Le racisme dans le football

Les propos de Cantona il y a quelques mois portant sur la non sélection de l’attaquant français du Real Madrid Karim Benzema due à un racisme dans le football a fait grand bruit. Grand bruit à tel point que Didier Deschamps, le sélectionneur de l’Equipe de France a souvent eu à répondre a des questions sur son supposé racisme. Mais plus loin que cela, une question fondamentale est posée. Le football est-il empreint d’un racisme ? Je ne parle bien sûr pas uniquement des grands clubs, des sélections nationales ou même des clubs semi-professionnels, je parle en général du milieu du football.

Tout d’abord, qu’est-ce que le racisme ?

  • Le racisme ordinaire

Avant de s’attaquer à un sujet, il est primordial de le définir. Ainsi, il est bien évident que les tweets de Zénon Zadkine ne constituent pas un racisme à eux seuls. Il ne faut pas tomber dans la facilité, et associer tout « cliché » – même à tendance fortement colonialiste – à du racisme en tant que tel. Il s’agirait plutôt, à mon sens, de ce que l’on appelle fréquemment le racisme ordinaire. Le racisme ordinaire est un mode de pensée, socialement accepté, y compris par les communautés visées.

C’est-à-dire qu’il peut s’agir de « blagues » sur les « Kenyans qui courent vite parce que dans la savane il y a des lions » en présence de Kenyans. Il s’agit bien évidemment totalement de clichés sans base réelle qui donnent à sourire. Mais ils donnent à sourire uniquement parce que le public sait qu’il s’agit de cliché. Ainsi, le racisme ordinaire ne peut s’exprimer uniquement qu’avec des gens au courant du sujet, et ouvert à ce genre d’humour.

  • Le racisme discriminatoire

Le racisme en tant que tel est celui de la discrimination, de la brimade, du harcèlement, de la négation de l’individu en tant que tel. Et ce sur la seule base de la couleur de peau. Couleur de peau, en général, mais il peut aussi simplement s’agir de la nationalité. C’est-à-dire que faire de la discrimination envers un Polonais, en Angleterre, c’est une forme de racisme.  Mais cela peut même être encore plus ténu.

Le racisme peut s’exprimer entre différentes cultures – ethnies – d’un même pays. Je n’aime pas le terme « ethnie » car il fait beaucoup trop, justement, cliché. Il fait en effet par trop penser aux visions coloniales. L’exemple le plus malheureux du racisme entre ethnie est bien entendu celui du Rwanda. Je veux bien sûr parler du massacre – du génocide – entre Hutus et Tutsis au Rwanda en 1994. Ce génocide, conséquence de la guerre froide, est un génocide interethnique. Grossièrement, les deux populations ont la même nationalité, la même « couleur de peau », des cultures relativement proches. Pour grossir le trait, il s’agit un peu, pour ceux qui ne sont pas très au fait de cet évènement, de quelque chose qui pourrait ressembler à un massacre des gens du Nord de la France (langue d’Oïl) par celui des gens du Sud de la France (langue d’Oc) pour des questions présidentielles.

Retrouvez la suite de notre enquête samedi prochain…
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