Frank Zambo-Anguissa a marqué contre la Nouvelle-Zélande son premier but en pro. Celui qui s’épanouit avec le Cameroun a été interviewé par l’Equipe. Retrouvons ses propos.

Vous avez conclu une belle action collective face à l’Australie, votre premier but en pro. Cela faisait longtemps que vous l’attendiez !
Zambo-Anguissa : J’avais manqué plusieurs occasions cette année, contre Lyon, Toulouse, Monaco, Nice… Le coach Rudi Garcia a regardé le match, il a vu le but, m’a taquiné directement. C’est grâce à lui ! Il est tout le temps sur mon dos, me pousse à travailler sur l’utilisation du ballon, sur les exercices face au but, me fait répéter sans cesse mes gammes techniques. Cela fait du bien d’avoir quelqu’un qui croit en toi, quand beaucoup doutent de tes qualités !

Comment jugez-vous le parcours du Cameroun dans cette épreuve ?
Zambo-Anguissa : Il y a une certaine frustration après les deux premiers matches (défaite 2-0 face au Chili, nul face à l’Australie), je ne vais pas vous mentir. On fait beaucoup d’efforts, mais on n’est pas récompensés. Notre équipe est plutôt neuve, certains, comme moi, disputent leur première compétition internationale. On essaie de créer une base solide, de travailler tactiquement, de trouver la bonne formule, dans un 4-3-3 où j’évolue en milieu relayeur, comme à l’OM. Nous jouons avec notre cœur et notre passion. On se donnera encore à fond contre l’Allemagne, une des plus grandes nations du football. Ils ne seront pas là pour blaguer, on voudra finir sans regrets.

Comment s’est passée votre intégration dans la sélection camerounaise ?
Zambo-Anguissa : Bien, j’ai découvert un groupe jeune, solidaire, une petite famille. J’ai retrouvé beaucoup de mes coéquipiers des sélections jeunes (Christian Bassogog, Fabrice Ondoa, Nicolas Ngamaleu). Le capitaine, Benjamin Moukandjo, m’a directement mis dans le bain. Je le considère comme mon grand-frère. Nous partageons la même chambre, et nous nous rappelons parfois de notre passage à Reims, il y a deux-trois ans. J’étais en difficulté, il me donnait des conseils, sa femme et lui m’accueillaient le week-end à la maison. Il est heureux de la façon dont j’ai grandi.

En janvier, vous aviez décidé de ne pas disputer la CAN, finalement remportée par le Cameroun. Regrettez-vous ce choix ?
Zambo-Anguissa : Non, au contraire, je pense que c’est plutôt un choix gagnant. A mon âge, la moindre décision peut avoir beaucoup de répercussions. J’avais expliqué ma position au sélectionneur Hugo Broos : il y avait un nouveau projet à l’OM, un nouveau coach (Rudi Garcia), j’avais besoin de faire mes preuves. Garcia m’a redonné confiance en moi, m’a fait jouer à mon vrai poste, j’ai pris du galon en club. Le sélectionneur l’a compris, m’a inclus dans sa composition, et j’essaie désormais de franchir des étapes en sélection.

Avez-vous noté la visite au Cameroun de votre président, Jacques-Henri Eyraud, la semaine dernière ?
Zambo-Anguissa : Oui, il m’a même envoyé un petit message pour me dire qu’il était bien arrivé, et avait été bien accueilli ! Je lui ai répondu de bien profiter de mon pays.

Quel bilan tirez-vous de votre première saison pleine à l’OM ?
Zambo-Anguissa : Un bilan globalement positif. J’ai participé à 37 matches toutes compétitions confondues, dont 20 comme titulaires. Le coach m’a dit qu’il était satisfait avant mon départ en sélection, et qu’il espérait que je m’éclate sur une belle et grande compétition. Il m’a donné rendez-vous pour la reprise.

Justement, comment voyez-vous votre avenir ?
Zambo-Anguissa : Quand il te reste une année de contrat, il y a des opportunités qui s’offrent à toi. De bons clubs sont venus aux renseignements, mais je laisse mon agent gérer. Il faut faire de bons choix quand tu es jeune. Aujourd’hui, l’OM est le club où je suis bien, celui que j’ai envie de défendre.

Propos de Zambo-Anguissa via l’Equipe
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