Dans une interview accordée au journal Le Télégramme, Jocelyn Gourvennec s’est exprimé à propos notamment du FC Lorient, club qu’il garde dans son coeur.

Vous êtes Lorientais de cœur, comment vivez-vous le fait de peut-être condamner ce club à la L2 en cas de succès ?

Il y a de l’enjeu, je comprends ça, mais nous ne sommes pas responsables de la situation de Lorient. Le club joue toute sa saison sur ce dernier match, mais comme Nancy, Bastia, Caen ou comme Dijon. L’issue du match décidera de leur avenir, Ligue 1 ou Ligue 2, mais pour nous, c’est secondaire. L’issue du match impactera aussi notre classement et nous voulons finir cinquièmes. Si on a encore une chance de terminer à cette place, il faut gagner. Dans la compétition de haut-niveau, on n’a pas d’états d’âme. J’ai toute ma famille et plein d’amis qui vivent à Lorient, mais il ne faut pas tout mélanger. On va tout donner pour gagner. Je n’envisage pas de non résultat.

Sur un plan personnel, que représente le club du FC Lorient ?

 J’y ai joué quatorze ans, de 5 à 19 ans, c’est long. J’y ai tout connu, en tout cas les années difficiles. Quand j’étais jeune, Lorient jouait en DSR, vous vous rendez compte ?! Je suis parti en 1991 au Stade Rennais, le club a continué à progresser sous la direction de Christian (Gourcuff). C’est un club qui s’est construit année après année pour devenir un club régulier en L1, ce qui est un exploit pour une ville comme Lorient, qui a sans doute moins de ressources économiques que d’autres grosses métropoles.

Lorient, c’est aussi un style ?

Oui, un style imprimé par Christian Gourcuff depuis de très longues années. Lorient est une valeur sûre, pourtant, personne n’est à l’abri dans le football de connaître une année sans. Cela semble être le cas pour eux. C’est un club à part, avec une grosse identité locale et sur le plan football. C’est ce qui les distingue, cette continuité sur le plan technique, assez rare de nos jours. À travers les différents passages de Christian Gourcuff, qui a su chaque fois guider son club et son projet avec un jeu collectif très affirmé, quelque chose de défini et clair dans le jeu et l’état d’esprit. C’est ce qui a déteint sur l’ensemble du club. Et c’était déjà ça quand il a démarré dans les années 80.

Leur situation aujourd’hui, vous l’analysez de quelle manière ?

Un changement d’axe sur le plan technique. Quand Christian est parti, Sylvain (Ripoll) a assuré la transition sur le plan technique et l’a bien fait. Puis ils ont décidé de changer parce que ça marchait moins bien. Bernard (Casoni) a repris la suite. Personne n’est à l’abri d’une saison un peu moyenne.

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