Soixante-et-un ans. C’est le temps qu’il a fallu attendre entre la première Coupe du Monde de football masculin et la création de son homologue féminine. Alors que le mondial 2019 féminin bat son plein sur le territoire français, Thibault Rabeux nous propose de revenir sur les Coupes du Monde officieuses.

Un livre plein d’entrain

« Saviez-vous qu’une gamine de 15 ans avait inscrit un triplé en finale d’une Coupe du monde devant 110 000 personnes à Mexico ? Aviez-vous déjà entendu parler du sacre mondial des filles du Stade de Reims en 1978 à Taïwan ? ». C’est sur ces questions que Thibault Rabeux commence son récit. Une histoire longue de quatre-vingt pages, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’ennuie pas.

Thibault Rabeux raconte les Coupe du Monde qui n’en ont pas le nom, en passant par les Mundial organisés par la Fédération internationale et européenne de football féminin (FIEFF) ou encore le World Women’s Football Invitational Tournament. Un récit riche d’exemple et de résultats cocasses.

L’histoire est courte, captivante, et ne manque pas d’anecdotes croustillantes. Entre les déboires internationaux pour l’organisation d’une compétition d’une telle ampleur, ou bien les dessous des cartes dévoilés par Thibault Rabeux, tout s’assemble merveilleusement bien.

La langue est fluide, les mots s’enchaînent assez bien, et les histoires sont vraiment déconcertantes. N’est-on pas pris d’un fou rire, lorsque l’on apprend cette anecdote rémoise ? « [On recherchait alors] « une attraction pour une sorte de kermesse qui avait lieu chaque année à Reims ». Si l’attraction retenue en 1968 est donc un match entre filles, le reportage nous apprend également que celle de l’année précédente était un combat de catch entre lilliputiens. » Le football féminin n’est pas pris au sérieux, et Thibault Rabeux en est bien malheureux, lui l’ancien de « Foot d’Elles « .

Pas pris au sérieux

Et c’est toute cette problématique que Thibault Rabeux, pour son premier ouvrage, développe. Le football féminin n’était, à l’origine, qu’une attraction comme on payerait une femme à barbe. Quelques décennies plus tard, il est resté une attraction mais s’est aussi transformé en moyen de se faire du cash, d’accumuler les rentrées financières. En témoigne cet extrait. « Si vous consultez une liste des représentants du football féminin dans différents pays, vous réaliserez immédiatement qu’ils sont inconnus des cercles du football dans leurs propres pays mais qu’ils sont des managers et agents d’entreprises avec des capacités publicitaires ou qu’ils essayent juste de faire de l’argent en exploitant comme un ‘’show’’ le football pratiqué par les femmes. ».

Des problématiques bien éloignées du football moderne ? Pas vraiment, quand on avance peu à peu dans les chapitres. Car le livre de Thibault Rabeux, qui se lit un peu comme un roman policier, déroule toute la chronologie des coupes du monde non officielles. Jusqu’à arriver finalement à la fameuse Coupe du Monde 1991 en Chine. La première Coupe du Monde féminine de l’histoire, mais pas encore avec les règles du football masculin. En effet, sur cette édition, les femmes disputent des rencontres de quatre-vingt minutes seulement. Il faudra attendre le deuxième mondial de l’histoire, celui de 1995, pour voir des rencontres de durée traditionnelle.

En bref, « Football féminin : les Coupes du Monde officieuses » de Thibault Rabeux est un ouvrage intéressant est facile à lire. Il raconte merveilleusement bien les problématiques des footballeuses d’hier, entre anecdotes, histoire et comptes-rendus précis des rencontres. Un livre à lire, pour tout amoureux du football, féminin comme masculin.

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