du monde comme à deux pas de chez nous, le football est gangréné par la pègre et les trafiquants en tout genre. Certains sont amoureux de football. D’autres, et c’est malheureusement la majorité, ne connaissent même pas les règles de ce sport qu’ils corrompent au quotidien. Car la maladie s’empare peu à peu de tous les continents, à toutes les strates de la géopolitique-monde, cette espèce de sport si couru de certaines élites en place dans des états fantoches gouvernés par des milices rebelles arrivées au pouvoir à l’issue de coups d’états opportunistes soutenus par factions-tierces embusquées pour récupérer l’or, le cobalt et le diamant.

Le pire reste à venir. Car ceux qui en pâtissent, ce ne sont pas ceux qui sont impliqués jusqu’aux coudes et parfois même plus dans ce trafic mondialisé de résultats footballistiques. Non, ce sont les jeunes, les garçons que l’on donne en pâture à des pseudos-agents véreux, pour qui les parents se ruinent. Et ce sont les filles, que l’on fait rêver d’une vie meilleure, d’un toit, d’une pitance à manger tous les jours, mais à qui, dans le meilleur des cas, on ne laisse que les analectes. Ces filles, qui, sous couvert de les former à jouer au football, se retrouvent violées par des sinistres individus qui ont trois ou quatre fois leur âge, si ce n’est plus. Les trafics de mineur sous immunité diplomatique ont la vie dure, et la FIFA, tout comme ses comparses régionaux, ne fait pas grand-chose pour y remédier.

Fan sans politique, institutions sous contrôle

Les relations internationales sont un véritable champ de mines. Entre tous les pays, des tensions sommeillent. Sur tous les continents, des détonateurs sont prêts à exploser. Certains sont plus visibles que d’autres, au Proche-Orient par exemple. D’autres, un peu plus enfouis comme dans le Caucase. Mais il est une règle d’or édictée par les dirigeants de ce football pourri. Les supporters n’ont pas voix au chapitre. Ils n’ont pas le droit de soutenir. Ils n’ont pas le droit, non plus, de dénoncer les magouilles. En sus, ils ne peuvent pas soutenir autre chose que la doxa officielle, celle qui veut qu’aller au stade revient à assister à un spectacle, et c’est tout.

Mais assister à un match de football, n’importe quel ultra le dira sans réserve, c’est tout sauf aller au théâtre. Parce que le supporter est acteur du scénario, et surtout, a le pouvoir de transmettre un message. Et c’est bien là où le bât blesse. Car les intérêts des grands groupes financeurs de l’oligopole footballistique mondial ne sont pas toujours ceux de M. Tout Le Monde. Les supporters doivent donc se taire, cacher leurs drapeaux antifascistes ou politiques : se taire, et supporter le football.

Mais derrière les vitres fumées des loges, il y a une bien autre réalité qui se trame. Car le football est justement un vecteur politique. Il n’y a pas besoin d’aller dans les dictatures de l’autre bout du monde pour s’en rendre compte : les côtes de popularité des présidents et chanceliers européens montent après de grosses performances des équipes nationales. Et ça, la FIFA l’a bien compris : le football est une arme politique, dont elle souhaite garder le contrôle…

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« Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». (Jonathan Swift, 1667-1745)