Hasan Salihamidžić. Un nom qui parle à tous les amateurs de Bundesliga s’étant régalé les yeux devant le championnat allemand dans la décennie 2010. Retour aujourd’hui sur Hasan Salihamidžić, le très talentueux bosnien.

Le deuxième

Hasan Salihamidžić voit le jour le 1er janvier 1977 à Jablanica, en RFS de Yougoslavie. Il est le deuxième enfant de la famille, le premier garçon. Ainsi glane-t-il le surnom « Braco », « petit frère » en bosnien. Ce surnom va le suivre tout au long de sa vie, se transformant peu à peu en « Brazzo ». Brazzo, donc, va commencer à jouer au football dans les rues de Yougoslavie avant de rentrer à l’école primaire et au Turbina Jablanica à l’été 1987. Il y passera quatre années, où il apprendra les bases du football. En 1991, alors âgé de quatorze ans, il est repéré par les recruteurs du Velež Mostar et rejoint les équipes de jeunes du club.

Une année au Mostar lui suffira pour être appelé en sélection U16. Manque de chance, cette année 1992 est assez funeste pour lui. En effet, quelques jours après sa première cape en jeunes, les troupes serbes de Bosnie entament un long siège de Sarajevo. La famille Salihamidžić fait donc ses bagages et quitte la Yougoslavie. Comme beaucoup, Ahmed Salihamidžić et sa femme Šefika font le choix de l’Allemagne.

Et l’arrivée de cette famille de réfugiés politiques est une aubaine pour le Hambourg SV, qui récupère ainsi gratuitement le talent de Hasan. Couvé par Ahmed Halilhodžić, le frère de Vahid, il gravit tranquillement les échelons du club hambourgeois. Jusqu’à faire ses grands débuts en 1995. Neuf matchs, deux buts, et il gagne sa place pour la saison suivante.

Chez le géant

Grâce à ses bonnes performances, ce joueur de côté polyvalent et très puissant offensivement, tranchant dans ses courses et très fin techniquement parvient à accumuler du temps de jeu. Pendant deux ans, il joue la majorité des matchs, et atteint même la barre des dix buts en une trentaine de matchs en 1997-1998. Comme tout joueur impressionnant dans le championnat allemand, il est fortement convoité par le Bayern Munich. Et c’est logiquement qu’au début de l’été 1998, celui qui porte depuis deux ans le maillot de la Bosnie-Herzégovine rejoint les rangs du Rekordmeister.

Avec les couleurs bavaroises, Hasan Salihamidžić connaît une cruelle désillusion en finale de Ligue des Champions contre Manchester United, la faute à Teddy Sheringham et Ole Gunnar Solskjær. Pas grave, cela ne remet la chose qu’à plus tard. En 2001, il remporte en effet la compétition avec le géant bavarois, dans une période individuellement compliquée à cause de nombreuses blessures.

Mais, très apprécié par les supporters, il parvient à faire un retour en force en 2003, et se ré-impose pendant trois ans et demi dans le onze rouge et bleu. Il délivre notamment la fameuse passe décisive pour Roy Makaay pour le but le plus rapide de l’histoire de la Ligue des Champions.

Une fin en dents de scie

En bout de course au Bayern, Salihamidžić rejoint la Juventus à l’été 2007, en fin de contrat. Il passera quatre ans en Italie, où il alterne entre le très bon pour sa première saison et le moins bon lors des trois suivantes, la faute, encore une fois, à un physique fragile. Il ne remporte aucun trophée avec la vieille dame. Au bout de son contrat, il n’est pas prolongé et quitte Turin pour rejoindre à nouveau l’Allemagne. Il termine difficilement sa carrière par une saison au VfL Wolfsburg, où il ne joue qu’une poignée de matchs.

Néanmoins, le retour en Allemagne de Hasan Salihamidžić lui permet de se rapprocher de la Bavière qu’il aime tant. En effet, le sextuple champion d’Allemagne et quadruple vainqueur du titre de joueur bosnien de l’année se rapproche du club pour son après-carrière. Après avoir suivi des formations de management, il rejoint au mois d’août 2017 le Bayern en tant que directeur sportif. Fidèle et bien lié au club, celui qui était un joueur explosif se fait très vite remarquer pour sa capacité de gestion des crises, notamment auprès de Carlo Ancelotti. De joueur explosif à démineur, il n’y a qu’un pas.

A propos NSOL 607 Articles
"L'homme passe la moitié de son temps à se forger des chaînes, et l'autre moitié à se plaindre d'avoir à les porter." (Eugène Ionesco)