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	<title>Juninho Archives &#8211; Demivolée.com</title>
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		<title>Juninho : « Si la presse avait fait son travail, Bolsonaro n’aurait jamais été élu »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[MatthiasT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2020 12:25:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Note : cet article est la traduction de l’interview que Juninho Pernambucano a accordée au Guardian. Retrouvez l’article complet (en anglais) en cliquant ici. Dans <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2020/07/08/juninho-presse-bolsonaro-bresil-neymar/" title="Juninho : « Si la presse avait fait son travail, Bolsonaro n’aurait jamais été élu »">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Note : cet article est la traduction de l’interview que Juninho Pernambucano a accordée au Guardian. Retrouvez l’article complet (en anglais) en cliquant</em><em><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.theguardian.com/football/2020/jul/07/juninho-pernambucano-there-are-thousands-of-george-floyds-in-brazil"> ici</a></span></em><em>.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans un entretien au Guardian publié hier, Juninho fustige la classe politique et la presse brésiliennes en réaction à la gestion par le président Jair Bolsonaro de la crise de la Covid-19, le Brésil étant le deuxième pays le plus touché au monde par la pandémie. Curieusement, une partie de la presse française, en dépit de l’idée du journalisme prônée par Juninho, a jugé bon de polémiquer sur un non-buzz, lorsque le directeur sportif de l’Olympique Lyonnais prit Neymar en exemple. Que dit réellement cette interview ? </strong></p>
<h2 style="text-align: justify;">« On fait tout de travers »</h2>
<p style="text-align: justify;">Son engagement politique n’est un secret pour personne. Partisan de Lula, Juninho s’oppose souvent et publiquement à Bolsonaro, là où d’autres footballeurs brésiliens, proches de l’église évangélique, soutenaient voire soutiennent encore ce dernier. En véritable militant, car ne pas profiter de sa notoriété pour faire bouger les choses irait à l’encontre de ses principes, la légende de l’OL tacle actuellement d’autant plus le gouvernement brésilien que celui-ci échoue à repousser l’épidémie de coronavirus. La situation qui sévit dans son pays l’attriste, et il fond plusieurs fois d’émotion durant l’entretien. Interrogé sur un autre contexte d’actualité, celui des inégalités, notamment raciales, Juninho commence :</p>
<p style="text-align: justify;">« Nous avons un mauvais système éducatif au Brésil. Les riches disent qu’il faut investir dans l’éducation, mais comment ? Comme Lula l’a souligné, nous devons combattre la faim. Si vous avez faim, vous n’avez pas confiance. Imaginez un père ou une mère qui n’a pas les moyens d’offrir trois repas par jour à son enfant. Cela nous amène à quelque chose d’encore plus important que l’éducation : la dignité. La dignité humaine est un droit dont chacun doit jouir. Pardon, tout cela m’émeut… »</p>
<p style="text-align: justify;">Dignité humaine qui a fortement tendance à manquer ces temps-ci au Brésil. « Je suis très triste, désespéré. On fait tout de travers, on fait le contraire de ce que tout le reste du monde fait. Je suis brésilien, je sais que nous sommes un pays pauvre et que les gens ont besoin de travailler, mais c’est une question de vie ou de mort. Si nous avions eu un confinement, on verrait actuellement le bout du tunnel, mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, l’état de notre pays est désespérant. »</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le « vrai journalisme : écrire et raconter la vérité à tout le monde. »</h2>
<p style="text-align: justify;">L’ancien milieu de terrain lyonnais, qui s’est mis à dos « 80 à 90% » de sa famille pour s’être opposé au candidat populiste d’extrême droite Jair Bolsonaro dès sa campagne, avait même pris la décision de quitter le Brésil <strong><em><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.demivolee.com/2018/10/10/juninho-menace-mort/">après avoir reçu des menaces de morts et subi la censure</a></span></em></strong>, bien que ce ne soit pas les seules raisons de son départ. Depuis Los Angeles ou récemment depuis Lyon, il ne démord pas de rester toujours actif dans la vie politique brésilienne. Toujours sans porter une grande estime de la presse et de la nouvelle classe politique :</p>
<p style="text-align: justify;">« Au début, vers le second tour de l’élection présidentielle de 2018, j’ai essayé de parler à des gens et de leur montrer des vidéos exhaustives à propos de tout ce qui se passait. Bolsonaro est un fils de Whatsapp et des <em>fake news</em>. La majorité des gens le supportait et c’était ma décision de leur tourner le dos. Je sais que certains nourrissent des regrets maintenant. Ils pensaient que Bolsonaro était la seule option. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Au Brésil, le système n’a pas d’empathie et nous apprend à ne pas en avoir. L’élite ne saisit pas à quel point les inégalités financières sont grandes au Brésil ni que cela engendre de la violence. On la regarde se déferler maintenant. Nous avons de très bons journalistes dans notre pays, mais aucun éditeur pour avoir le courage de les publier. Plus de 42 millions de personnes n’ont pas voté en 2018 <em>[soit un taux d’abstention haut mais pas exceptionnel de 21.3%, bien que le vote soit obligatoire au Brésil, ndlr]</em>. Si la presse avait fait son véritable travail, Bolsonaro n’aurait jamais été élu. Juste du vrai journalisme : écrire et raconter la vérité à tout le monde.</p>
<h2 style="text-align: justify;">« Twitter, Facebook et Whatsapp ont décidé de l’élection »</h2>
<p style="text-align: justify;">La crise politique qui remue le Brésil depuis 2014, avec en points d’orgue le procès de Lula, la destitution de Dilma Rousseff en 2016 et la victoire de Jair Bolsonaro en 2018, est un climat fertile aux <em>fake news</em>. « Quand vous évincez Dilma d’une manière aussi ignoble, vous brisez une jeune démocratie, assène Juninho. [La victoire de] Bolsonaro est l’œuvre du juge prétentieux qu’est Sérgio Moro dans l’affaire Lula, de la culture de la haine envers le parti ouvrier et des <em>fake news</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Signe d’espoir, les lignes commencent à bouger. La cour suprême brésilienne a en effet récemment lancé des enquêtes sur les infox qui ont inondé les réseaux sociaux en marge des élections, avec plusieurs perquisitions d’adresses liées à Bolsonaro à la clef. « Twitter, Facebook et Whatsapp ont décidé de l’élection, précise Juninho. Je suis las de dénoncer les <em>fake news</em> sur Twitter. J’envoie sans cesse des messages. Elles sont la cause de nos problèmes et il n’y a eu aucune action pour les stopper. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Regardez le nombre de chaînes d’extrême droite qu’il y a sur YouTube. Elles reçoivent énormément d’argent pour répandre des infox mais ils sont encore tolérés par YouTube. Je leur rapporte ces chaînes presque quotidiennement, mais je reçois rarement de réponses. »</p>
<h2 style="text-align: justify;">« Il y a des milliers de George Floyd au Brésil »</h2>
<p style="text-align: justify;">La discussion s’oriente alors vers les inégalités raciales, le meurtre de George Floyd et le mouvement Black Lives Matter. Dans un pays comme le Brésil où plus de la moitié de la population s’identifie comme noire, plusieurs affaires font écho à celle de George Floyd. Les meurtres par la police brésilienne de João Pedro, garçon de quatorze ans, et d’Ágatha Félix, une fillette de huit ans tuée d’une balle dans le dos, sont évoqués.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il s’agit clairement de racisme, dit Juninho, une confirmation d’une politique violente que nous avons dans le pays à l’heure actuelle. Comment est-ce possible qu’un enfant de huit ans se fasse tirer dessus par la police ? Comment est-ce possible de vivre après ça ? C’est incroyable. Regardez George Floyd. Il ne pouvait pas respirer. C’est un être humain. Je ne peux pas imaginer ce qui motive la police à faire ça. C’est du racisme, et c’est très, très triste. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Il y a des milliers de George Floyd au Brésil », dénonce Juninho en réaction au commentaire d’Eduardo Bolsonaro, fils du président et parlementaire, ayant récemment déclaré le contraire. « Il y a des tirs tous les jours. Les homosexuels aussi sont persécutés et c’est une des choses qui me rend le plus en colère envers les partisans de Bolsonaro. Toutefois, personne ne peut battre le temps qui passe. Un jour, tout le monde découvrira qui vous êtes vraiment. »</p>
<h2 style="text-align: justify;">« Au Brésil, on nous apprend à ne penser qu’à l’argent »</h2>
<p style="text-align: justify;">Le meilleur tireur de coup franc de l’histoire revient ensuite sur sa carrière de footballeur et celles de ses compatriotes. « Au Brésil, on nous apprend à ne penser qu’à l’argent, mais en Europe, ils ont une mentalité différente. Inconsciemment, je me suis imaginé un plan de carrière car je voulais aller dans un autre gros club brésilien, et pas seulement pour l’aspect sportif. On m’a appris à aller là où on me paierait le plus. C’est la mentalité brésilienne. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Prenez Neymar. Il est venu au PSG juste pour l’argent. Le PSG lui a tout donné, tout ce qu’il voulait, et maintenant il veut quitter le club avant la fin de son contrat. Alors que c’est maintenant l’heure de rendre ce que le club a fait pour lui, de montrer de la gratitude. C’est un échange, vous voyez. Neymar doit tout donner sur le terrain, montrer un dévouement total, de la responsabilité et du leadership. Le problème, c’est que le système au Brésil prône une culture de l’avidité et veut toujours plus d’argent. C’est ce qu’on nous a appris. »</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, est-ce la faute de Neymar ou une affaire de société brésilienne ? « C’est simplement ce qu’il a appris. Je dois différencier le footballeur de la personne. En tant que joueur, Neymar est dans les trois meilleurs au monde, au même niveau que Ronaldo et Messi. Il est rapide, solide, marque et fait marquer comme un vrai numéro 10. Mais en tant qu’homme, je pense qu’il est coupable, car il doit se remettre en question et mûrir. À l’heure actuelle, en revanche, il fait juste ce que la vie lui a appris ».</p>
<h2 style="text-align: justify;">Juninho reste optimiste</h2>
<p style="text-align: justify;">La colère de Juninho à propos de la situation actuelle de son pays de naissance est aussi grande que son amour pour le Brésil et son souhait d’amélioration pour celui-ci. En lui demandant s’il avait espoir dans le futur, il répond :</p>
<p style="text-align: justify;">« Ah oui, bien sûr que je dois y croire. J’ai grandi à Recife, vécu à Rio, Lyon, au Qatar et aux États-Unis. L’endroit que j’aime le plus reste le Brésil. Je sais que c’est difficile en ce moment mais je suis un père, un grand-père et je ne demande qu’un monde meilleur. Il y a des mauvaises personnes, comme la famille Bolsonaro, mais il y en a aussi de bonnes. Nous avons des docteurs, des enseignants et des artistes formidables. Mais on doit changer le plus vite possible. Nous avons les ressources pour surmonter tout cela. »</p>
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		<title>Billet : Juninho coupable de l&#8217;échec Sylvinho ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lexie Najas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 05:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actus Clubs]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Demivolée.com]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sylvinho, c’est terminé. À peine quelques mois après son intronisation en grandes pompes, le coach brésilien s’est vu éjecté de son poste suite à la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.demivolee.com/2019/10/10/billet-juninho-coupable-de-lechec-sylvinho/" title="Billet : Juninho coupable de l&#8217;échec Sylvinho ?">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Sylvinho, c’est terminé. À peine quelques mois après son intronisation en grandes pompes, le coach brésilien s’est vu éjecté de son poste suite à la défaite de l’OL 0-1 contre l’AS Saint-Étienne. Si cet échec peut sembler cinglant pour Juninho, l’OL possède encore largement le temps de redresser la barre et d’atteindre ses objectifs cette saison. Néanmoins, au-delà des enjeux sportifs immédiats, l’idole de Gerland est au centre de nombreux débats. La raison étant évidemment son premier choix fort en tant que directeur sportif : la nomination de Sylvinho. Pour autant, était-il possible pour Juninho de prévoir ce revers ? Aurait-il pu mettre Sylvinho dans de meilleures dispositions et permettre sa réussite ? A-t-il manqué de discernement dans ses choix ? In fine… Juninho est-il coupable ?</strong></p>
<h2 style="text-align: justify">Une prise de risque importante</h2>
<p style="text-align: justify">On peut retourner le problème dans tous les sens, rien ne changera le fait que Juninho est responsable de l’échec de Sylvinho. Le simple fait que le choix de l’entraîneur brésilien soit le sien suffit à tenir Juninho comme garant des conséquences. Cependant, il ne va pas de soi que Juninho soit véritablement coupable. Si l’on veut dresser un parallèle légal, pour un même résultat (par exemple un homicide), on peut être jugé tout à fait différemment selon l’intention, les risques pris et toute autre circonstance aggravante ou atténuante. Dans le cas de Sylvinho, certains éléments peuvent faire penser que Juninho n’a pas excellé dans sa gestion de risque.</p>
<p style="text-align: justify">En effet, avec ce choix d&rsquo;entraîneur, Juninho engage un néophyte au poste de numéro un. De plus, Sylvinho ne connait que très peu la Ligue 1 et est d’ailleurs présenté comme un spécialiste du football brésilien, et italien dans une moindre mesure. Pour finir, Sylvinho a assisté des entraîneurs moins cotés que d’autres candidats cités. À ce titre, on pense par exemple à Mikel Arteta, considéré comme successeur de Pep Guardiola. En y regardant de plus près, Juninho a donc fait confiance à un homme présentant un niveau assez faible de garanties.</p>
<p style="text-align: justify">D’autres profils confirmés ont été évoqués, tels que Blanc, Gallardo ou Sampaoli mais il est difficile de déterminer si Juninho les a rejetés ou si leur arrivée n’a pu se concrétiser. Sur demivolée.com, <a href="https://www.demivolee.com/2019/05/09/dossier-et-si-patrick-vieira-etait-une-bonne-idee-pour-lyon/">le cas Vieira était également envisagé</a> de manière plutôt optimiste. Quoiqu’il en soit, si le discours de Sylvinho a convaincu nombres de supporters et d’observateurs à son arrivée, son CV n’était pas le plus garni de tous les candidats mentionnés dans la presse et, en ce sens, Juninho peut être critiqué pour avoir choisi une solution risquée.</p>
<h2 style="text-align: justify">La fibre brésilienne</h2>
<p style="text-align: justify">Si choisir Sylvinho était une option moins sécurisante que d’autres pour Juninho, de nombreux arguments soutiennent l’idée qu’il fallait au moins « tenter le coup ».</p>
<p style="text-align: justify">D’abord, le fait que Sylvinho soit brésilien est un aspect non-négligeable de cette décision. Cela a permis à Juninho d’avoir un compatriote et un entraîneur en qui il avait parfaitement confiance. De la même manière, Jean-Michel Aulas a toujours favorisé les entraîneurs francophones avec qui il pouvait communiquer sans encombre. Si Juninho a débarqué pour trancher un tant soit peu avec la méthode Aulas, l’importance d’une communication et d’un engagement sans faille entre directeur sportif et entraîneur est capitale pour une telle organisation. D’ailleurs, le club a largement vendu la paire Juninho et Sylvinho dans sa communication, signe que le duo fort devait s’inscrire dans la durée au club.</p>
<p style="text-align: justify">D’autre part, le discours de Sylvinho a répondu à tous les critères recherchés par Juninho. Au-delà du jeu de possession et du 4-3-3 que l’ancien du Barça a mis en avant, le travail, la rigueur et la recherche de l’excellence étaient exactement ce que Juninho désirait. En effet, son diagnostic sur l’OL lors de son arrivée n’a pas été de critiquer la qualité du jeu lyonnais mais bien la mentalité de l’effectif et du club de manière plus générale. Genesio a été maintes fois conspué pour le manque d’esthétique dans son jeu mais lorsqu’il quitte le club, l’OL est 3<sup>e</sup> et remplit ainsi ses objectifs pour la saison, en ayant remporté de nombreuses victoires prestigieuses durant son passage.</p>
<h2 style="text-align: justify">Des intentions louables et un choix renseigné</h2>
<p style="text-align: justify">Afin de soutenir Juninho dans son diagnostic, de nombreux indicateurs statistiques montrent que l’OL de Genesio a tenu son rang de club européen à travers les années. Sur une étude réalisée depuis 2014/2015 dans les 5 grands championnats européens*, l’OL a toujours fini – pendant que Genesio était numéro un – dans le premier quart en termes de passes réalisées dans les 20 mètres adverses. Cet indicateur est critique pour évaluer l’efficacité du jeu offensif d’une équipe.</p>
<p style="text-align: justify">Une autre statistique rehausse en outre les prestations de l&rsquo;OL. La Ligue 1 est le championnat du top 5 européen où le nombre de passes réalisées dans les 20 mètre est le plus faible**, très loin derrière les autres, y compris en valeurs absolues derrière la Bundesliga (qui ne compte pourtant que 34 journées). Ainsi, le problème identifié par Juninho dans l’OL de Genesio est celui de la mentalité. Plus précisément, le club manque de régularité dans les résultats et trahit trop souvent un manque d’exigence et de détermination à réussir à un niveau plus élevé. En ce sens, Genesio est parti car son management était celui du confort et ses excuses sur la jeunesse, l’expérience et l’humilité ne tenaient plus debout devant l’hypocrisie de blâmer comme causes les conséquences d’une méthode sans exigence.</p>
<p style="text-align: justify">Sur le papier, Sylvinho semble avoir les clés en termes de management et des principes de jeu qui font espérer à Juninho et à tant d’autres que cette saison sera celle du décollage pour la fusée OL. In fine, Juninho ne pouvait être définitivement certain de la compétence de son entraîneur qu’en le nommant et il y avait de nombreuses raisons de croire que cela fonctionnerait.</p>
<h2 style="text-align: justify">Trop de douceur dans ce monde de brutes</h2>
<p style="text-align: justify">Le choix de Sylvinho entériné, un autre problème se pose pour Juninho : que faire du staff ? Faut-il y aller en douceur ou passer le Karcher ? Juninho décide d’un compromis en ajoutant simplement l’analyste vidéo Lazaro au staff technique en place. De nombreuses études de management, y compris dans le contexte sportif soutiennent cette décision dans le sens où les changements brusques et significatifs en termes d’effectif sont vecteurs de risque. Un exemple parlant fut le turnover colossal dans l’effectif monégasque durant l’été post-titre. Le club continue de payer cette erreur et on peut imaginer que, de la même manière, repartir de zéro en matière de staff technique pourrait conduire changer trop radicalement de méthodes d’entrainement et à perdre les joueurs. De plus, humainement, une telle décision était difficile à prendre pour Juninho car des personnalités comme Coupet ou Caçapa ont aussi été des joueurs clés des années dorées du club.</p>
<p style="text-align: justify">Pourtant, cette décision a aussi montré ses désavantages. Dès le début de saison, Juninho se plaignait du manque d’intégration de Sylvinho de la part du staff en place. La barrière de la langue n’étant pas l’unique problème, le staff montre également peu d’enthousiasme et une grande passivité, comme le relate l’Equipe ces derniers jours. Sylvinho qui devait amener des changements se retrouve finalement esseulé et son message ainsi que sa méthode sont ainsi minimisés. Sur ce point, il est plus difficile d’en vouloir à Juninho qui a misé sur ses anciens partenaires et sur un staff écouté par les joueurs pour dynamiser et soutenir la méthode Sylvinho. Il était difficile de prévoir que ce staff se montrerait aussi peu coopératif et, en ce sens, il est légitime de se poser des questions pour la prochaine nomination.</p>
<h2 style="text-align: justify">L&rsquo;OVNI Maurice</h2>
<p style="text-align: justify">De la même manière, le nouveau directeur sportif Juninho et Florian Maurice, jusque-là en charge du recrutement, se sont partagés le mercato. Ce dernier a montré à travers la presse qu’il n’était pas satisfait de la nouvelle organisation et cela a donné lieu à des tensions et à une forme de compétition. Par exemple, le choix de Thiago Mendes plutôt que de Bennacer a montré que le duo travaillait en réalité dans une relation de rivalité plutôt que de véritable synergie, chacun tentant d’imposer sa piste et de l’amener à une conclusion.</p>
<p style="text-align: justify">En conséquence, Juninho a été responsable d’un mercato pas totalement cohérent, où l’OL finit par investir 30M€ sur Jeff-Reine Adelaide tandis que le manque d’expérience dans l’équipe ainsi que le manque de qualité au poste 6 est une observation réalisée par Juninho lui-même. L’exemple le plus parlant reste celui de Lucas Tousart, jugé comme insuffisant lors de la première conférence de presse de Juninho et finalement devenu un des joueurs les plus utilisés par Sylvinho. Sur ce point, le reproche à faire à Juninho serait le même que pour le point précédent, à savoir se montrer trop conciliant envers les personnes déjà en place sans imaginer que sa volonté explicite de changement se heurterait obligatoirement à ceux que le statu quo favorise.</p>
<h2 style="text-align: justify">Un regard lucide et une main ferme</h2>
<p style="text-align: justify">Si Juninho s’est montré doux et a cherché le compromis dans ses relations avec le staff sportif, sa gestion de Sylvinho a été dans l’ensemble bonne. Ses interviews très franches ont régulièrement montré que Juninho était lucide sur le niveau de l’équipe, sa lente (voire non-existante) progression et sur les choix pas toujours judicieux de entraîneur. Jean-Michel Aulas lui a publiquement reproché de ne pas avoir assez pesé dans les décisions du coach mais ce n’est pas nécessairement un mauvais point pour Juninho que d’avoir voulu laisser à l’entraîneur la responsabilité de faire son travail. D’autre part, les déclarations de Sylvinho parlant de mettre de côté ses convictions sont le signe que Juninho a eu son mot à dire à un certain moment et a tenté de remettre l’OL sur les rails en suivant ses propres principes.</p>
<p style="text-align: justify">Lorsque Sylvinho s’est révélé sans solution pour améliorer la faiblesse sans appel de l’équipe (dernière équipe de L1 en passes réussies dans les 20 mètres et 16<sup>e</sup> en passes concédées), Juninho a coupé court au calvaire et a choisi un timing indiscutable pour intervenir : après le derby et avant la trêve internationale. Il s’est donné les moyens de réagir vite tout en prenant le temps de choisir le bon entraîneur. Sa gestion de la crise lyonnaise est donc pour l’instant satisfaisante, signe que si le choix Sylvinho fut un échec, Juninho a plus d’une corde à son arc et réagit correctement malgré sa faible expérience.</p>
<h2 style="text-align: justify">Le verdict</h2>
<p style="text-align: justify">Finalement, la critique majeure que l’on peut adresser à Juninho c’est d’avoir choisi un néophyte brésilien qui constituait donc un risque accru par rapport à d’autres profils plus classiques qu’aurait pu choisir Aulas. Pour autant, l’arrivée de Juninho avait pour but de dynamiser un OL ronronnant et la prise de risque est donc devenue une composante inamovible du projet lyonnais. On peut malgré tout regretter que le directeur sportif lyonnais n’ait pas réussi à empêcher un scénario aussi désastreux. La gestion du staff et du mercato ont peut-être précipité le départ de Sylvinho mais au bout du compte, la faiblesse tactique affichée par l’OL était telle qu’il semble hautement improbable que le Brésilien puisse réussir à ce niveau et avec ce degré de compétence.</p>
<p style="text-align: justify">La réponse rapide et agile de Juninho montre même que le directeur sportif lyonnais n’a pas perdu les pédales pendant cette crise et est prêt à assumer les risques pris cet été. L’OL pourrait même bien se relever sans trop de complications en misant sur un profil cette fois plus sécurisant, signe qu&rsquo;il y avait la place pour prendre ces risques. Verdict final : responsable oui, coupable non.</p>
<p style="text-align: justify"><em>*, ** : source <a href="http://understat.com">understat.com</a></em></p>
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